Clair de Plume

Blog littéraire

Archive pour mai 2010

Sulitzer ressuscite son jumeau dans “Money 2″

Publié par clairdeplume le 31 mai 2010

 
 

© John Foley/ Opale/ Editions du rocher

Paul-Loup Sulitzer se serait-il inspiré de sa propre expérience pour son dernier roman? Dans «Money 2», on retrouve son héros milliardaire Franz Cimballi, créé il y a trente ans, devenu un homme ruiné. Mais cette fois, fini l’argent sale: Cimaballi entend bien gagner sa vie proprement et imagine pour cela une banque universelle, où 30% des bénéfices sont reversés à une cause humanitaire…

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire vivre à Franz Cimballi de nouvelles aventures?

«C’est la crise mondiale, parce que c’est un personnage plein d’humour, qui est un financier atypique, un danseur, pour qui l’argent n’est finalement pas une finalité. Et je trouve que la crise mondiale et tout ce qui s’est passé se prêtaient bien à ce personnage.»

L’idée de Franz Cimballi de créer une banque humanitaire serait réalisable?

«Il y a déjà dans le monde des banques islamistes, sans être fondamentalistes, qui commencent à pratiquer ce genre d’investissements. Et je pense que plus on va aller de l’avant, plus les multiples crises continueront, et plus on ira vers ce type de démarche. Moi, j’ai écrit il y a trente ans que l’écologie sera lorsqu’elle serait adaptée au monde où l’on vit. Mais je crois que c’est un très bon concept. Par exemple, le Pérou a annoncé avoir découvert un gisement de pétrole en Amazonie, l’un des plus importants du monde. Et il propose de ne pas l’exploiter à condition que les gens qui veulent sauvegarder l’environnement participent à l’économie du pays sans qu’on n’exploite le gisement.»

Ce thriller est estampillé premier thriller 100% bio…

«C’est un clin d’œil au contenu, qui démontre que l’écologie, le bio, peuvent être non seulement nécessaires mais aussi absolument inscrits dans l’avenir économique!»

Dans quel genre alors le classeriez-vous? Thriller bio ou western financier?

«Il n’y a pas vraiment de mot pour le classer. On peut dire que c’est un thriller bio qui est lié aux événements actuels.»

Gagner de l’argent proprement, c’est donc possible?

«C’est difficile. Mais c’est possible.»

Au début du livre, Cimballi passe de milliardaire à homme ruiné, se voyant obligé de repartir à zéro. On peut y voir un parallèle avec votre propre expérience et vos problèmes financiers et judiciaires?

«Oui, tout à fait! Cimballi a toujours été mon frère jumeau, y compris dans le premier livre ‘Money’.»

Aujourd’hui, vous êtes de nouveau un homme riche vous aussi alors?

«Cela ne va pas aussi vite. Les oiseaux ne volent que quatre heures par jour. Mais la vie est formidable, avec ou sans fric!»

A voir la personne qui vous accompagne, vous avez retrouvé l’amour dirait-on…

«Oui, je vous présente Annabelle, qui est ma fiancée, une jeune femme issue des milieux financiers.»

Annabelle: «Je tiens à préciser, quand il dit qu’il a retrouvé l’amour, -c’est ma petite touche personnelle-, c’est que cette fois c’est réciproque. La réciprocité des sentiments, la bienveillance… Cela, c’est atypique chez lui. Il n’a pas du tout connu cela avant.»

Entre le personnage du Turc et Cimballi qui hésite entre Sarah et Ute, on pourrait croire que vous prôner un peu la bigamie, non?

«Oh non! Franz Cimballi et le Turc sont des gens vrais, mais des personnages de roman. Non, je ne prône pas la bigamie!»

Avoir frôlé la mort, cela a changé votre vision de la vie?

«Quand on vient vous dire que vous allez mourir, que la mort arrive et que ce n’est pas du bidon, on se rend compte qu’on a passé sa vie à courir après des valeurs qui n’étaient pas forcément essentielles. Aujourd’hui, les sentiments, les valeurs familiales, sont plus importants pour moi que l’argent qui n’est qu’un moyen. On dit qu’on frappe la monnaie. Pour moi, l’argent est la liberté de frapper.»

Ce roman semble prouver que vous êtes bien remis de vos attaques cérébrales. C’est le cas en effet?

«J’ai eu deux attaques, totalement mortelles, et miraculeusement, je suis un survivant! Donc apparemment, je me suis remis, j’ai récupéré toutes mes facultés, même si j’ai encore des petites séquelles, notamment d’élocution parfois.»

On vous a reproché autrefois de ne pas écrire vos romans. Aujourd’hui après votre attaque, certains ne pourront pas s’empêcher de se poser la question…

«Vous savez, la personne qu’on disait être mon nègre est morte il y a vingt ans. Shakespeare disait ‘beaucoup de bruit pour rien’… Il y a une autre expression qui dit ‘Une tempête dans un verre d’eau’. J’ai vendu 60 millions d’exemplaires, y compris en Chine, je n’ai pas de complexe. Si c’était si facile, tout le monde prendrait des nègres!»

