Clair de Plume

Blog littéraire

Archive pour avril 2011

La suite des aventures d’Oksa Pollock

Publié par clairdeplume le 23 avril 2011

Voilà un ouvrage qui devrait produire la félicité dans le cœur des “Pollockmaniaks” et susciter leur enjouement le plus total, paroles de Foldingots! Alors que la Terre subit séismes, éruptions volcaniques et pluies torrentielles, Oksa Pollock et les Sauve-Qui-Peut se lancent à la recherche du portail d’accès à Edéfia, la terre magique de leur origine dont les plus anciens d’entre eux ont été expulsés une cinquantaine d’années plus tôt. Mais pour ce faire, la Jeune Gracieuse et ses proches vont devoir s’allier à leurs ennemis mortels, les redoutables Félons menés par Orthon. Le parcours sera, cela va de soi, pas de tout repos. Quant à ce qui les attend sur cette terre perdue, n’en parlons pas! Disons seulement que l’on retrouve avec un bonheur non feint et un intérêt exponentiel la pétillante Oksa, sa grand-mère Dragomira, son père Pavel -que la colère transforme en dragon-, Gus, son ami de toujours, et le ténébreux Tugdual, qui semble tant émouvoir le coeur de la Jeune Gracieuse… Sans oublier non plus les inénarrables et extravagantes créatures magiques que sont les Foldingots, les Insuffisants ou encore les Devinailles. Bref, en un mot, le charme du début continue d’opérer et d’engendrer chez les Pollockmaniaks, petits comme grands, des palpitations, preuves de lecture des plus plaisantes!

Christelle

“Oksa Pollock – Le cœur des deux mondes”, d’Anne Plichota et Cendrine Wolf, XO éditions, 368 pages, 17,90 €

Cote: 5/5

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Parcours d’auteur – GUILLAUME MUSSO

Publié par clairdeplume le 22 avril 2011

Nom: Guillaume Musso

© Marianne Rosenstiehl

Age : 35 ans (6 juin 1974)
Profession actuelle: écrivain

Que rêviez-vous de faire quand vous étiez enfant?
«Je voulais être agent secret. Parce que vivre une seule vie, cela me paraissait vraiment réducteur. Et le côté agent secret, espion, offrait la possibilité de jouer des rôles. Cela me paraissait densifier et enrichir sa vie.»

Qu’avez-vous fait comme étude?
«Terminale C, la filière scientifique. Moins par passion pour les mathématiques que par une sorte de conformisme bête. A l’époque, on orientait les bons élèves vers cette filière-là. Ensuite j’ai fait une fac d’économie. Et ensuite j’ai passé mes diplômes pour devenir professeur d’économie. »

Vous étiez donc bon élève?
«Honnêtement, oui. J’étais très soucieux de faire ce que l’on attendait de moi, d’être en paix avec mes parents, les professeurs. J’aimais beaucoup l’école. J’aimais beaucoup apprendre. Donc j’étais bon élève, mais parce que j’étais curieux finalement du savoir transmis à  l’école.»

Vous alliez volontiers à l’école ?

«Au début non. Les rentrées étaient toujours difficiles après deux mois de vacances. Mais après oui. C’était à la fois le plaisir de la sociabilité, des camarades et l’intérêt de ce que l’on pouvait y apprendre. Moi, j’étais passionné par le français. La découverte d’auteur comme Steinbeck, Maupassant, Molière… J’ai eu d’excellents professeurs de français qui ont développé ce goût pour la lecture et plus tard pour l’écriture.»

Votre premier boulot, c’était quoi?
«Mon premier job d’étudiant, quand j’avais seize ans, n’était pas très glamour. J’étais gardien de parking. J’ai aussi travaillé dans une bibliothèque. Plus tard, aux Etats-Unis, à 19 ans, j’ai vendu des glaces, j’ai travaillé dans un hôtel, et je lavais d’énormes camions. Ensuite j’ai pu visiter le pays grâce à l’argent gagné. »

Qu’avez-vous fait de votre premier salaire?
«J’ai dû mettre cet argent de côté pour acheter ma première voiture.»

