Clair de Plume

Blog littéraire

Archive pour septembre 2011

Le deuxième roman d’Harlan Coben paru en français

Publié par clairdeplume le 29 septembre 2011

Sorti il y a vingt ans aux States, le deuxième roman d’un jeune Harlan Coben prometteur vient de paraître en français. Il y est déjà question de star de basket, même si son héros fétiche, Myron Bolitar, ne fera lui son apparition que plus tard dans ses livres. Pour le reste, tous les ingrédients provoquant stress et insomnies sont déjà présents également. Au cœur de l’intrigue, une mystérieuse clinique new-yorkaise qui aurait mis au point un traitement miracle contre le sida et un violent tueur de gays. Sara Lowell, une jeune journaliste très en vue, mène l’enquête. Mais elle a intérêt à faire vite car son mari, une star de la NBA, vient d’être diagnostiqué séropositif à la suite d’une transfusion sanguine et doit être interné à son tour dans cette clinique. Déjà diabolique à ses débuts, celui que l’on surnomme aujourd’hui le «Maître de nos nuits blanches» semble en plus avoir un don de prémonition puisque quelques semaines à peine après la parution de son thriller, en 1991, Magic Jonhson annoncait publiquement sa séropositivité.

Christelle

«Remède mortel», d’Harlan Coben, 434 pages, 20 €

cote: 4/5

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Déballage famillial

Publié par clairdeplume le 26 septembre 2011

© Delphine Jouandeau

Charles Consigny et son père Thierry se confessent dans un livre. Un récit à deux voix où ils dévoilent, sans pudeur aucune, leurs failles et leurs faiblesses. L’alcool, la drogue pour l’un. Ses infidélités pour l’autre. Rencontre avec le père.

Il est inscrit «roman» sur la couverture de votre livre. Pourtant, la lecture laisse à penser qu’il s’agit plutôt d’une autobiographie.

«On a appelé cela roman, en accord avec l’éditeur, parce qu’un récit est une promesse d’exactitude sur les faits. Alors que dans ce livre, nous sommes partis de faits réels, mais nous avons beaucoup retravaillé le texte par la suite, en ne s’obligeant pas à respecter l’exactitude. On n’a pas non plus essayé d’inventer des choses, mais à force de retravailler les situations, les personnes, ce n’est finalement plus un récit, mais une vision romanesque de la réalité.»

Comment en est née l’idée?

«Charles, qui avait alors un peu moins de 20 ans, s’était lancé dans l’écriture d’un livre. Il voulait écrire sur le vide. Le vide de son cœur, de sa génération, de son temps… Moi, j’écrivais -non pas pour en faire un livre mais juste pour le goût d’écrire- sur mes enfants. Par mails, il m’envoyait son texte au fur et à mesure. Je lui envoyais le mien. A un moment donné, on s’est rendu compte que l’on parlait des mêmes événements. Et que peut-être chacun de nos textes étaient d’une valeur banale, mais que l’écho entre les deux, le fait de voir les mêmes réalités vécues par un père et un fils, pouvait faire quelque chose d’intéressant pour le lecteur. C’est ainsi que l’idée du livre est née, à peu près après un tiers de l’écriture. Les deux autres tiers, on a continué à les écrire chacun dans son coin, mais en sachant que nos textes seraient entremêlés dans un livre commun. Ensuite, on a fait le travail d’entremêlement ensemble, tous les deux.»

Qu’avez-vous pensé en découvrant le texte de votre fils?

«Ce n’était pas les premières écritures de mon fils que je lisais. Je n’ai pas découvert son style ni un certain talent d’écriture d’un coup. Il avait avant un magazine, un blog. Disons que j’ai eu une double lecture. D’abord comme si j’étais un lecteur ou un éditeur. Ce qui m’intéressait, c’était de savoir si c’était bon, au sens fort, vivant, intéressant. Y compris quand il racontait des choses très dures, la drogue, l’homosexualité, etc. Et puis ensuite seulement -et cela a un côté un petit peu monstrueux, je le reconnais!-, j’ai réalisé que j’étais quand même son père et qu’il était en train de me raconter des souffrances terribles. Mais les deux choses se rejoignent, car j’avais la certitude que s’il arrivait à faire un bon texte à partir de ses souffrances, ce n’était pas fichu. C’est d’ailleurs tout le sens du bouquin: arriver à faire à partir des difficultés de la vie quelque chose de positif.»

Pourquoi ce titre?

«Le soleil et l’herbe désignent la nature, parce que lui comme moi sommes très émerveillés par elle et amoureux de la vie, au sens de la création. Mais sur cette planète, nous sommes, comme tous les autres, deux petites fourmis qui doivent quand même gagner leur vie. Dans les deux sens du mot. Au-delà de gagner de l’argent, il faut faire de sa vie quelque chose de valable, de digne de cette nature, qui soit aussi beau que les arbres, la mer… Et cela, ce n’est pas gagné!»

Qu’en a pensé votre entourage?

«Leurs réactions sont très variables! L’un des petits frères de Charles, qui a 15 ans, a pris le livre sans en parler, l’a lu pendant une nuit entière. Il a beaucoup aimé parce qu’il a découvert que son grand-frère et son père, qui sont pour lui des personnages très forts comme pour tout petit garçon, partageaient les mêmes faiblesses, inquiétudes, que lui en tant qu’ado. Cela l’a rassuré sur lui-même. La seule chose qu’il n’a pas ce n’est pas du tout un type faible, c’est quelqu’un de très fort! Quant aux autres, les différentes mamans qui sont racontées dans ce livre, l’ont trouvé un peu trop impudique!»

Votre fils raconte son homosexualité, sa drogue. Vous vos infidélités. Vous n’avez pas peur d’être jugés.