De nouvelles aventures sont déjà au programme pour Frans Cimballi? Après «Money 2»
pourrait venir un «Cash 2», «Fortune 2», etc.?

«(Rires) Et Rocky 40 aussi? Non, ce n’est pas systématique! Cimballi est un personnage très actuel. Pourquoi aller créer d’autres personnages quand vous avez un personnage actuel? Il y a une réédition qui est en cours de ‘Money’, ‘Cash’, ‘Fortune’ et ‘Duel à Dallas’ qui sera lancée au mois de juin.»

«Money» est devenu un film. Cela pourrait être le cas aussi pour «Money 2»?

«Il y a des producteurs qui sont extrêmement intéressés pour remettre en scène les personnages dans les événements actuels. Mais tant que cela n’est pas fait, fidèle à mes habitudes, je ne dis rien!»

Vous avez déjà d’autres projets?

«Oui. Je suis occupé depuis deux ans à écrire mes mémoires. Mais c’est très difficile. Il ne s’agit pas de faire un livre à ma gloire. On s’en fout! Mais c’est toujours difficile quand on a un minimum d’éducation de parler des autres. Il y a une espèce de pudeur à dévoiler les gens qu’on a rencontrés. Mais je le fais, petit à petit. Et j’espère qu’au bout d’un an, un an et demi, je serai prêt. Parce que ma vie est un vrai roman. Peut-être le meilleur, que je n’ai pas encore écrit!»

Christelle

En quelques lignes
Martin Yahl a de nouveau frappé et Franz Cimballi, le héros créé par Paul-Loup Sulitzer il y a trente ans, se retrouve une nouvelle fois complètement ruiné. Mais Cimballi n’est pas du genre à se laisser abattre et il est bien décidé à redevenir milliardaire, et cette fois, proprement. Fini l’argent sale: il entend désormais lancer une banque mondiale qui ne fonctionne qu’en ligne, et redistribue 30% de ses bénéfices à des œuvres humanitaires. Il suffit d’y ouvrir un compte pour en devenir actionnaire. Grâce à la Cimballi Bank, Franz Cimballi devient rapidement une star planétaire. Mais cette idée est loin de plaire à tout le monde et le héros de «Money», «Cash!», «Fortune» et «Duel à Dallas», qui s’est entouré de ses anciens complices comme les Chinois Li et Liu, le Turc, la belle Sarah et la non moins séduisante danoise Ute, échappe à plusieurs tentatives d’attentats. Un nouveau western financier estampillé 100% bio et très réussi pour le Français Paul-Loup Sulitzer qui, à 64 ans et après une attaque cérébrale, un divorce et des démêlés judiciaires dans le cadre de l’Angolagate, signe son retour avec cette nouvelle danse folle qui nous emmène aux quatre coins de la planète, des pieds du Kilimandjaro à la Nouvelle Calédonie, en passant notamment par l’Angleterre, les Etats-Unis et la Roumanie.

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Une comédie sur le football

Publié par clairdeplume le 30 mai 2010

Bien de saison, cette comédie nous plonge dans le monde du football, non pas du côté des stars du ballon rond, mais bien de celui des anonymes. Footballeur amateur, Antoine Courant aime ce sport depuis l’enfance. Muté dans une administration de province, il intègre le CGAS, l’équipe du Conseil général qui a la particularité de perdre tous ses matchs. Jusqu’au jour où les joueurs confient leur sort à… une femme, enceinte de surcroît… et remportent enfin la victoire suprême! Pour son premier roman, Bruno Heckmann pose son regard chargé d’autodérision sur ce sport capable de déchaîner toutes les passions. Alors si la prochaine Coupe du monde et tout le matraquage médiatique qui va avec ne vous ont pas (encore) rendus allergiques au football, cette comédie corrosive vous occupera entre la retransmission de deux matches…

Christelle

«Un Footballeur», de Bruno Heckmann, éditions Belfond, 216 pages, 16 €

Cote: 3/5

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Un amour étrange

Publié par clairdeplume le 29 mai 2010

Paul, jeune et fringuant avocat, échoue au Osgood’s Bar après une laborieuse journée de travail. Ce bel étalon est abordé par une femme âgée d’une quarantaine d’années et franchement laide. Mère de famille, divorcée, elle relève le défi lancé par ses collègues d’usine avec qui elle a pris pour habitude de prendre un verre avant de rentrer à la maison. Etrangement, le courant semble plutôt bien passé entre Paul et Sarah. Un verre en amène un autre et au fil des rencontres qui se multiplient le beau et la bête deviennent amant. Tout se passe bien au lit, mais Paul semble peu enclin à présenter Sarah à sa famille et ses amis. La honte prend le dessus. Etrange histoire d’amour que Grégory Mardon met en images d’après une nouvelle de Russel Blanks. L’univers dépeint sobrement en noir et blanc reflète avec justesse l’atmosphère glauque et malsaine de cette relation amoureuse.

