Paul-Loup Sulitzer se serait-il inspiré de sa propre expérience pour son dernier roman? Dans «Money 2», on retrouve son héros milliardaire Franz Cimballi, créé il y a trente ans, devenu un homme ruiné. Mais cette fois, fini l’argent sale: Cimaballi entend bien gagner sa vie proprement et imagine pour cela une banque universelle, où 30% des bénéfices sont reversés à une cause humanitaire…
Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire vivre à Franz Cimballi de nouvelles aventures?
«C’est la crise mondiale, parce que c’est un personnage plein d’humour, qui est un financier atypique, un danseur, pour qui l’argent n’est finalement pas une finalité. Et je trouve que la crise mondiale et tout ce qui s’est passé se prêtaient bien à ce personnage.»
L’idée de Franz Cimballi de créer une banque humanitaire serait réalisable?
«Il y a déjà dans le monde des banques islamistes, sans être fondamentalistes, qui commencent à pratiquer ce genre d’investissements. Et je pense que plus on va aller de l’avant, plus les multiples crises continueront, et plus on ira vers ce type de démarche. Moi, j’ai écrit il y a trente ans que l’écologie sera lorsqu’elle serait adaptée au monde où l’on vit. Mais je crois que c’est un très bon concept. Par exemple, le Pérou a annoncé avoir découvert un gisement de pétrole en Amazonie, l’un des plus importants du monde. Et il propose de ne pas l’exploiter à condition que les gens qui veulent sauvegarder l’environnement participent à l’économie du pays sans qu’on n’exploite le gisement.»
Ce thriller est estampillé premier thriller 100% bio…
«C’est un clin d’œil au contenu, qui démontre que l’écologie, le bio, peuvent être non seulement nécessaires mais aussi absolument inscrits dans l’avenir économique!»
Dans quel genre alors le classeriez-vous? Thriller bio ou western financier?
«Il n’y a pas vraiment de mot pour le classer. On peut dire que c’est un thriller bio qui est lié aux événements actuels.»
Gagner de l’argent proprement, c’est donc possible?
«C’est difficile. Mais c’est possible.»
Au début du livre, Cimballi passe de milliardaire à homme ruiné, se voyant obligé de repartir à zéro. On peut y voir un parallèle avec votre propre expérience et vos problèmes financiers et judiciaires?
«Oui, tout à fait! Cimballi a toujours été mon frère jumeau, y compris dans le premier livre ‘Money’.»
Aujourd’hui, vous êtes de nouveau un homme riche vous aussi alors?
«Cela ne va pas aussi vite. Les oiseaux ne volent que quatre heures par jour. Mais la vie est formidable, avec ou sans fric!»
A voir la personne qui vous accompagne, vous avez retrouvé l’amour dirait-on…
«Oui, je vous présente Annabelle, qui est ma fiancée, une jeune femme issue des milieux financiers.»
Annabelle: «Je tiens à préciser, quand il dit qu’il a retrouvé l’amour, -c’est ma petite touche personnelle-, c’est que cette fois c’est réciproque. La réciprocité des sentiments, la bienveillance… Cela, c’est atypique chez lui. Il n’a pas du tout connu cela avant.»
Entre le personnage du Turc et Cimballi qui hésite entre Sarah et Ute, on pourrait croire que vous prôner un peu la bigamie, non?
«Oh non! Franz Cimballi et le Turc sont des gens vrais, mais des personnages de roman. Non, je ne prône pas la bigamie!»
Avoir frôlé la mort, cela a changé votre vision de la vie?
«Quand on vient vous dire que vous allez mourir, que la mort arrive et que ce n’est pas du bidon, on se rend compte qu’on a passé sa vie à courir après des valeurs qui n’étaient pas forcément essentielles. Aujourd’hui, les sentiments, les valeurs familiales, sont plus importants pour moi que l’argent qui n’est qu’un moyen. On dit qu’on frappe la monnaie. Pour moi, l’argent est la liberté de frapper.»