«A vrai dire, je n’y ai pas pensé. J’avoue que j’ai commis des infidélités, beaucoup trop. Mon entourage va le savoir. C’est possible qu’on me prenne pour un salaud. Je m’en fiche. La seule chose qui compte, c’est de réussir à faire un livre valable. S’il est valable, je pense qu’il ne peut pas faire réellement du mal. Même les mamans qui le trouvent impudique, je pense qu’elles sont conscientes qu’intiment, cela fait beaucoup de bien que tout cela soit dit. Sinon, elles ne l’auraient pas laissé publier. Au-delà de l’intime, j’espère que cela fera du bien à des gens qui ne nous connaissent pas du tout, qui vont pouvoir retrouver des choses à eux.»

Vous avez d’autres projets d’écriture.

«Je sais que Charles est lancé dans une autre écriture. Moi aussi. Mais vraisemblablement pas ensemble.»

Christelle

EN QUELQUES LIGNES

Se répondant en échos, un père et son fils dévoilent leur histoire. Charles a 20 ans, est homosexuel, et noie son mal de vivre dans l’alcool et la drogue. Son père, Thierry, ne s’en rend pas vraiment compte. Jusqu’au jour où son fils l’appelle de l’hôpital. Et décide de raconter le vide de sa vie dans un livre. De son côté, Thierry parle de ses sept enfants. De sa fille, la sœur de Charles, Lara, dont il a raconté la mort précédemment dans un livre. Et de ses nombreuses infidélités à lui. Un grand déballage familial, entre souffrances et optimisme, et dans lequel d’autres, peut-être,  se retrouveront.

«Le soleil, l’herbe, et une vie à gagner», de Charles et Thierry Consigny, éditions JC Lattès, 268 pages, 17 €

Cote: 3/5  

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Tout pour occuper les bouts de choux !

Publié par clairdeplume le 21 septembre 2011

Pas toujours facile de trouver une occupation avec nos bouts de choux tout au long de l’année. Cette compilation d’activités enfants admis vient donc à la rescousse avec ses bonnes idées. Magasins de vêtements neufs ou vintage, massages pour bébé, cours de danse, librairies jeunesse, paradis du jouet, coiffeur, spectacles de marionnettes, lieux de rencontres, musées et endroits de restauration où les poussettes sont autorisées… Ce livre répertorie une série de coups de cœur des auteurs pour les 0 à 3 ans, malheureusement classés par ordre alphabétique plutôt que par catégorie, ce qui complique quelque peu la lecture des parents à la recherche de quelque chose de bien particulier.

Christelle

“Bruxelles des Bout’choux – de 0 à 3 ans”, de Julie Grégoire et Elisabeth Clauss, éditions La Renaissance du livre, 160 pages, 20 €

Cote: 2/5

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Jeu de miroir

Publié par clairdeplume le 20 septembre 2011

Photo Catherine Cabrol

Eric-Emmanuel Schmitt s’est glissé dans la peau de trois femmes. Trois héroïnes, dans trois époques différentes, et qui se reflètent dans un surprenant jeu de miroir.

Vous renouez avec le roman après un recueil de nouvelles et un livre sur Beethoven.

«Oui, c’est un vrai retour au roman ou plutôt c’est le roman qui est de retour dans ma vie! C’est une histoire que j’avais en tête depuis 15 ans. Mais j’attendais d’être assez mûr pour écrire ce livre. Il faut une certaine maîtrise romanesque  pour mener ces trois histoires, ces trois siècles… Je voulais avoir cette sorte de maturité que m’a permis mon trajet à travers les autres écritures. Et là, le sujet était mûr. Plein de choses que j’avais vécues ou perçues entre-temps étaient venues nourrir ces personnages. L’écriture a été assez aisée et en même temps très longue de maturation.»

Pourtant, c’est aussi trois histoires qui s’alternent pour se rejoindre à la fin.

«Oui. On peut comprendre à différents moments ce qu’il y a de commun avec ces histoires. C’est la condition féminine, le fait que chacune de ces femmes se sent différente des femmes de son siècle. Chacune de ces femmes se pose la question de son destin. Vont-elles vivre leur vie ou la vie que  leur imposent les autres? Cela suffirait déjà à créer une structure commune. Mais dans le détail, on se rend compte aussi que chaque chapitre répond à l’autre, qu’il y a des thèmes qui reviennent, le miroir, le miroir brisé…. Et puis, il y a des personnages qui arrivent et qui sont des symétries. Toutes elles rencontrent des femmes qu’elles admirent et qui leur semblent avoir réussi. Elles rencontrent aussi de façon symétrique des hommes qui au départ se donnent comme des aides et vont devenir des encombrements! Donc, l’unité apparaît au fur et à mesure que l’on avance et à la fin -mais on ne va pas dévoiler le dénouement!- ces trois femmes se retrouvent complètement jointes ensemble. Et puis il y a peut-être aussi cette idée que les luttes des premières servent la dernière. Et cela, c’est une métaphore sur la condition féminine.»

Deux histoires sont racontées à la 3e personne, l’une à la première. Pourquoi?

«Il fallait que la langue change pour chacune des héroïnes. Je n’utilise pas le même vocabulaire pour Anne de Bruges, Hanna et Anny. Anny est plongée dans la contemporanéité, Anne dans le passé. Et pour Hanna, c’est celle au fond qui va le plus changer. Elle ne sait pas qu’elle est intelligente. Elle se prend pour une petite sotte, alors qu’au fond, c’est une intellectuelle. Mais si je le dis moi, ce n’est pas crédible. Alors que si elle nous montre comment elle s’approfondit, comment elle change, on va la croire. Donc j’avais besoin qu’elle, on la suive.»

Vous vous glissez à nouveau dans la peau de femmes. De trois femmes, même. C’est agréable?

«Oh, très! Parce que cela me rend plus intelligent! Cela me donne le sens de la complexité. Si j’avais écrit l’histoire de trois hommes, j’aurais exploré moins de couches de réalité, de subjectivité. La femme m’oblige à parcourir le labyrinthe de la condition humaine parce que la condition de la femme est non seulement différente, mais plus riche. La nature à été plus généreuse avec elle vu qu’elle lui a donné la perspective de la maternité. Chez nous, la paternité, c’est abstrait. On ne porte pas dans notre corps. Et on n’est jamais sûr! Mais la société par contre est plus avare avec la femme. Elle pose beaucoup plus d’obstacles, plus d’obligations. Elle l’a fait vivre par rapport à l’homme: épouse, mère, putain. Et donc cela m’intéresse parce que c’est un plus grand révélateur de la condition humaine, et cela m’oblige, en tant qu’homme, à plus de plus subtilité! C’est un continent qui s’ouvre à moi. C’est un renouvellement de ma façon de voir le monde.»