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Entre thriller et comédie romantique

Publié par clairdeplume le 18 avril 2011

© Marianne Rosenstiehl

Un jour, dans un aéroport, une jeune femme s’empare par erreur du téléphone portable de Guillaume Musso. De quoi inspirer à l’auteur de «Et après» son dernier roman, entre comédie romantique et thriller. Un grand cru, assurément !

Cette fois encore, l’histoire passe par un aéroport. C’est une véritable histoire d’amour entre vous et les aéroports.

«Oui. Je prends beaucoup l’avion. Tout petit déjà, l’aéroport était pour moi lié aux rêves, aux vacances, aux déplacements. Un peu à l’inconnu, au danger aussi. Parce que finalement, l’avion peut faire peur aussi. »

Comment en est née l’idée ?

«Cette histoire-ci est née d’un incident qui m’est réellement arrivé il y a quatre ans, à l’aéroport de Montréal. Dans la salle d’embarquement, j’avais mis mon téléphone portable à recharger. D’un seul coup, je vois une jeune femme qui s ‘en va avec. Je lui cours après. C’était une Américaine. Je lui dis qu’elle a pris mon téléphone.  Elle prétend que non. Qu’il s’agit du sien. Et puis finalement on s’aperçoit qu’elle avait mis son téléphone à recharger un peu plus loin, mais qu’on avait le même modèle. Et donc en repartant, dans l’avion, j’ai écrit un début d’histoire qui prenait comme point de départ l’incident que je venais de vivre. Puis j’ai mis cela dans un tiroir. Je n’y pensais plus. Sauf quand je rencontrais des réalisateurs qui me demandaient d’écrire des scénarios originaux pour le cinéma. Parfois je leur parlais de ce début d’histoire. A chaque fois je voyais leur œil s’allumer. Et il y a un an et demi, j’ai ressorti ce début d’histoire de mes tiroirs… »

Et il sera adapté au cinéma ?

«J’aimerais bien que cela fasse un film, mais je ne suis pas pressé. Parce que si cela se fait, je veux vraiment contrôler le scénario, l’écrire  moi-même. C’est une histoire qui me tient vraiment beaucoup à cœur. Je suis très attaché à ce livre.»

Et si cette Américaine était bel et bien partie avec votre portable, qu’y aurait-elle découvert ? Quelque chose de croustillant ?

«Vous voulez voir ? Non, franchement il n’y a rien !»

Même pas des photos ?

«Je prends très peu de photos. Ce sont essentiellement des photos de repérages. Pour ce roman, je suis beaucoup allé en repérage à San Francisco et à New York. En décembre, je suis resté coincé à New York. Il y avait une tempête de neige. Pendant trois jours, les avions n’ont pas décollés. Donc je suis resté dans la ville, et j’ai fait plein de photos. Je suis allé interroger les chauffeurs de taxis… Je me suis nourris de tout cela et cela m’a forcé à réécrire la dernière partie du roman qui se passe à New York pendant la fameuse tempête. J’ai aussi  travaillé avec un fleuriste. Et je suis allé dans le monde de la gastronomie.»

C’est donc de là que vous vient votre connaissance en art floral ?

«J’ai fait une sorte de ‘stage’. Un jour, je suis passé devant une magnifique boutique à Paris. Je rentre, je me présente au fleuriste, je lui explique que je suis en train d’écrire un roman dans lequel j’aimerais bien que mon héroïne tienne un magasin de fleurs. Il m’a proposé de revenir le lendemain pour observer sa boutique, les clients, aller au marché avec lui à Ringis. Je l’ai suivi, c’était formidable et j’en ai retiré quelques anecdotes assez marantes qu’on retrouve dans le roman, comme cette mode apparemment actuelle des maris qui font livrer des fleurs à leur femme sans mettre de mot pour voir si leur femme le soir, à la maison, va leur dire qu’elle a reçu un bouquet au bureau. »

Et vos connaissances en  art culinaire ?