Anne-Sophie

« Sarah Cole. Une histoire d’amour d’un certain type », de Grégory Mardon, d’après une nouvelle de Russel Blanks, éditions Futuropolis, 78 pages, 17 €

Cote : 3/5

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De la télé à la réalité

Publié par clairdeplume le 28 mai 2010

 

© Béatrice Cruveiller

Après avoir écrit des scénarios de séries et joué dans «Navarro» et «Père et Maire», Christian Rauth publie un roman sur… des séries. Le héros, un acteur qui interprète le flic dragueur d’une célèbre série policière. Un air de déjà-vu?

Comment est né ce livre?

«Il y a trois ans, Michel Lafon m’a demandé d’écrire un livre. Je n’avais pas vraiment de sujet. Je leur ai dit que si je pensais à quelque chose… Puis d’un seul coup, j’ai eu le déclic. Mais j’ai mis deux ans et demi à l’écrire, car je travaillais en même temps sur des scénarios pour la télévision.»

Quel a été ce déclic?

«J’ai assisté un jour à une scène assez désagréable avec un acteur, dont je ne citerai pas le nom parce que cela n’a aucun intérêt et que mon livre ne traite pas de lui mais d’un ensemble d’acteurs qui se comportent un peu de la même façon. Ces acteurs, qui sont devenus de très grandes vedettes, perdent malheureusement parfois le sens commun. Ils ne réalisent pas que le monde ne tourne pas autour d’eux. De temps en temps, ils ont des comportements très difficilement acceptables. Je me suis dit que j’allais écrire un livre partant de cette incompréhension. On a donc cet acteur, qui humilie un autre acteur dans une scène. Puis cet acteur se fait tuer et on pense que c’est l’acteur humilié qui est le coupable…»

Pourquoi avoir décidé d’en faire un livre plutôt qu’un scénario?

«Parce que j’avais à raconter dans ce livre-là ne peut pas rentrer dans le cadre d’un scénario de télévision. En France, il y a une espèce de tabou qui veut qu’on ne parle pas de la télévision à la télévision. Et comme cela concerne un peu les séries tv, la façon dont cela se passe, les relations entre les gens…»

Aucune chance alors que le livre soit adapté à l’écran?

«Non, c’est exclu pour la télévision. En revanche pour le cinéma, pourquoi pas.»

Finalement, votre héros a des points communs avec vous puisqu’il joue un flic dans une série TV…

«Oui, il est acteur d’une série policière depuis des années. Évidemment, je me suis servi de mon expérience. Mais cela reste quand même une fiction. Le héros ne me ressemble pas tout à fait. Et puis surtout, il y a deux volets dans le livre, la fiction et puis la réalité. J’ai fait un gros travail de recherche sur la police française. J’ai passé beaucoup de temps à la police judiciaire à Marseille. Ils ont été très gentils, ils m’ont accueilli dans leur bureau, m’ont montré plein de choses… »

Vous vous êtes aussi un peu inspiré de votre ami Daniel Rialet, avec qui vous avez joué dans «Navarro» et «Père et maire»?

«Il y a aussi un hommage à Daniel Rialet, mon ami disparu qui se retrouve un personnage de fiction dans ce livre. Cela a été l’occasion pour moi de continuer à jouer avec lui pendant deux ans et demi.»

Le titre du livre, «Fin de série», c’est un clin d’œil à la fin de «Père et Maire»?

«Pas du tout, puisque le titre existait il y a trois ans. C’est donc un hasard. Ou alors une prémonition!»

Vous avez d’autres projets?

«De séries, j’en ai plusieurs, mais c’est très compliqué. Les gens qui décident changent d’opinion assez régulièrement donc on ne sait jamais ce qu’ils veulent! J’ai aussi un roman sur le feu. Mais il n’est pas encore écrit, il est juste dans la tête… Et puis, j’ai un projet de comédie.»

Christelle 

En quelques lignes

Après avoir incarné un flic à l’écran dans une série policière, Rob Marin va devoir jouer les enquêteurs dans la «vraie vie». Son meilleur ami, l’acteur Lucas Kalou, est accusé du meurtre de la star de la série, Eddy Ordo. Les deux hommes tournaient une prise d’otages. Mais les balles que Lucas devait tirer sur la star pour les besoins de la scène avaient été remplacées par de vrais projectiles. En quelques jours, la culpabilité de Lucas Kalou est établie. Or, il est mort lui aussi dans la fusillade du tournage et n’est plus là pour se défendre. Rob refuse d’y croire et décide de refaire l’enquête. Mais entre jouer un flic à la télévision et dans la réalité, il y a un monde…