Pourquoi ce titre?

«Parce que le point commun entre les trois héroïnes est que quand elles se regardent dans le miroir, elles ne se reconnaissent pas. Parce que le miroir, c’est l’image d’elle–même que leur tend leur siècle. C’est le destin qu’on leur propose. Ce sont des femmes qui vont avoir le courage de dire non, de vivre leur vie plutôt que la vie selon des autres. On les prend toutes au miroir. Anne qui, le jour de son mariage, se voit pour la première fois dans un miroir de profil, de dos, car les miroirs sont très rares à l’époque. Elle ne se reconnaît pas, cela la trouble et elle s’enfuit. Le miroir d’Hanna, ce sont les photos d’elle et de son fiancé pendant leur voyage de noce qu’elle envoie à son amie en lui disant qu’elle ne se reconnaît pas sur ces photos. Elle est aussi en train de refuser son statut. Et Anny, on la prend d’emblée dans une boîte de nuit en train de danser, elle voit une femme, se demande qui est cette pouffiasse, puis se rend compte que c’est un miroir et que c’est elle. Elle a été transformée en pouffiasse par Hollywood où elle a réussi très jeune. Les hommes l’ont désirée avant qu’elle ne les désire. Elle s’est retrouvée à faire cette carrière sans l’avoir rêvée. Et pour supporter cela, elle boit, elle se drogue, elle couche à tire larigot. En plus, j’ai toujours été fasciné par le fait que quand une femme se regarde dans le miroir, ce n’est jamais elle qu’elle voit. La plupart des femmes regardent un détail, sur lequel elles font une fixation! Pour moi, c’est une situation fondamentale de la femme parce que la société lui demande plein de chose: la maternité, la séduction, la douceur, etc. Ce titre résumait cette espèce d’enfermement qui est la base de la condition féminine. Et la volonté de briser le miroir qui est chez toutes ces femmes. Et puis c’était pour moi une manière de jouer en mettant les siècles au miroir. Faire se refléter le 16e siècle dans le début du 20e et puis le 21e siècle aujourd’hui. Et montrer que chaque siècle propose une solution, un alphabet pour que les hommes se comprennent. La religion au 16e siècle, la psychanalyse en 1900, aujourd’hui la chimie… A chaque fois, c’est valable un temps, mais pas longtemps parce que cela devient une autre forme d’enfermement. Et çà, on ne peut le comprendre qu’en mettant les siècles au miroir, en les faisant se refléter dans les autres.»

L’histoire se passe cette fois aussi en partie Belgique.

«Oui, cela se passe à Bruges. Je suis fasciné par Bruges. C’est un paradoxe vivant: c’est une ville à la fois commerçante et spirituelle. A l’époque où cela se passe, Bruges commençait à peine à s’ensabler. Bruges était encore au bord de la mer. C’était un lieu de commerce incroyable. En plus, Bruges m’offrait la possibilité de parler de la première organisation féministe de l’histoire que sont les Béguines. Ces femmes qui décident de vivre sans les hommes, sans être mariées et même sans faire d’enfant et d’exercer, au sein du béguinage, des activités d’hommes. Je trouvais intéressant de mettre Anne là. Il y avait quelque chose d’innovant chez ces Béguines qui correspondait au caractère bien trempé de mon héroïne qui est certes frêle et fragile, mais au fond, elle plie mais ne casse jamais.»

L’expression ‘couteau suisse’ pour décrire un homme, elle est de vous ?

«Oui. (rires) »

Une adaptation au  cinéma est possible.

«J’aimerais beaucoup. Je pense qu’il faudrait d’ailleurs que ce soit la même actrice qui joue les trois rôles. On verrait ainsi que c’est vraiment le miroir des femmes, le miroir de la condition féminine.»

Vous pensez à une actrice en particulier?

«Si j’étais un réalisateur américain, je prendrais Nathalie Portman. Elle est à la fois forte et fragile comme mes héroïnes.»

Vous pourriez le réaliser vous-même?

«Oui, mais je n’exclus pas que d’autre le fasse, parce que j’ai encore beaucoup de livres à écrire.»

 

EN QUELQUES LIGNES

Eric-Emmanuel Schmitt nous conte l’histoire de trois femmes. Il y a Anne, qui vit à Bruges au temps de la Renaissance. Hanna, qui évolue dans la Vienne impériale de Sigmund Freud, au début du 20e siècle. Et enfin Anny, notre contemporaine, une star hollywoodienne. Trois femmes rebelles et trois époques différentes que l’on découvre en parallèle et qui se reflètent dans un subtil jeu de miroir orchestré par un Eric-Emmanuel Schmitt surprenant. Car l’auteur va parvenir à sa façon à faire se rencontrer ses trois héroïnes, au point presque qu’elles ne fassent plus qu’une. Une belle ode à la gente féminine!

«La femme au miroir», d’Eric-Emmanuel Schmitt, éditions Albin Michel, 460 pages, 22 €


Cote: 4/5

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Parcours d’auteur – AMELIE NOTHOMB

Publié par clairdeplume le 18 septembre 2011

© Marianne Rosenstiehl

Nom: Amélie Nothomb

Age: 44 ans (13 aout 1967)

Profession actuelle : écrivain

Qu’avez-vous fait comme étude?

«Philologie romane, à l’ULB.»

Alliez-vous volontiers à l’école?

«Pas du tout, je vomissais les jours de rentrée des classes.»

Etiez-vous bonne élève quand-même?

«Petite oui. Adolescente, cela a complètement foiré.»

Ado, vous vouliez faire quoi comme métier?