«C’est une passion. J’ai toujours été fasciné par la création culinaire. Parce que pour moi, il y a un parallèle évident entre la création artisanale d’un plat et la création lorsque j’écris mes histoires. J’aime beaucoup aussi ce devoir d’invention, d’originalité que se font certains chefs, et  que j’essaie de m’appliquer aussi à moi-même, tout en respectant les grands maîtres du passé. Pour eux ce sont des chefs mythiques, pour moi, ce sont des écrivains, c’est Dumas, c’est King… »

Vous pratiquez souvent  la cuisine de sous-vêtements aux micro-ondes?

«Non ! C’est ce personnage, Marcus, le colocataire de Jonathan, qui partage avec lui une petite maison à San Francisco, et qui amène un petit peu de pétillant, de vie. Il est très gaffeur, mais finalement, c’est quand même le meilleur des amis.»

Votre héros a ses meilleurs souvenirs de jeunesse à Antibes. C’est autobiographique, ça ?

«Oui. Je suis allé puiser dans mes souvenirs à moi, même si ce n’est pas de la transposition automatique, mais cela m’a fait plaisir de mettre le sud-est et de mettre Antibes un petit peu dans ce livre à travers quelques petits flash-back. »

Pourquoi ce titre ?

«L’appel de l’ange, c’est la grand-mère de l’héroïne qui lui disait que, le jour où elle rencontrerait l’homme de sa vie, elle le saurait immédiatement, comme si un ange le lui murmurait à son oreille.»

Vous pensez qu’une vie peut être rattachée à une autre par un fil invisible ?

«Oui. Je pense que très souvent, nos vies sont rattachées à d’autres par des connexions  dont on n’a pas forcément conscience. Cela arrive souvent lorsque vous parlez avec quelqu’un que vous ne connaissez pas, de voir que finalement, vous avez des connaissances en commun, vécu au même endroit… Il y a cette théorie qui dit qu’on est tous liés par six degrés de séparation. C’est vrai que ces liens invisibles qui relient les êtres, on les retrouve souvent dans mes romans parce que cela me plaît beaucoup.»

Croyez-vous au destin ?

«Beaucoup de mes romans sont traversés par cette question. Est-ce que nos existences, les rencontres que l’on fait, notamment amoureuses, sont quelque part prédestinées ou est-ce que nos vies ne sont que le résultat du hasard, du chaos? Bien sûr, je n’ai pas la réponse. Mais dans les premiers temps de l’amour, j’ai remarqué qu’on aimait bien croire au destin!»

Vos héros ont en commun qu’à un moment donné, ils ont changé de vie. C’est un thème qu’on retrouve dans d’autres de vos livres.  C’est un fantasme chez vous? Vous aimeriez changer de vie?

«J’ai changé de vie plusieurs fois. Au moins une en tout cas. J’ai été pendant dix ans professeur d’économie avant d’avoir cette vie d’auteur, de pouvoir parcourir le monde et rencontrer les lecteurs dans les trente pays où sont traduits mes romans. J’aime aussi le thème de la deuxième chance. J’essaie toujours d’écrire mes romans avec deux niveaux de lecture. Un premier niveau où l’on peut juste se laisser porter par l’histoire et un deuxième niveau où je voulais cette fois explorer ce thème, cette interrogation qui consiste à se dire que finalement, on ne peut être vraiment heureux qu’à partir du moment où on accepte de se confronter un petit peu aux fantômes et aux démons  de notre passé. Quand débute le roman, Madeline et Jonathan sont un peu des fugitifs de leur propre vie. Pour pouvoir survivre, ils ont refoulé des douleurs liées au passé. Et cet échange de téléphone fortuit va les obliger à rouvrir les anciennes blessures et à essayer de se confronter à cette douleur dont ils n’étaient pas capables de faire face des années auparavant. »

Quelle est votre définition de l’amour ?

