Une touche de surréalisme à la belge

 

© Charlotte Collin

Une femme qui pêche des poissons dans le gazon, un cardiaque qu’on réanime à grands coups de sacs de frites et les rhinocéros qui volent en deltaplane… Le premier roman de Christophe Ghislain est teinté d’un accent surréaliste bien de chez nous.

 

Sortir un premier roman et qui plus est pour la rentrée littéraire, qu’est-ce que cela fait?
«Beaucoup de bien! Cela a été beaucoup d’attente, en particulier entre le moment où je l’ai envoyé et aujourd’hui. Donc cela fait plaisir, c’est plein de nouvelles sensations. Maintenant j’attends de voir!»

Comment vous en est venue l’idée?
«Je l’ai eue pendant mes études de cinéma. On devait imaginer pas mal de projets pour en venir à les mettre en scène et les filmer. C’est à ce moment-là que m’est venue l’ébauche de l’idée du rhinocéros qui a pas mal évolué par la suite. Après cela, l’idée a mûri. Puis quand j’ai eu fini mes études, je me suis attelé à l’écriture du roman.»

C’est un roman très visuel. Pourquoi en avoir fait un livre justement en non un scénario, vu vos études?
«La première image qui m’est venue, c’est celle de l’accident de voiture avec le rhinocéros. À partir de là, deux trois petites idées ont suivi. Mais je me suis rapidement rendu compte qu’en faire un film serait difficile. Et puis, pendant mes études, on avait aussi pas mal de cours d’écriture de scénarios, et j’y ai pris goût. C’est devenu une sorte d’évidence.»

Maintenant que le livre est écrit, il pourrait malgré tout être adapté et devenir un film?
«Je n’en sais rien. On me pose beaucoup la question, vu mon parcours. Cela me ferait plaisir. Quand à ma participation, je ne sais pas.»

Le personnage de Gibraltar est arrivé tôt?
«Gibraltar est arrivé dans les prémices de la construction du projet. C’est d’abord parti de lui et de son histoire. L’Esquimau et Emma sont venus ensuite. Ils faisaient partie de l’histoire dès le départ, mais l’idée d’en faire aussi des narrateurs est venue après.»

Certaines images, dont celle du rhinocéros, peuvent paraître un peu surréalistes. C’est votre côté belge?
«Peut-être bien! Je n’écris pas pour revendiquer un quelconque patrimoine culturel, mais on est tous un peu déterminé par l’endroit où l’on vit. Donc j’imagine qu’il doit y avoir un côté belge!»

Vous avez déjà une idée pour votre prochain roman?
«Il est en cours d’écriture, donc c’est même plus qu’une idée! Mais c’est encore trop tôt pour en parler…»

Christelle Dyon

EN QUELQUES LIGNES
«La colère du rhinocéros» raconte l’histoire de Gibraltar qui a quitté son village natal il y a 17 ans. Aujourd’hui, il est de retour pour tenter de retrouver son père. Mais il se rend compte rapidement qu’il n’est pas le bienvenu dans ce bled. Il faut dire qu’arriver à bord d’un corbillard transportant dans le coffre un macchabée qui plus est volé n’était peut-être pas le meilleur moyen de faire son entrée dans ce village aux habitants plutôt hostiles aux excentricités. À peine arrivé dans ce décor désertique qu’il percute un rhinocéros. Et tandis que Gibraltar entreprend de reconstruire pierre par pierre le phare érigé par son père au beau milieu de son pré, son passé enfoui refait petit à petit surface. Un passé qui se construit pièce par pièce, raconté à tour de rôle par Gibraltar bien sûr, mais aussi la ravissante Emma et l’énigmatique Esquimau. Entre une femme qui pêche des poissons dans le gazon, un cardiaque qu’on réanime à grands coups de sacs de frites et les rhinocéros qui volent en deltaplane, le livre est certes à déconseiller aux esprits trop rationnels. Mais ce récit fantaisiste décrit pourtant avec beaucoup d’humour la quête du père et les méandres de vies ruinées. Une touche d’originalité incontestablement pour cette rentrée!

«La colère du rhinocéros», de Christophe Ghislain, éditions Belfond, 336 pages, 19,50 €

Cote: 3/5

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