«Franchement, à 15 ans, l’unique question que je me posais, ce n’est pas très rigolo mais c’est comme cela, c’est si j’allais vivre ou si j’allais mourir. La question d’un métier ne se posait même pas pour moi. La question, c’était vais-je vraiment vivre ? Vais-je appartenir au monde des vivants? Donc je pense qu’adolescente je voulais simplement devenir vivante.»

Quels métiers avez-vous exercés?

«Comme je le raconte dans ‘Stupeur et tremblement’, j’ai été comptable et Madame Pipi dans une entreprise japonaise!»

Qu’avez-vous fait de votre premier salaire ?

«Je me suis achetée de la nourriture.»

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Kokeshi en folie !

Publié par clairdeplume le 18 septembre 2011

Doudous kokeshi, cadres photo kokeshi et tableaux kokeshi, grigris de clés kokeshi, coussin kokeshi, marque-pages kokeshi, petits carnets kokeshi… Cet ouvrage fournit les patrons et modèles pour réaliser soi-même une multitude d’objets à l’effigie de ces petites poupées à l’origine en bois figurant des petits filles japonaises. Alors un peu de tissus, du papier, du fil et une aiguille, un tube de colle et au boulot!

Christelle

“Mes petites kokeshi”, d’Adeline Klam, éditions Marabout d’ficelles, 64 pages, 8,90 €

Cote: 3/5    

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Une belle leçon d’histoire

Publié par clairdeplume le 14 septembre 2011

© HANNAH

Fouad Laroui se joue une fois de plus des préjugés et des petites incompréhensions entre cultures. Dans son dernier roman, il donne une bonne leçon à ses deux héros, un couple de Français qui, sans s’intéresser à l’histoire du Maroc, achète un riad à Marrakech… et y découvre une vieille dame indélogeable dans une des chambres. Ambiance! 

Dans ce nouveau roman, vous vous jouez une fois de plus des préjugés.

«Oui. Cette fois, c’est vraiment spectaculaire parce que cela démarre sur une incompréhension totale. Un couple de Français décide sur un coup de tête d’acheter un riad à Marrakech, mais sans se demander ce que c’est que ce pays, cette ville ou qui sont ces gens. C’est donc le début de leurs problèmes. Je ne dirais pas que c’est un roman initiatique, parce qu’ils ont peut-être passé l’âge d’être initiés, ils ont la cinquantaine. Mais d’une certaine façon, c’est le cas quand même. C’est valable dans les deux sens. On ne peut pas non plus débarquer en Belgique, s’y installer sans prétendre savoir qui sont les Belges, quelle est leur histoire.»

C’est donc une petite leçon d’histoire que vous vouliez donner à vos deux héros et à vos lecteurs?

«Oui. C’est une leçon dans les deux sens du terme. Une leçon parce qu’ils ont été un peu «vilains» de prétendre s’installer dans un endroit sans savoir qui sont ces gens. Et c’est une vraie leçon au sens pédagogique. J’espère qu’elle n’est pas pesante, mais c’est vrai que c’est une leçon d’histoire parce que je me suis énormément documenté. Je suis passionné par l’histoire du Maroc. Et tout ce que je raconte, même si parfois ce sont des détails historiques très étonnants, est authentique. Par exemple, savoir que la conquête du Maroc a coûté plus à la France que toute la guerre d’Algérie, c’est quelque chose que pratiquement personne ne sait.»

Comment vous est venue l’idée?

«Le thème général –faire un livre qui montrerait la richesse, l’histoire du Maroc-, je l’ai toujours eu. Et puis un jour, j’ai eu cette idée -mais je suis incapable de vous dire quand, comment et où- d’un couple, qui achèterait une maison et qui trouverait une dame dans la chambre du fond. La dame étant le symbole de l’âme de la maison, et par extension de la ville et du pays. Et quand j’ai eu ce point de départ, le reste est venu très facilement.»

Et vos personnages?

«Ils sont inventés, mais inspirés des dizaines si pas des centaines de personnes rencontrées qui, quand je leur dis que je suis Marocain, me répondent ‘ah oui, je connais le Maroc, j’ai fait Agadir’ ou ‘c’est très beau j’ai vu Warzazat’. Ce n’est pas méchant. Mais on a envie de leur dire qu’il n’y a pas que cela. Il y a une histoire, des gens. Ce n’est pas parce qu’on ‘a fait Agadir’ –je n’aime pas cette expression!- qu’on connaît le Maroc. Donc, ils sont inspirés de centaines de personnes.»

Croyez-vous aux fantômes, aux maisons hantées?

«J’ai un gros défaut, c’est que je suis à 100% rationaliste. Je ne crois à rien, mais vraiment à rien d’autre que ce que me disent mes cinq sens. Pour des raisons poétiques, j’aurais bien aimé croire aux fantômes. J’aime beaucoup l’Ecosse. Quand j’habitais en Angleterre, j’allais souvent y faire un tour et en promenant dans des châteaux écossais, j’aimais bien faire semblant de croire.»

La fin du livre est un peu ambiguë…

«La fin de tous mes livres est ambiguë. D’une façon générale, je ne donne jamais une vraie fin. J’essaie de mettre le lecteur dans la fin. Généralement dans tous mes romans, le lecteur peut choisir de croire ce qu’il veut. Effectivement, la fin est tendue parce qu’on ne sait pas qui raconte la fin. Mais quelque part, la fin clôt symboliquement le livre. La promesse a été remplie sans que quiconque ne s’en aperçoive. Le seul qui le sait, c’est le lecteur.»

Vous avez déjà une idée pour votre prochain roman?

«Oui et c’est un scoop: le prochain roman se passera entièrement à Bruxelles. C’est une journée, du matin jusqu’au soir, à Bruxelles. Pour l’instant c’est l’idée. Il y a un tracé que je suis en train de reconnaître, une promenade… Mon premier roman bruxellois!»