«Oulala ! Je serais bien incapable d’en donner une définition, mais l’amour, c’est mon oxygène,  ce qui m’inspire. Je n’imagine pas écrire un roman qui en serait dépourvu. Même là, c’est un thriller, mais qui est écrit quand même dans la fièvre de cet amour naissant entre ces deux personnages. L’amour, c’est tellement vaste parce que c’est l’amour au sein du couple, mais c’est aussi l’amour qu’on peut avoir pour nos enfants, nos parents. Oui, moi l’amour, c’est mon carburant. Mais l’amour a ses deux faces. C’est à la fois la chose la plus épanouissante du monde et, quand il s’en va, cela peut être la chose la plus déchirante du monde, qui peut nous amener à faire n’importe quoi. Dans beaucoup de mes romans, il y a le parallèle qui est fait entre l’amour et la drogue, l’euphorie de l’état amoureux et la noirceur et la douleur de l’état de manque.»

Il n’y a pas la moindre petite dose de surnaturel dans votre dernier livre !

«Non ! Vous savez, il n’y a pas de cahier des charges ! Cette histoire est suffisamment riche et ample pour se suffire  à elle-même. Tout comme finalement, dans le précédent, il y avait une explication rationnelle aussi à la fin. Je ne dis pas que je n’y reviendrai pas, je ne me l’interdis absolument pas. Je commence à écrire un roman quand j’ai vraiment la sensation d’avoir une bonne histoire avec des personnages attachants. Après, il n’y a pas de calcul, de mettre du surnaturel ou pas.»

Ces deux personnages sont justement très attachants. On pourrait les retrouver ?

«C’est très possible. C’est vrai que j’ai pris beaucoup de plaisir à créer ce couple et que je trouve que dans la dernière partie du roman, lorsqu’ils enquêtent tous les deux à New York, ils sont assez attachants, parce que complémentaires. Elle, c’est une femme assez forte, avec un côté masculin, elle prend les décisions, c’est elle qui impulse l’action. Lui, c’est un peu un nouvel homme, dans le sens où il a allumé sa part de féminité, sa sensibilité. Il est cérébral alors qu’elle est plus instinctive.  Je trouve qu’ils forment un couple avec un équilibre, bien qu’ils soient tout le temps en train de se disputer. Mais finalement leur amour naissant transparait et le final est assez ouvert pour pouvoir les retrouver. Et si j’ai une enquête suffisamment puissante, pourquoi pas ! »

Christelle

EN QUELQUES LIGNES

Comme dans beaucoup de livres de Guillaume Musso, l’histoire transite par un aéroport.  Dans la cafétéria du principal terminal de JFK à New York, un homme et une femme se percutent, s’engueulent, ramassent leurs affaires et poursuivent leur route. Mais en dégainant leur téléphone portable à leur descente d’avion, ils s’aperçoivent qu’ils ont malencontreusement interverti leur GSM lors de cette collision. Or 10.000 km séparent désormais Jonathan,  restaurateur à San Francisco, et Madeline, fleuriste à Paris. Emportés par la curiosité, chacun explore le téléphone de l’autre. Une indiscrétion qui va leur révéler que leur vie est liée par un secret qu’ils pensaient enterré à jamais. Et cet homme et cette femme, qui ne s’étaient jamais rencontrés auparavant et n’auraient certainement jamais dû se revoir, se retrouvent embarqués dans une histoire qui, de comédie romantique, vire rapidement au thriller. Sans une once de surnaturel cette fois, le dernier livre de Musso s’avale d’une traite. Du moins jusqu’aux derniers chapitres où l’on se prend à ralentir la cadence… C’est qu’il faudra probablement patienter un an pour le prochain! Et pourquoi pas d’autres aventures pour ce duo de choc?