«Fin de série», de Christian Rauth, éditions Michel Lafon, 256 pages, 20,35 €

Cote: 2/5

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Trash à souhait

Publié par clairdeplume le 27 mai 2010

«Z» pour «The Zumbies»… En voilà un album complètement déjanté et intrigant. Déjanté par son propos complètement gore. Intrigant par l’anonymat qui l’entoure. Car ce premier opus qui se cache sous une épaisse couverture déchirée par un Z électrisant et vert fluo ne fait point mention des auteurs. Selon le communiqué de presse, « les deux auteurs ont réalisé cet album sous acide et ne l’assument absolument plus ». Leur réputation d’auteurs gentils et grand public en pâtirait trop, paraît-il… Mouais… Mais une chose est sûre, ils se sont défoulés et bien amusés ! Hank, Deborah, Johnny et Dee-Dee, survitaminés au Mother Fucker Cake, forment le groupe hard-punk-metal rock en vogue. En cette année 2023, la banlieue parisienne s’échauffe… Car ce soir le quatuor sorti d’outre-tombe va enflammer (au propre comme au figuré) le Sacré-Cœur rebaptisé le « Holy Rock Empire ». Les grenouilles de bénitier munies de leurs plus beaux crucifix comptent bien faire annuler le concert. Mais leurs attributs religieux ne feront pas le poids face aux tronçonneuses des rockeurs confédérés. Si l’histoire démarre sur les chapeaux de roues, l’on regrettera qu’elle ne trouve pas son épilogue dans ce premier album. Un one shot, nous semble-t-il, aurait fort bien suffi au propos. Un second opus pourrait bien saper l’enthousiasme suscité par cet album peu commun. En un mot comme en cent, « Z », c’est gore, c’est trash et ça fouette. Une publication Fluide Glacial… évidemment !

Anne-Sophie

« The Zumbies », éditions Fluide Glacial, 48 pages, 14 €

Cote : 4/5

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Le comble du cartographe

Publié par clairdeplume le 26 mai 2010

Le comble pour un cartographe est sans doute de se perdre en chemin. Et de terminer dans un motel habité par une faune révolutionnaire qui entend profiter de vos talents pour vous forcer à redessiner les cartes en faveur du pays de leur fantasme. Le premier roman du journaliste bruxellois Julien Oeuillet ne manque pas d’originalité et de suspense. Mais encore faut-il passer au dessus des agaçants tics et des phrases récurrentes de ce narrateur farfelus, qui n’en finit pas de grignoter ses crackers… Amis camarades, vous voilà prévenus!

Christelle

«Revolution Motel», de Julien Oeuillet, éditions de Vinelande, 116 pages, 10 €

Cote: 2/5

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“Lydie, un cadeau des anges du ciel”

Publié par clairdeplume le 25 mai 2010

On connaît le scénariste Zidrou pour ses séries humoristiques «L’Elève Ducobu» ou «Tamara». Avec «Lydie», il nous étonne et nous ravit. Epaulé par le Catalan Jordi Lafebre au dessin, il nous livre une jolie comédie humaine, un brin surréaliste. Camille, simple d’esprit, donne naissance à un enfant mort-né. Anéantie par ce décès, elle reprend vie quelques jours plus tard. Rayonnante, elle déboule au café du coin et annonce à tout le village que les anges du ciel lui ont ramené sa petite Lydie. Les habitants consternés ne savent pas trop comment réagir. Puis, un à un, ils rentrent dans le jeu. Le docteur, l’épicier, la maîtresse d’école, le curé, tous vont se montrer solidaires et agir comme si Lydie était bien vivante.

 Dans «Lydie», on retrouve un Zidrou étonnant, bien loin de «L’élève Ducobu» ou de «Tamara»…

Zidrou: «J’avais besoin de retirer l’étiquette «Ducobu» qu’on m’a collée ou en tout cas d’en coller une autre à côté. En France (un peu moins en Belgique) on considère que si vous faites du «Ducobu» ou du «Léonard», une série du genre, nécessairement vous êtes une espèce d’enfant attardé, vous n’avez pas de culture. Tout ce que vous savez faire, c’est relire vos vieilles bandes dessinées. On est vite catalogué, comme un acteur peut l’être dans un rôle. J’avais besoin d’élargir mon champ d’action. Ce qui ne veut pas dire que je renie «Ducobu», pas plus que «Tamara»!»

 Une statue de la Vierge Marie en guise de narrateur, ça aussi c’est étonnant!

«Le rapport entre la maman qui perd son enfant et Marie qui dans la tradition catholique offre son enfant au monde, est cohérent. Le récit est localisé dans une région indéterminée entre le Nord de la France et la Wallonie, où l’on retrouve souvent de telles petites statuettes. Dans le Borinage -d’où je viens-, chaque quartier et même parfois chaque rue avaient sa statuette. On est dans les années 30, le rapport au catholicisme est évident.»

 Lydie, une fable, un conte?

«C’est complexe de cataloguer un récit. Il peut y avoir plein de choses dans une narration riche. Dans «Lydie», il y a un côté comédie humaine. C’est une histoire touchante. Elle évoque le drame le plus dur que peut vivre un être humain, à savoir la perte d’un enfant. Mais, ici, ce drame est tourné de manière très positive.»