Christelle

EN QUELQUES LIGNES

François et Cécile décident sur un coup de tête d’acheter un riad à Marrakech. Mais quel n’est pas leur étonnement d’y découvrir, dans une des chambres, une vieille dame chenue et… indélogeable. Ni les anciens propriétaires, ni l’agent immobilier ne semblent en mesure d’expliquer sa présence. Et même la police se révèle incapable de lui faire quitter les lieux. Ce que veut la vieille dame? Que «ces chrétiens lui ramènent son fils Tayeb». C’est du moins ce qu’elle semble avoir murmuré à Mansour, le voisin du couple. Mais à travers l’histoire de Tayeb, c’est toute l’histoire du Maroc que nous conte Fouad Laroui qui, comme dans «La femme la plus riche du Yorkshire», «Le jour où Malika ne s’est pas mariée» ou «Une année chez les Français» prend un malin plaisir à se jouer des préjugés.

«La vieille dame du riad», de Fouad Laroui, éditions Julliard, 234 pages, 18 €

Cote 3/5

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Pour réviser vos classiques !

Publié par clairdeplume le 10 septembre 2011

Il vous arrive d’avoir un petit trou de mémoire en chantant une berceuse à votre enfant? Ce gros livre rassemble plus de 30 comptines, joliment illustrées et avec en prime les notes de musique pour les jouer. Une souris verte, A la pêche aux moules, Il était un petit navire, La mère Michel, Au clair de la lune, Le bon roi Dagobert,… On y trouve aussi des poèmes (Pour faire le portrait d’un oiseau, Le pont Mirabeau…) et des fables (La cigale et la fourmi, Le chêne et le roseau…). De quoi se replonger avec délectation dans l’enfance!

Christelle

“Comptines et poésies de mon enfance”, éditions Deux coqs d’or, 256 pages, 9,95 €

Cote: 3/5

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Yasmina Khadra met l’Afrique en équation

Publié par clairdeplume le 10 septembre 2011

® E Robert-Espalieu

Personne n’est tout noir ou tout blanc. Dans son dernier roman, Yasmina Khadra pose l’équation africaine, celle qui repose sur l’espoir.

 

L’Afrique serait donc une équation?

«Oui. Quand on entend l’addition de la guerre et de la misère, de l’exode, de tout ce qui est désespérant, on oublie l’autre Afrique, celle qui se bat, qui essaie de survivre. C’est cela l’équation africaine. C’est un peu l’équation de tout ce qui peut construire un espoir.»

Comment vous est venue l’idée de votre dernier roman?

«J’ai vu ma petite sœur très malade. Elle se battait tous les jours avec une vaillance extraordinaire contre la maladie. D’un autre côté, je voyais des gens qui se suicidaient pour un travail, des petites choses de rien du tout. Et je ne comprenais pas. Donc j’ai écris un livre pour essayer de réfléchir à la notion de la vie et de la mort, en Occident et en Afrique. Pourquoi les gens qui ont tout sont tellement fragiles et prêt à renoncer à tout ce qu’ils ont construits quand d’autres qui n’ont absolument rien s’accrochent à la vie? Cela m’a beaucoup interpellé.»

L’histoire commence par la perte d’un être cher. La pire douleur qui existe, écrivez-vous.

«Absolument. Il n’y en a pas d’autre.»

Les personnages sont nés comment?

«Dans tous mes livres, je choisis des êtres ordinaires. Mes personnages principaux ne sont pas des héros. Ce sont des gens ordinaires qui sont brusquement confrontés à des situations exceptionnelles et qui essaient de réagir de façon ordinaire. Et c’est par leur vaillance, par leur renoncement ou leur défaite qu’ils se singularisent.»

C’est à la fois un hymne à l’Afrique et une critique.

«Oui. On ne peut pas encenser quelque chose qui semble complètement dévasté. L’Afrique est un continent qui semble ravagé. Mais il y a des hommes, des femmes, tout un combat qui refusent d’abdiquer. C’est là où se rejoignent l’espoir et le désespoir. Soit on est dans la désespérance et on baisse les bras, soit on est dans l’espoir et on refuse carrément de céder. J’ai essayé d’écrire un livre antidépressif, un livre qui réinstalle les gens dans leur détermination à se relever quand la société est déjà par terre. Notre époque est complètement disloquée à travers des violences et des malentendus, des amalgames, des incompréhensions. Dans cette confusion, à travers ce livre, j’essaie de garder une lueur d’espoir.»

Victime ou tortionnaire, personne n’est tout noir ou tout blanc, c’est un peu cela le message?

«Cela ne vaut pas seulement pour l’Afrique. C’est un constat général. Pour moi, la vie est un choix: que choisit-on de faire de sa vie? On peut passer sa vie à être utile comme tous ces gens qui se donnent à des causes, qui se battent pour l’honneur et pour l’espoir. C’est à nous de choisir ce que nous voulons faire de notre vie.»

Christelle

En quelques lignes

Le docteur Kurt Krausmann aime éperdument sa femme Jessica. Aussi, lorsque celle-ci se suicide, il ne pense pas pouvoir s’en remettre. Pour l’aider à surmonter son chagrin, son ami Hans Makkenroth, veuf comme lui, lui propose de l’accompagner dans une mission humanitaire. Mais en chemin, leur voilier est attaqué par des pirates aux larges des côtes somaliennes et les deux hommes sont pris en otages. Ils atterrissent avec un autre otage français, Bruno, entre les mains d’un groupe de dangereux mercenaires. L’occasion pour l’écrivain qui s’est choisi pour pseudonyme les deux prénoms de son épouse -Yasmina Khadra– de peindre tour à tour une Afrique tour à tour sauvage, irrationnelle, fière, digne et courageuse. Entre hymne et critique, une belle leçon, tout simplement.