« L’appel de l’ange », de Guillaume Musso, XO éditions, 396 pages, 20,90 €

Cote: 5/5

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Paternité et séparation

Publié par clairdeplume le 15 avril 2011

© Philippe Matsas

Attention, il ne faut pas confondre «rupture» et «séparation». Le premier roman du journaliste Xavier de Moulins nous entraîne dans le quotidien d’un père célibataire qui découvre les réalités de sa paternité, lui qui a voulu rompre avec sa femme… mais sans vraiment être prêt à s’en séparer!

C’est votre premier roman. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous y mettre?
«Deux choses. C’est un roman qui parle de la paternité et de la séparation. Et je pense que la séparation, c’est le mal du siècle. La paternité, la question du siècle. Il y avait donc matière à s’interroger dessus humblement. J’ai moi-même été père célibataire à un moment dans ma vie.»

Il y a une part d’autobiographie dans ce roman?
«On part toujours de soi. L’idée, c’est de pouvoir sortir de soi. Et écrire aide à sortir de soi. L’histoire parle d’un père qui a eu des difficultés à assumer sa paternité du temps où il était marié et va finir par la découvrir après sa séparation. Moi, j’ai eu la chance d’assumer ma paternité bien avant ma séparation. Donc, ce n’est pas plus que cela une autofiction. C’est simplement que j’ai vécu cette situation comme des milliers de gens, et que je me suis rendu compte qu’on avait banalisé tout cela, que c’était rentré dans les mœurs. C’est donc aussi un livre que j’ai voulu écrire comme un manifeste pour militer pour la vie de famille qui me semble quand même essentielle aujourd’hui. Si on peut préserver sa vie de famille, éviter de partir pour des conneries et tout gâcher pour des bêtises, c’est quand même mieux.»

Pourquoi ce titre?
«L’histoire part d’Antoine qui élève seul ses filles, un week-end sur deux, et c’est donc un coup à prendre quand on a jamais fait cela. Il faut arriver à chopper une technique. Et puis, il a quitté sa femme un peu vite et il se rend compte un peu trop tard qu’il l’aime toujours. Et là, il va prendre un vrai coup sur la tête.»

Un coup, c’est aussi sûrement ce que pas mal de femmes auront envie de donner à votre héros… Il est assez tête-à-claque quand même.
«Il a des côtés effrayants et des côtés touchants aussi. Moi, je m’intéresse à la figure de l’antihéros. C’est vrai qu’au début, on a envie de le frapper, de lui dire d’arrêter. Il a parfois une vision du monde assez particulière et provocante. Il le reconnaît d’ailleurs. Mais à la fin, il devient touchant parce qu’il grandit. Et si les femmes on parfois ce jugement-là, c’est justement parce qu’il leur rappelle des hommes qu’elles ont fréquenté ou des hommes qu’elles veulent éviter. Souvent, en littérature, les personnages rejettent la faute sur les autres. Or lui, il fait quand même son autocritique. Plutôt que dire que tout est la faute de sa femme, il commence par balayer devant sa porte.»

L’amour éternel, vous y croyez?
«Pour moi, l’amour éternel, c’est uniquement celui qu’on porte à ses enfants. C’est le seul qui dure toute la vie.»

Vous faites aussi la différence entre «rompre» et «se séparer».
«C’est une nuance qui est hyper importante. Antoine rompt, et puis sa femme, elle, se sépare. Les hommes sont très forts pour rompre. C’est facile: c’est se dire que c’est fini. Mais pas pour en assumer les conséquences. On est des quiches pour cela. Même quand on vous quitte, on vous aime toujours, c’est cela qui est dingue. Se séparer, c’est avoir accepté et intégré et digéré la rupture. Il y a beaucoup de gens qui rompent mais en réalité ne sont jamais séparés complètement. Quand on a des enfants, c’est dur de se séparer, car ils reviennent toutes les semaines rappeler l’histoire qu’on a vécue ensemble.»