 L’un des sujets de cet album porte sur la solidarité de voisinage…

«Oui. Ce type de solidarité a globalement disparu de France et de Belgique. L’embourgeoisement ne facilite pas la solidarité, c’est le moins que l’on puisse dire. La télé et maintenant l’ordinateur ont favorisé l’isolement des cellules familiales. La richesse et le bien-être entraînent un repli sur soi. Mais quand la difficulté pointe son nez, quand le drame est là, c’est à ce moment-là que peut ressurgir la solidarité. Il faut parfois un drame pour découvrir ou redécouvrir que l’on fait partie d’une communauté.»

 Dans «Lydie», la solidarité veut que tout un quartier joue le jeu et alimente les illusions, voire les délires, d’une simple d’esprit. Le mensonge collectif existe-t-il?

«Tout à fait. La vie n’est faite que de mensonges. Votre métier de journaliste n’est fait que de mensonges. Il s’agit d’une espèce de théâtre de marionnettes permanent où l’on reçoit et n’interviewe que des gens qui ont un soit disant statut ou qui l’ont réellement. La société est théâtralisée. Et plus personne n’ose faire un pas de côté. Tout le monde vit dans cette espèce de mensonge.»

 La fin de l’histoire est surprenante. Que doit-on comprendre?

«Je n’en dirais rien. Cette fin peut remettre en question la lecture qui est faite de l’album. C’est évidemment voulu. Elle doit amener le lecteur à avoir une relecture, à se reposer des questions. Mais en même temps je ne donne pas de réponse définitive. C’est aussi un côté un petit peu belge… Je ne suis pas certain qu’un scénariste français aurait opté pour une telle fin. En Belgique, on ose plus facilement toucher le fantastique ou l’irrationnel. On ose introduire de la poésie dans le quotidien le plus plat.»

 Quelle pourrait être la morale de cette histoire?

«S’il y a une morale, c’est celle-là: on met un genou à terre et on se relève! C’est la vie. Les aléas de l’existence révèlent véritablement les gens. Comme l’amour, l’amitié ne se révèle que dans la difficulté. «Lydie» ne s’inscrit pas dans le négatif, dans la destruction ou l’autodestruction. Il faut rebondir et transmettre des choses positives autour de nous. Il faut retrouver des valeurs.»

 Anne-Sophie

 «Lydie», de Zidrou et Jordi Lafebre, éditions Dargaud, 60 pages, 14,50 €

Cote : 3/5

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Un thriller financier 100% bio pour Paul-Loup Sulitzer

Publié par clairdeplume le 25 mai 2010

Paul-Loup Sulitzer se serait-il inspiré de sa propre expérience pour son dernier roman? Dans «Money 2», on retrouve son héros Franz Cimballi, créé il y a trente ans, qui de milliardaire est devenu un homme ruiné. Mais Cimballi n’est pas du genre à se laisser abattre et il est bien décidé à redevenir milliardaire, et cette fois, proprement. Fini l’argent sale: il entend désormais lancer une banque mondiale qui ne fonctionne qu’en ligne, et redistribue 30% de ses bénéfices à des œuvres humanitaires. Il suffit d’y ouvrir un compte pour en devenir actionnaire. Grâce à la Cimballi Bank, Franz Cimballi devient rapidement une star planétaire. Mais cette idée est loin de plaire à tout le monde et le héros de «Money», «Cash!», «Fortune» et «Duel à Dallas», qui s’est entouré de ses anciens complices comme les Chinois Li et Liu, le Turc, la belle Sarah et la non moins séduisante danoise Ute, échappe à plusieurs tentatives d’attentats. Un nouveau western financier estampillé 100% bio et  très réussi pour le Français Paul-Loup Sulitzer qui, à 64 ans et après une attaque cérébrale, un divorce et des démêlés judiciaires dans le cadre de l’Angolagate, signe son retour  avec cette nouvelle danse folle qui nous emmène aux quatre coins de la planète, des pieds du Kilimandjaro à la Nouvelle Calédonie, en passant notamment par l’Angleterre, les Etats-Unis et la Roumanie.

 Christelle

«Money 2» de Paul-Loup Sulitzer, éditions Du Rocher, 330 pages, 18  €

Cote : 4/5

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Didier van Cauwelaert sur tous les fronts

Publié par clairdeplume le 24 mai 2010

 

© Denis Félix

Actuellement sur tous les fronts, Didier van Cauwelaert a fait une pause entre deux épisodes de sa série pour ados «Thomas Drimm» pour publier une très belle histoire d’amitié et écrire une pièce de théâtre, tandis que s’achève tout doucement l’adaptation cinématographique de son roman «Hors de moi»…

Comment vous est venue l’idée de votre dernier livre, «Les témoins de la mariée»?