«L’équation africaine», de Yasmina Khadra, éditions Julliard, 336 pages,    19 €

Cote: 4/5

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Une journée à la crèche

Publié par clairdeplume le 8 septembre 2011

Parfois rien de tel qu’un livre pour expliquer à bébé son quotidien. Et ce grand livre cartonné nous fait vivre une journée à la crèche, de l’arrivée le matin jusqu’au retour des parents le soir. Une ribambelle d’enfants illustrent les activités qui jalonnent la journée des bambins. A la manière d’un documentaire, ce bouquin au format carré explique ainsi comment fonctionne la crèche et à quoi sert tel objet. Il y est aussi question de la sieste, des jeux, des repas. Bref, un ouvrage fort didactique mais bien pratique sur ce nouvel univers.

 Christelle

“A la crèche”, de Nathalie Choux, éditions Milan, 24 pages, 13,50 €

Cote: 3/5     

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La fin du monde selon Douglas Coupland

Publié par clairdeplume le 8 septembre 2011

Le pitch était plutôt tentant: cinq individus sans liens apparents se retrouvent réunis dans le bar d’un aéroport lorsque survient un cataclysme mondial provoqué par l’explosion du cours du pétrole.  Il y a Rick, ex-alcoolo  et barman de l’aéroport. Karen, une mère célibataire venue retrouver Warren, un homme rencontré sur internet. Luke, un pasteur qui a pris la fuite avec l’argent de sa congrégation. La belle Rachel, mi-femme, mi-robot à cause du syndrome autistique qui la rend incapable de vrais contacts humains, mais ne l’empêche pas d’être bien décidée à tomber enceinte. Et enfin, cette  voix off mystérieuse connue sous le nom de Joueur_1.  Pourtant, si l’originalité est certes au rendez-vous, la futilité ambiante force à s’accrocher et à persévérer pour entrer dans le dernier roman du Canadien Douglas Coupland, à qui l’on doit “Generation X” et plus récemment, “JPod”, tous deux salués par la critique.  Les chapitres du roman s’articulent en heures. Cinq longues heures que l’on sent passer. Seules quelques belles phrases bien assénées de l’auteur qui s’interrogent sur notre époque nous poussent à continuer. Mais comme elles se retrouvent dans le lexique en fin d’ouvrage, on n’en vient à se demander s’il ne vaut pas mieux s’en contenter. Intitulé “La légende de l’avenir”, il donne la définition de termes comme “amnésie karaokale”, “déchéance attirante”, “déségotisation”, “Ikéatite”  ou encore “syndrome du jeu de mot”. Et ça, on l’admet, ce sont de vraies petites perles!

Christelle

“Joueur_1″, de Douglas Coupland, éditions Au diable vauvert, 294 pages, 20 €

Cote: 1/5

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Une chasse au trésor

Publié par clairdeplume le 7 septembre 2011

La chasse au trésor est lancée! Une chasse au trésor organisée autour du monde grâce à Google Earth. Pour tenter de mettre la main sur les 50.000 € en jeu, il faudra résoudre 14 énigmes -à la fois visuelle et textuelle- contenues dans cet ouvrage publié simultanément dans douze pays, dont la Belgique. Les indices peuvent inclure des formes ou des tracés visibles à partir des images satellites, une représentation fidèle d’un lieu réel, des connexions thématiques… Le logiciel Google Earth permettra ensuite à chacun de vérifier ses intuitions et réflexions avant d’assembler toutes les réponses (avant le 31 mars) pour obtenir la position du trésor sur Google Earth. Un tirage au sort sera effectué parmi les bonnes réponses encodées sur le site officiel du jeu. Derrière cette course au trésor se cache l’écrivain de littérature fantastiques Dedopulos, paraît-il descendant lontain des Mérovingiens, et auteur de plus de 90 livres sur les codes et les traditions ésotériques.

 Christelle

“La chasse au trésor autour du monde sur Google Earth”, First éditions, 32 pages, 14,90 €

Cote: 3/5

http://www.jointhetreasurehunt.com/

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David Foenkinos a la nostalgie joyeuse

Publié par clairdeplume le 6 septembre 2011

© Hélie/Gallimard

On aime quand David Foenkinos se plonge dans ses souvenirs et nous y entraîne. Surtout que ce jeune écrivain français en vogue (“Le potentiel érotique de ma femme”, “La délicatesse”) a la nostalgie joyeuse et sait comme personne embellir le quotidien.

Votre dernier roman, comme de précédents, fait référence aux souvenirs. C’est un thème qui vous passionne?

“Oui, c’est vrai que c’est un thème récurrent chez moi. Je suis assez nostalgique, mais ce n’est pas déprimant. J’ai la nostalgie joyeuse. Je pense souvent au présent en termes de matière pour créer des souvenirs. Alors forcément, je profite de beaucoup de choses. Je fais rarement l’économie du plaisir.”

Comme dans “Qui se souvient de David Foenkinos” où vous mettiez en scène un écrivain raté cherchant une idée pour écrire un nouveau roman, il est de nouveau question d’un romancier en panne d’inspiration. Et vous, votre imagination, elle fonctionne comment? Où trouvez-vous vos idées?

“Je trouve mes idées en vivant beaucoup, en expérimentant! Mais il y aussi une grand part d’irrationalité. Je ne sais pas comment est venue par exemple l’idée de ‘La délicatesse’. Je ne suis pas veuve, je ne suis pas suédois, ce n’est pas vie. Il y a quelque chose de si étrange dans l’imagination, comme dans les rêves.’

Il y a une part d’autobiographie dans ce livre?

“Oui, c’est sûrement le livre le plus personnel. C’est un livre qui parle, entre autres, des maisons de retraite, et j’y ai passé beaucoup de temps, près de mes grands parents. J’ai trouvé cela si violent. Il me semble que c’est un des rares moments dans la vie où l’on ne peut pas vraiment aider les gens qu’on aime.”

Vous mettez beaucoup de vous dans vos personnages? Comment naissent-ils?

“Il y a toujours une part de moi dans les personnages. Surtout dans leur façon d’agir, de penser. Les femmes ont toujours des choses que j’aime dans leur physique. Ils naissent beaucoup de mon imagination. Je ne suis pas un vampire de la création. On peut passer une soirée avec moi sans se retrouver dans un roman!”