Ce roman semble prouver que vous êtes bien remis de vos attaques cérébrales. C’est le cas en effet?
«J’ai eu deux attaques, totalement mortelles, et miraculeusement, je suis un survivant! Donc apparemment, je me suis remis, j’ai récupéré toutes mes facultés, même si j’ai encore des petites séquelles, notamment d’élocution parfois.»
On vous a reproché autrefois de ne pas écrire vos romans. Aujourd’hui après votre attaque, certains ne pourront pas s’empêcher de se poser la question…
«Vous savez, la personne qu’on disait être mon nègre est morte il y a vingt ans. Shakespeare disait ‘beaucoup de bruit pour rien’… Il y a une autre expression qui dit ‘Une tempête dans un verre d’eau’. J’ai vendu 60 millions d’exemplaires, y compris en Chine, je n’ai pas de complexe. Si c’était si facile, tout le monde prendrait des nègres!»
De nouvelles aventures sont déjà au programme pour Frans Cimballi? Après «Money 2»
pourrait venir un «Cash 2», «Fortune 2», etc.?
«(Rires) Et Rocky 40 aussi? Non, ce n’est pas systématique! Cimballi est un personnage très actuel. Pourquoi aller créer d’autres personnages quand vous avez un personnage actuel? Il y a une réédition qui est en cours de ‘Money’, ‘Cash’, ‘Fortune’ et ‘Duel à Dallas’ qui sera lancée au mois de juin.»
«Money» est devenu un film. Cela pourrait être le cas aussi pour «Money 2»?
«Il y a des producteurs qui sont extrêmement intéressés pour remettre en scène les personnages dans les événements actuels. Mais tant que cela n’est pas fait, fidèle à mes habitudes, je ne dis rien!»
Vous avez déjà d’autres projets?
«Oui. Je suis occupé depuis deux ans à écrire mes mémoires. Mais c’est très difficile. Il ne s’agit pas de faire un livre à ma gloire. On s’en fout! Mais c’est toujours difficile quand on a un minimum d’éducation de parler des autres. Il y a une espèce de pudeur à dévoiler les gens qu’on a rencontrés. Mais je le fais, petit à petit. Et j’espère qu’au bout d’un an, un an et demi, je serai prêt. Parce que ma vie est un vrai roman. Peut-être le meilleur, que je n’ai pas encore écrit!»
Christelle
En quelques lignes
Martin Yahl a de nouveau frappé et Franz Cimballi, le héros créé par Paul-Loup Sulitzer il y a trente ans, se retrouve une nouvelle fois complètement ruiné. Mais Cimballi n’est pas du genre à se laisser abattre et il est bien décidé à redevenir milliardaire, et cette fois, proprement. Fini l’argent sale: il entend désormais lancer une banque mondiale qui ne fonctionne qu’en ligne, et redistribue 30% de ses bénéfices à des œuvres humanitaires. Il suffit d’y ouvrir un compte pour en devenir actionnaire. Grâce à la Cimballi Bank, Franz Cimballi devient rapidement une star planétaire. Mais cette idée est loin de plaire à tout le monde et le héros de «Money», «Cash!», «Fortune» et «Duel à Dallas», qui s’est entouré de ses anciens complices comme les Chinois Li et Liu, le Turc, la belle Sarah et la non moins séduisante danoise Ute, échappe à plusieurs tentatives d’attentats. Un nouveau western financier estampillé 100% bio et très réussi pour le Français Paul-Loup Sulitzer qui, à 64 ans et après une attaque cérébrale, un divorce et des démêlés judiciaires dans le cadre de l’Angolagate, signe son retour avec cette nouvelle danse folle qui nous emmène aux quatre coins de la planète, des pieds du Kilimandjaro à la Nouvelle Calédonie, en passant notamment par l’Angleterre, les Etats-Unis et la Roumanie.
















