«Le point de départ, c’est une histoire vraie qui s’est passée il y a une dizaine d’années. C’est l’histoire d’un homme qui fait la surprise à ses amis de se marier et qui meurt juste avant le mariage. C’est le photographe Jeanloup Sieff qui m’a raconté cette histoire en me disant que c’était un sujet pour moi. Avant de mourir lui-même quelque temps après.»

Et comment le personnage de Yun est-il né?

«Il est né par un autre biais. Cette histoire me travaillait dans la tête depuis dix ans. Mais pour pouvoir l’écrire, il fallait que je sache qui était cette Chinoise. Puis, lorsque mes romans ont été traduits en chinois,  j’ai reçu une lettre chez Albin Michel d’une étudiante chinoise qui avait lu ‘LEvangile de Jimmy’ en chinois, et me demandait si elle pouvait en avoir un exemplaire en français car là-bas, il était introuvable. Elle m’a écrit dans un français un peu bizarre: ‘J’aimerais apprendre le français dans vous’. (Rires) Comment voulez-vous résister? J’ai donc fait en sorte qu’elle apprenne le français dans moi, en lui faisant parvenir le livre. Elle m’a écrit peu de temps après. Ce qui m’a fasciné, c’est la vitesse à laquelle elle a assimilé la langue, mais à travers mon style. J’avais l’impression de lire des lettres écrites par l’un de mes personnages. Et je me suis dit que cela ferait un beau personnage à confronter avec nos cultures vieillissantes et un peu sclérosées. Ces deux idées se sont mariées.»

Vous connaissez bien la culture chinoise.

«Oui. Je l’ai encore approfondie dès le moment où il y a eu l’envie d’écrire ce livre, parce que je ne connais bien que les choses parce que j’écris dessus. L’énergie, la curiosité que je déploie, c’est parce que je suis en train d’écrire une histoire, que les personnages parlent à travers moi et que j’ai envie d’en savoir plus. »

L’amitié est au cœur de ce roman. Vous avez des meilleurs amis comme ceux de Marc qui vous ont inspiré pour ce livre?

«C’est la première fois que je raconte une amitié de groupe. En général mes personnages sont plus des solitaires ou des gens exclus d’un groupe. Cette histoire-ci m’a ramené à une amitié que j’ai vécue, issue du théâtre, un moment très important de ma vie au collège. Je ne peux pas dire que j’ai conservé comme dans le livre quatre relations de cette époque-là, mais il y a au moins encore une personne de cette époque-là présente dans ma vie . Le reste, c’est le travail du romancier!”

C’est un roman à quatre voix.  Dans la peau duquel de ces personnages avez-vous préféré vous glisser ?

«Marlène évidemment! (Rires) Mais au de-là de la notion de plaisir, c’est la notion de distance: essayer de comprendre une femme de l’intérieur, dans son regard sur les hommes. C’est un safari gourmand pour un homme, quelque chose d’important! C’est une rencontre comme on en fait dans la vie, avec en plus le fait d’essayer de voir le monde, les gens avec ses yeux. En même temps, ce n’est pas un hasard si c’est elle qui est le pivot du suspense, entre le lecteur et Yun. C’est la première qui a des doutes, l’intuition. Pour moi, cela ne pouvait venir que d’une femme, parce que les hommes sont trop aveuglés!»

C’est vous qui le dites!

«Oui! Vous pouvez me citer!»

Et vous, jusqu’où êtes-vous prêt à aller pour vos amis ?

 «Il est évident qu’il y a un questionnement dans le livre qui me concerne. Est-ce qu’on peut et est-ce que l’on doit essayer de faire le bien des autres malgré eux? Est-ce que quand on décide que leur vrai talent est là, il faut les bousculer, les obliger à sortir d’eux-mêmes, est-ce qu’on a raison? C’est vrai que je me suis retrouvé moi-même souvent dans cette situation. Plus les gens que j’aime sont heureux et épanoui, plus je suis heureux. Donc parfois, j’essaie de vaincre chez les autres leurs blocages avant d’en venir à me demander si j’ai raison ou pas.»

L’idée du livre, c’est «c’est quand on a tout perdu qu’on se retrouve»?

«Oui, c’est une phrase importante pour moi, dans les deux sens d’ailleurs. On se retrouve dans le groupe, entre amis mais on se retrouve aussi soi-même. L’ambiguïté est intéressante dans la formulation. Je pense que tant qu’on n’a pas perdu l’essentiel, on a toujours peur de le perdre.»

D’où vous vient cet esprit machiavélique ?

«Vous me trouvez machiavélique ? Non.  Je suis tout simple… »

Marc en tout cas, l’est…

«Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le machiavélisme pervers du pouvoir, de l’ego, etc. C’est cette espèce de machiavélisme amoureux ou amical, du metteur en scène. Cette notion de metteur en scène est très importante: ce n’est pas seulement mettre en scène un personnage de fiction, c’est aussi savoir que demander à un être réel pour qu’il puisse incarner le mieux possible le personnage qu’il porte au fond de lui ou la situation pour laquelle il est fait. Donc pour cela, il faut connaître la personne de l’intérieur. Connaître ce qu’il pourrait être et qu’il n’ose pas être. Pour moi, ce n’est pas du tout du machiavélisme péjoratif, c’est un machiavélisme nécessaire, lorsque les gens sont enfermés dans des timidités, des blocages… ou le pire dans de l’orgueil qui empêche de faire quoi que ce soit par peur d’être jugé.»