Le narrateur veut devenir romancier mais n’arrive pas à se lancer. Quelle est le secret? Comment vous, vous êtes-vous mis à écrire?

“Mais c’est dur de devenir. Le livre aborde aussi cette période de la jeunesse où l’on ne sait pas ce qu’on va devenir. Comment devenir soi? Comment mettre en forme toutes les idées qu’on peut avoir? J’ai écrit après une opération du cœur à l’âge de 16 ans. Cela est devenu mon obsession. Après, je ne peux pas dire qu’il existe un secret. Et d’ailleurs ça serait atroce de connaître les secrets!”

Quel est votre premier souvenir?

“Mon premier souvenir marquant est la mort de John Lennon. C’est peut-être pour ça que j’ai écrit un livre sur lui l’année dernière.”

Et vos meilleurs souvenirs?

“Les colonies de vacances. J’adore l’autonomie!”

Votre frère et vous allez adapter votre roman “La délicatesse” au cinéma. On peut en savoir un peu plus?

“Le film est fini! Nous sommes en plein mixage, et il sort en France le 21 décembre. L’héroïne est Audrey Tautou, et pour le Suédois… nous avons pris un Belge! François Damiens. C’est vraiment un beau duo, étonnant, émouvant. J’espère que vous aimerez!”

Christelle 

En quelques lignes

Désemparé à la mort de son grand-père à qui il n’a pas su exprimer sa tendresse, le narrateur, apprenti écrivain en manque d’inspiration, cultive ses souvenirs et sa mélancolie. Aussi quand sa grand-mère, frappée par le deuil, est placée par ses fils en maison de retraite, il décide de tout faire pour lui embellir le quotidien. Il lui rend visite régulièrement et trouve même à la faire rire. Jusqu’au jour où la vieille dame fugue. Le narrateur va alors partir à sa recherche et faire de son mieux pour égayer ses derniers instants. Et par là, qui sait, peut-être même améliorer son propre futur… Vieillesse, solitude et déceptions sentimentales: pas question ici d’une comédie frivole comme “La délicatesse”. Mais si le sujet est grave, il n’en est pas moin traité avec légèreté et poésie. Alors à quand un prix pour Foenkinos?

“Les souvenirs” de David Foenkinos, éditions Gallimard, 272 pages, 18,50 €

Cote: 4/5  

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Amélie Nothomb magicienne

Publié par clairdeplume le 5 septembre 2011

© Marianne Rosenstiehl

Pas de rentrée littéraire sans le dernier Amélie Nothomb bien sûr et ce depuis… 20 ans déjà. Son vingtième ouvrage traite de magie et de tricherie, de filiation et de manipulation, de cruauté et de LSD.

Tuer le père, c’est un titre provocateur. Votre père à vous en a pensé quoi? Il a lu votre livre?

«Il l’a lu et il a tout de suite compris qu’il était hors de cause. Il a vite été rassuré! J’ai toujours eu d’excellentes relations avec mon père. Il faut prendre le titre au sens symbolique. C’est une formule freudienne, tuer le père. Il ne s’agit évidemment pas très souvent de tuer vraiment son papa. Cela signifie se libérer de l’emprise que même les meilleurs parents du monde peuvent avoir sur leurs enfants. Les parents, même et surtout s’ils aiment beaucoup leurs enfants, ont tendance à projeter sur eux des ambitions, des rêves. C’est inévitable. Mais cela peut être une prison. Je pense que pour devenir adulte, il faut se libérer des rêves que nos parents ont projetés sur nous.»

Et vous, vous avez la reconnaissance de vos parents, contrairement à votre héros?

«Complètement. Je ne ressemble pas du tout à mon héros qui est quand même un type assez abominable!»

Comme dans le précédent, vous vous mettez aussi (un peu) en scène dans celui-ci… Il y a une part d’autobiographie?

«Ah non, vraiment pas du tout. Si ce n’est que j’ai assisté à Burning Man 2010. Mais pas du tout de la même façon et puis il ne m’est pas arrivé ce qui arrive au personnage. Non, vraiment pas! En revanche, ce qui est certain, c’est que le fait d’avoir énormément fréquenté des magiciens ces dernières années en France et d’être allée à Burning Man l’an dernier a fortement contribué à mon inspiration. Je ne m’attendais pas du tout à ce que ce festival me bouleverse autant. J’y ai vu des mœurs que j’ignorais. Tout cela m’a beaucoup inspiré.»

Vous aimez jouer avec le feu?

«Ouh là là, je suis d’une très grande maladresse. Heureusement consciente de ma maladresse. Malgré ma fascination pour l’élément feu, je n’ai jamais joué avec. Allumer un simple feu de bois dans la cheminé me paraît déjà très difficile.»

Et si je vous posais la question au figuré?

«Ah, j’aime beaucoup le danger, mais encore faut-il que ce soit un danger qui mène quelque part. Le danger qui consiste à écrire un roman me plaît énormément.»

Vous parlez de drogue une fois encore, comme dans «Le voyage d’hiver». Vous avez testé?

«Je ne m’appesantirai pas sur le sujet. Disons simplement qu’aller à Burning man sans toucher à une substance psychotrope, c’est un peu comme aller en Inde et ne pas manger de curry.»

Ado, vous vouliez faire quoi comme métier?

«Franchement, à 15 ans, l’unique question que je me posais, ce n’est pas très rigolo mais c’est comme cela, c’est si j’allais vivre ou si j’allais mourir. La question d’un métier ne se posait même pas pour moi. La question, c’était vais-je vraiment vivre ? Vais-je appartenir au monde des vivants ? Donc je pense qu’adolescente je voulais simplement devenir vivante.»

Il est question d’un triangle amoureux. Un ado qui veut piquer la femme de son mentor…

«Un romancier est là pour parler du réel. Et dans la vie réelle, le triangle amoureux est la chose la plus banale du monde. Beaucoup d’histoires d’amour naissent à cause d’une triangulation. Souvent, on tombe amoureux de quelqu’un parce qu’on a vu quelqu’un d’autre être amoureux de ce quelqu’un. C’est un schéma de base de l’amour. Mais je dois dire que personnellement je ne l’ai jamais vécu. Mais je trouve cela assez fascinant.»