Vous avez déjà des idées pour un autre roman?
«J’ai beaucoup d’idées, mais moi ce que j’aime dans l’écriture, c’est de pouvoir prendre mon temps. J’ai attendu presque 40 ans pour écrire le premier. Je vais continuer à prendre mon temps.»

Christelle

En quelques lignes
Antoine Duhamel, trentenaire parisien, aura eu besoin de quitter sa femme et se retrouver seul pour réaliser qu’il était père. Lui qui s’était toujours reposé sur son épouse pour tout, va devoir se prendre en main et assumer son rôle de père, un week-end sur deux. «J’ai attendu pour être Père de ne plus vivre avec ma femme et ça m’a pris du temps parce que comme beaucoup d’homme, j’ai du mal à faire deux choses en même temps», avoue le héros, qui tient d’ailleurs plus de l’antihéros tant certains de ses commentaires et de ses comportements sont insupportables. Même s’il faut bien lui reconnaître parfois aussi une certaine lucidité. Pour son premier roman, le journaliste français Xavier  de Moulins se livre en effet à l’observation d’un homme d’aujourd’hui passant progressivement «de la rupture à la séparation».

«Un coup à prendre», de Xavier de Moulins, éditions Au Diable Vauvert, 196 pages, 17 €

Cote: 2/5

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Vacances surréalistes à la Côte belge

Publié par clairdeplume le 11 avril 2011

© Philippe Matsas/ Opal

La Belge Nadine Monfils nous emmène patauger à la Côte belge. Au programme: vacances surréalistes, subtil mélange entre son «côté noir serial killer» et -de son propre aveu- son «côté barré». Fous rires garantis!

Où passez-vous vos vacances?
«(rires) En Belgique, dans ma maison de campagne dans le Brabant wallon.»

Pas à la mer?
«Parfois aussi à la mer du Nord! C’est la mer de mon enfance, je l’affectionne tout particulièrement. Même si je trouve qu’elle a été un peu détruite par d’affreux buildings, quand je leur tourne le dos, je retrouve toujours la mer que j’aime.»

Et vous avez une caravane?
«Non. (rires) Heureusement, mes parents ont un appart là-bas, ce qui m’épargne la caravane. Je ne suis pas du tout camping!»

Dans les vacances d’un serial killer, on s’enfonce un peu plus encore dans votre part de surréalisme!
«C’est différent, c’est vrai, de ce que j’ai écrit avant. On est vraiment dans le côté déjanté! C’est un livre tout à fait particulier pour moi. Je l’ai fait comme on saute à l’élastique sans élastique. J’ai eu envie de me lâcher à fond. J’ai eu envie de me plonger là-dedans, d’aller patauger à la Mer du nord. C’est un peu un mélange de mon côté noir serial killer mais avec aussi tout le côté barré que j’ai, comme on retrouve ‘Dans la vieille folle’.»

Et l’idée du livre est née comment?
«C’est difficile à expliquer comment cela vient. C’est comme une carte postale qui tout d’un coup apparaît dans ma tête et puis tout le reste part delà. En fait, j’avais envie de passer des vacances à la mer, tout en restant dans mon fauteuil!»

Vous vous êtes inspirée de quelqu’un en particulier pour les personnages de ce roman?
«Il y a toujours un petit peu de gens que je connais dedans. C’est un mélange. Je peux partir d’un personnage qui m’inspire, puis, comme un caricaturiste, poussez les traits plus loin.»

De nouveaux personnages font leur apparition. On quitte définitivement Lynch et Tequilla?
«Ils pourraient revenir, on ne sait jamais! Mais ce livre-ci est plus dans la veine de ‘Nickel Blues’. J’ai souvent besoin, après un bouquin très noir comme ‘Babylone Dream’ ou ‘Coco givrée’, de repasser ensuite à quelque chose de très coloré, très humour noir. J’ai besoin de rire avant de replonger dans les ténèbres.»