Où en est le deuxième tome de Thomas Drimm?

«Il est en cours. Il paraîtra en novembre, si tout va bien.»

Comment est né ce personnage?

«Lui aussi, cela fait longtemps que je le portais. Il y a une part de moi quand j’étais enfant, adolescent. Ce côté à la fois très solitaire et très axé sur les autres, sur les jeunes femmes, les adultes pour comprendre comment ils fonctionnent, et sur le monde tel qu’on n’a pas envie qu’il devienne.»

Vous en connaissez déjà la fin?

«Oui. Mais je risque d’avoir des surprises d’ici là. (Rires) Cela peut être une autre fin. Cela arrive souvent dans mes livres. J’ai toujours un plan, une trajectoire. Et souvent, elle évolue!»

Ces aventures sont prévues en cinq tomes?

«Oui, si je tiens le coup!»

Vous avez aussi une nouvelle pièce de théâtre, «Le rattachement», qui sera jouée prochainement à Nice?

«Voilà! On l’a créé à Nice où elle sera jouée du 12 au 20 juin, avec Alexandra Lamy, Mélanie Doutey et Samuel Labarthe. On la reprendra sans doute à Paris la saison suivante.»

Et puis en Belgique?

«C’est très possible!»

Au centre de cette pièce, un personnage controversé de l’histoire, Napoléon III…

«Les personnages controversés m’intéressent. Parce que d’où vient la controverse ? Souvent, ce sont des gens très bien qui gênent des gens moins bien et qu’on charge de tous les péchés et tares du monde. C’est le cas de Napoléon III, dont le bilan est absolument incroyable, et à qui je fais dire dans la pièce: ‘Est-on obligé d’être un grand homme, pour faire de grandes choses?’.»

Et où en est l’adaptation de « Hors de Moi »?

«Ça y est, c’est tourné, avec Liam Neeson et Diane Krueger. Ils ont fini le tournage et ils en sont au montage. Il devrait être sur les écrans en septembre, du moins aux Etats-Unis. Et en septembre ou octobre chez nous.»

Et « L’Evangile de Jimmy »?

«Lui a pris un peu de retard, parce qu’Alexandre Aja, le réalisateur, avait signé d’autres projets entre-temps. Mais on a bon espoir… »

Christelle

En quelques lignes

Telle n’est pas la surprise d’Hermann, Marlène, Jean-Claude et Lucas quand leur meilleur ami, Marc, pourtant séducteur insatiable, leur annonce qu’il va se marier. Mais leur étonnement est encore plus grand quand ils découvrent sur un cliché pris par leur ami, par ailleurs célèbre photographe, que la future mariée est une jeune Chinoise plutôt insipide.  Les quatre acceptent malgré tout de jouer les témoins pour ce mariage qui doit avoir lieu cinq jours plus tard. Oui mais voilà: avant que le mariage n’ait été prononcé, Marc meurt dans un tragique accident de voiture. Il ne reste donc plus à ses meilleurs amis qu’à attendre la fiancée, Yun,  à l’aéroport et lui apprendre la triste nouvelle. Mais alors qu’ils s’apprêtent à briser son rêve, ils s’aperçoivent que c’est elle qui va bouleverser leur vie. Et si Yun n’était pas vraiment la femme qu’elle semblait être? Didier Van Cauwelaert nous livre ici une belle histoire d’amitié bourrée de sensualité, racontée à tour de rôle par les témoins. Bouleversant, l’auteur de “L’évangile de Jimmy” et de “L’éducation d’une fée” fait une pause dans sa série pour ados Thomas Drimm et nous entraîne dans un récit plein de suspense et de machiavélisme. Un très bon cru!

“Les témoins de la mariée” de Didier Van Cauwelaert, éditions Albin Michel, 250 pages, 19 €

Cote: 4/5

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Pour pimenter le quotidien !

Publié par clairdeplume le 24 mai 2010

Voilà un petit livre tout rose au titre engageant: «Love cuisine»! Un livre qui ne promet rien de moins que “des recettes pour booster sa libido ou la maintenir au top”. Car quoi de mieux en effet pour titiller le désir de sa moitié que de lui mitonner de bons petits plats coquins? Au menu de ses chapitres: les jus frais de la rédemption, les desserts de la tentation, les légumes défendus, les céréales du paradis, les protéines du péché, les sauces démoniaques, les tisanes affolantes et les épices de l’enfer. Bref, tout pour pimenter le quotidien!