Vous écrivez: «le but de la magie, c’est d’amener l’autre à douter du réel. Comme le travail de l’écrivain en fait?

«Je pense que oui. Et c’est en cela que la littérature se rapproche de la magie. L’un de mes buts en écrivant ce livre, c’était aussi de réaliser un tour de magie.»

La magie vous fascine?

«Oh oui!»

Et quel est votre secret pour que la magie opère dans vos livres?

«C’est très compliqué, cela tient à énormément de choses. La littérature est un jeu sur les perceptions. On peut faire des espèces de trucages, utiliser des trucs comme les magiciens. J’ai déjà utilisé un vrai trucage dans un de mes précédents livres, qui s’appelait ‘Mercure’. Je ne révélerai pas le truc, mais tous ceux qui ont lu le livre savent que c’est un livre qui repose sur un trucage. Le trucage tient sur beaucoup de choses, sur des perceptions tronquées et aussi sur une certaine rapidité. Je pense qu’un roman basé sur la magie ne peut pas s’appesantir.»

Vous arrive-t-il de tricher?

«Jamais. La triche en littérature cela existe. Mais quand je tombe sur de la triche dans le livre d’un autre, cela me choque beaucoup. Ce que j’appelle la triche en littérature, c’est les effets faciles, l’émotion facile, provoquée avec des moyens que je considère comme déloyaux. Cela me choque tellement quand je tombe sur cela dans le livre des autres que je ne veux pas m’abaisser à tomber là-dedans.»

Si j’ose dire, vos héros ont des prénoms pas très Amélie Nothomb.. Un peu banal, presque!

«C’est vrai mais ce sont des gens qui existent. Tous m’ont été inspirés par des personnages que j’ai vus là-bas. Ils ne s’appelaient pas comme cela pour de vrai. Mais je me suis dit qu’après tout, ce sont des Américains assez simples, autant leur donner des noms américains courants.»

C’est votre 20e roman. Vingtième rentrée littéraire aussi. Ça vous fait quoi?

«Je vous assure que quand on dit le temps passe vite, on a tort. Le temps ne passe pas vite du tout. Je les ai vues passer, ces 20 années.»

Votre roman compte 154 pages cette année: un gros bébé?

«(rire) Oui, vous avez raison. C’est plutôt un gros bébé!»

Il est question aussi de réflexion sur la filiation et le sentiment d’être parent. C’est un sujet qui vous préoccupe? Vous aimeriez être mère un jour?

«Personnellement, je ne suis pas parent, je ne le serai pas et je n’ai jamais souhaité l’être. Mais je suis mère de 72 romans. Et cela s’est une chose qui m’occupe beaucoup.»

Christelle 

En quelques lignes

“Allez savoir ce qui se passe dans la tête d’un joueur.” Comme toujours, le quatrième de couverture du dernier roman d’Amélie Nothomb est des plus brefs et des plus énigmatiques! Alors pour les petits curieux qui voudraient en savoir un peu plus avant de décider s’ils se lanceront ou pas dans la lecture -qui prend toutefois moins de deux heures!- du dernier Nothomb, disons que l’histoire se déroule dans le Nevada et qu’il est question de magie. Joe Whip, un ado de 14 ans, est mis à la porte par sa mère qui l’accuse d’être la raison de son manque de chance en amour. Passionné de magie, il se trouve rapidement un mentor en la personne de Norman, le plus grand magicien, qui va l’accueillir chez lui et lui dévoiler petit à petit ses secrets. Jusqu’au jour où Joe tombe amoureux de Christina, la femme de Norman, et cherche à “tuer le père”. L’auteure termine par un petit tour de prestidigitation qui vient chambouler toute l’histoire. Pas étonnant sans doute dans un roman où il est question de magie.

“Tuer le père”, d’Amélie Nothomb, éditions Albin Michel, 154 pages, 16 €

Cote: 2/5     

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Mieux que la bible : le nouveau testament de James Frey

Publié par clairdeplume le 3 septembre 2011

Le dernier livre de James Frey, le “bad boy” de la littérature américaine, est bien parti pour encore faire parler de lui! Après sa “fausse” autobiographie “Mille Morceaux” puis son “L.A. story”, il nous livre une bible version moderne à la tranche parsemée de taches de sang, comme dans sa version originale publiée cette fois par une galerie d’art new-yorkaise. Mais on comprend vite pourquoi: dès les premiers chapitres, le héros, Ben Zion Avrohom, alias Ben Jones, se retrouve le corps transpercé de toute part par des morceaux de verre, le sang giclant de partout. Personne ne croit à sa survie. Pourtant -miracle-, l’homme “ressuscite” en quelque sorte et cicatrise. Et le voilà investi comme le “nouveau messie”. Un nouveau messie bisexuel, qui fume des joints, va voir les putes et pratique l’euthanasie. “Dans ce livre, j’essaye d’imaginer l’histoire telle qu’elle serait si le Messie vivait à New York en plein XXIe siècle”, explique James Frey. Son but? Créer une “nouvelle mythologie qui ait du sens dans un monde d’armes nucléaires, de connaissances scientifiques avancées, d’internet, de tests et de manipulations génétiques, un monde où l’on ne considère plus l’homosexualité comme un choix”. Comme pour les différents évangiles, l’histoire de ce nouveau Messie nous est racontée par des personnes qui l’ont côtoyé. Parmi ceux-ci un agent du FBI, un homme d’église, une chirurgienne, mais aussi Mariaangeles, stripteaseuse droguée et mère célibataire, et Esther, la sœur du Messie, une juive convertie à un christianisme fanatique. Un dernier testament qui bouscule et titille les religions, prêche l’amour comme remède aux maux de notre société et dans lequel on a davantage envie de croire, assurément!

Christelle

“Le dernier testament de Ben Zion Avrohom”, de James Frey, éditions Flammarion, 384 pages, 23 €

Cote: 4/5     

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