Et les personnages de ce roman-ci pourraient vivre de nouvelles aventures?
«Pourquoi pas. Je les trouve complètement cinématographiques.»

Le livre pourrait être adapté sur grand écran?
«Je serais ravie si un réalisateur avait envie de l’adapter! Je pourrais l’adapter, mais je suis déjà moi-même occupée sur ‘Nickel Blues’»

Et où en est l’adaptation?
«Elle en est que je me suis faite refouler par toute la Belgique, malgré qu’ils disent qu’ils aident le cinéma belge. J’ai donc monté ma boîte de production en Belgique, les productions du Chapeau boule. J’ai une majorité d’acteurs belges, dont Emilie Dequenne, Annie Cordy, Suzie Falk… Il y a une musique d’Arno. Je suis Belge. Et je n’ai pas reçu un rond de carotte de la Belgique. Donc je vais faire mon film ailleurs, ce qui est un peu triste car c’est très belge comme ambiance. Cela se passe à Ostende. Je vais donc le tourner en France et au Luxembourg.»

Christelle

En quelques lignes
Direction la Côte belge et une «charmante» pension familiale pour la famille Destrooper. Alphonse est au volant. Sa femme, Josette, assise à ses côtés. À l’arrière, les enfants, Steven -comme Steven Seagal- et Lourdes -comme la fille de Madonna- ont emporté leur caméra. Remorquée par la tribu dans sa caravane, la Mémé, qui tient assez de Calamity Jane, les accompagne. Mais les vacances commencent mal. Un motard arrache par la fenêtre ouverte de l’auto le sac de Josette. Quelques kilomètres plus tard, profitant d’une pause sur une ère d’autoroute, les enfants décident de planquer leur caméra dans les toilettes… pour découvrir ensuite sur leur écran les images du cadavre du motard. Quant à la Mémé, la voilà contrainte de faire du charme et essayer l’auto-stop, sa caravane s’étant malencontreusement détachée en cours de route… Tous les ingrédients pour des vacances en enfer sont en place. Entre poésie et humour noir, on peut toujours compter sur Nadine Monfils pour un bon moment de surréalisme à la belge!

«Les vacances d’un serial killer», de Nadine Monfils, éditions Belfond, 240 pages, 18 €

Cote: 4/5

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Rencontres improbables

Publié par clairdeplume le 6 avril 2011

Que se passe-t-il quand la vie assemble ceux qui se ressemblent le moins?, s’interroge Matthias Debureaux, ce journaliste à qui l’ont doit déjà le drolissime livre  ”De l’art d’ennuyer en racontant ses voyages”. Cette fois donc, il se penche sur quatorze face à face improbables. Comme cette rencontre entre Marilyn Monroe et Nikita Krouchtchev, Björn Borg et Nicolae  Ceausescu ou Sacha Guitry et Nicolas II. Certaines rencontres sont même assez cocasses comme lorsque Freud rencontra le “Pétomane” Joseph Pujol dans un éléphant ou que Johnny Hallyday se fit draguer par Francis Bacon! D’autres se révèlent parfois honteuses comme la visite de Walt Disney à Mussolini ou de Goebbels sur un tournage de Fernandel! Mais on découvre aussi comment Poulidor mettait Dali en transe et comment Mohamed Ali intimidait Gainsbourg. Et puis surtout que Fidel Castro était,  pour Ava Gardner, un virtuose de l’amour! Un ouvrage drôle mais aussi très bien documenté puisqu’on y retrouve même des détails comme la marque de dentifrice de Mussolini ou les posters qui décoraient la chambre d’ado de Johnny! Bref un peu de culture rigolote à étaler lors de diners!

Christelle

“Les dictateurs font très bien l’amour” de Matthias Debureaux, éditions Nil, 246 pages, 19 €

Cote: 4/5

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