David Foenkinos a la nostalgie joyeuse

© Hélie/Gallimard

On aime quand David Foenkinos se plonge dans ses souvenirs et nous y entraîne. Surtout que ce jeune écrivain français en vogue ("Le potentiel érotique de ma femme", "La délicatesse") a la nostalgie joyeuse et sait comme personne embellir le quotidien.

Votre dernier roman, comme de précédents, fait référence aux souvenirs. C’est un thème qui vous passionne?

"Oui, c’est vrai que c’est un thème récurrent chez moi. Je suis assez nostalgique, mais ce n’est pas déprimant. J’ai la nostalgie joyeuse. Je pense souvent au présent en termes de matière pour créer des souvenirs. Alors forcément, je profite de beaucoup de choses. Je fais rarement l’économie du plaisir."

Comme dans "Qui se souvient de David Foenkinos" où vous mettiez en scène un écrivain raté cherchant une idée pour écrire un nouveau roman, il est de nouveau question d’un romancier en panne d’inspiration. Et vous, votre imagination, elle fonctionne comment? Où trouvez-vous vos idées?

"Je trouve mes idées en vivant beaucoup, en expérimentant! Mais il y aussi une grand part d’irrationalité. Je ne sais pas comment est venue par exemple l’idée de ‘La délicatesse’. Je ne suis pas veuve, je ne suis pas suédois, ce n’est pas vie. Il y a quelque chose de si étrange dans l’imagination, comme dans les rêves.’

Il y a une part d’autobiographie dans ce livre?

"Oui, c’est sûrement le livre le plus personnel. C’est un livre qui parle, entre autres, des maisons de retraite, et j’y ai passé beaucoup de temps, près de mes grands parents. J’ai trouvé cela si violent. Il me semble que c’est un des rares moments dans la vie où l’on ne peut pas vraiment aider les gens qu’on aime."

Vous mettez beaucoup de vous dans vos personnages? Comment naissent-ils?

"Il y a toujours une part de moi dans les personnages. Surtout dans leur façon d’agir, de penser. Les femmes ont toujours des choses que j’aime dans leur physique. Ils naissent beaucoup de mon imagination. Je ne suis pas un vampire de la création. On peut passer une soirée avec moi sans se retrouver dans un roman!"

Le narrateur veut devenir romancier mais n’arrive pas à se lancer. Quelle est le secret? Comment vous, vous êtes-vous mis à écrire?

"Mais c’est dur de devenir. Le livre aborde aussi cette période de la jeunesse où l’on ne sait pas ce qu’on va devenir. Comment devenir soi? Comment mettre en forme toutes les idées qu’on peut avoir? J’ai écrit après une opération du cœur à l’âge de 16 ans. Cela est devenu mon obsession. Après, je ne peux pas dire qu’il existe un secret. Et d’ailleurs ça serait atroce de connaître les secrets!"

Quel est votre premier souvenir?

"Mon premier souvenir marquant est la mort de John Lennon. C’est peut-être pour ça que j’ai écrit un livre sur lui l’année dernière."

Et vos meilleurs souvenirs?

"Les colonies de vacances. J’adore l’autonomie!"

Votre frère et vous allez adapter votre roman "La délicatesse" au cinéma. On peut en savoir un peu plus?

"Le film est fini! Nous sommes en plein mixage, et il sort en France le 21 décembre. L’héroïne est Audrey Tautou, et pour le Suédois… nous avons pris un Belge! François Damiens. C’est vraiment un beau duo, étonnant, émouvant. J’espère que vous aimerez!"

Christelle 

En quelques lignes

Désemparé à la mort de son grand-père à qui il n’a pas su exprimer sa tendresse, le narrateur, apprenti écrivain en manque d’inspiration, cultive ses souvenirs et sa mélancolie. Aussi quand sa grand-mère, frappée par le deuil, est placée par ses fils en maison de retraite, il décide de tout faire pour lui embellir le quotidien. Il lui rend visite régulièrement et trouve même à la faire rire. Jusqu’au jour où la vieille dame fugue. Le narrateur va alors partir à sa recherche et faire de son mieux pour égayer ses derniers instants. Et par là, qui sait, peut-être même améliorer son propre futur… Vieillesse, solitude et déceptions sentimentales: pas question ici d’une comédie frivole comme "La délicatesse". Mais si le sujet est grave, il n’en est pas moin traité avec légèreté et poésie. Alors à quand un prix pour Foenkinos?

"Les souvenirs" de David Foenkinos, éditions Gallimard, 272 pages, 18,50 €

Cote: 4/5  

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