Christelle

«Love cuisine» de Martine Fallon, éditions Luc Pire, 162 pages, 16 €

Cote: 3/5

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Cherche l’amour en ville

Publié par clairdeplume le 23 mai 2010

On aime beaucoup les dessins faussement gauches de cet album imaginé par deux Bruxellois, le scénario nettement moins. C’est l’histoire de mecs qui cherchent (désespérément une gonzesse). L’un essaie le truc de la montre et est persuadé d’appâter les filles -qui, comme tout le monde le sait, sont hyper vénales- avec une montre qui en jette mais qui est en toc. Le second tente les plans internet foireux. Le troisième plus fleur bleue s’en amourache par écran interposé. Huit petites histoires se succèdent et se superposent pour ne former qu’un seul et même récit où les personnes s’entrecroisent et sont liées entre elles, ne fût-ce que par une connaissance, un peu comme dans la vraie vie. Réalistes également, ces jeunes adultes, personnages médiocres, un peu paumés mais pas tant que ça, qui avancent malgré tout dans leur vie et vivent très bien avec leurs doutes et leurs frustrations, des gens urbains en somme.

Anne-Sophie

«Les gens urbains», de Cornette et Millecamps, éditions Quadrants, 48 pages, 10,50 €

Cote : 2/5

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Yakitori

Publié par clairdeplume le 22 mai 2010

En apéro, au barbecue, pour un buffet ou encore un plateau télé, ces petites brochettes originaires du Japon se déclinent de mille façons… Car si «yakitori» signifie «brochette de poulet» en japonais, on trouve aussi ici des recettes au porc, boeuf et même au filet de maquereau, aux gambas et au fromage! Très faciles à réaliser, ces recettes sont accompagnées de belles photos! Itadakimas! Bon appétit!

Christelle

«Yakitori Mini-brochettes d’Asie», de Jean-François Mallet, album Larousse, 66 pages, 7,90 €

Cote: 4/5

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La bio d’Ahmadinejad

Publié par clairdeplume le 21 mai 2010

Après le succès retentissant de «Ben Laden dévoilé», Mohamed Sifaoui et Philippe Bercovici poursuivent leur collaboration et nous proposent un «Ahmadinejad atomisé» fort bien documenté. L’ouvrage revient sur les cinquante dernières années de l’histoire de l’Iran. Tout commence en 1956 avec le Shah, manipulé par un pouvoir américain peu soucieux de l’avenir des Iraniens. C’est à cette époque que le petit Mahmoud voit le jour, à 80 km de là, à Garmsar. Les auteurs nous relatent ensuite l’avènement des mollahs, la création de la Savak (police politique du Shah mise en place par la CIA), les brimades quotidiennes dont les femmes font l’objet, la persécution des homosexuels, des Bahaïs, la quête obsessionnelle de l’arme atomique. Ils tentent ainsi d’expliquer sur un ton léger, bourré d’humour, le contexte iranien. Ils nous content le soulèvement du mouvement vert qui réclame l’abolition de la Révolution islamique et la naissance d’un Iran laïque et démocratique. Le portrait qu’ils brossent d’Ahmadinejad nous présente un illuminé proche de la folie. Ses sorties provocatrices et souvent inopportunes sont -bien sûr- mises en exergue, mais sans excès. L’ouvrage n’est pas dénué de petits clins d’œil faisant référence à certains épisodes de la politique française. On rit de bon cœur et on en apprend! On regrettera peut-être la dernière planche de l’album qui nous emmène à Téhéran en novembre de cette année 2010 où de manière rocambolesque Ahmadinejad, persuadé depuis toujours d’être le 12e imam, se laisse atomiser…

Anne-Sophie

«Ahmadinejad atomisé. La biographie enrichie», de Sifaoui et Bercovici, éditions 12bis, 84 pages, 15 €

Cote : 4/5

Des mêmes auteurs: “Ben laden dévoilé

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Vintage et fantôme dans le dernier Sophie Kinsella

Publié par clairdeplume le 20 mai 2010

Reine de la chick’ litt’ -comprenez de la littérature pour poulettes-, Sophie Kinsella a délaissé sa très déjantée accro du shopping pour une nouvelle héroïne, Lara, en pleine mauvaise passe. Josh, son fiancé, l’a quittée. Natalie, sa meilleure amie et associée, est partie sans prévenir à l’autre bout de la planète alors que leur agence de recrutement frôle la faillite. Sa très vieille grand-tante, qu’elle a dû voir cinq fois tout au plus, vient de mourir et elle se retrouve obligée d’assister aux funérailles. Et pour courronner le tout, voilà que son imagination se met à lui jouer des tours. Car comment expliquer sinon que le fantôme de cette grande-tante, Sadie, vienne sans cesse lui rendre visite? Sous l’apparence d’une jeune fille tout droit sortie des années vingt, fan de charleston et de soirées cocktail, de belles toilettes et de beaux garçons, cette Sadie est à la recherche d’un de ses colliers et a bien l’intention de hanter sa petite nièce jusqu’à ce que celle-ci parvienne à mettre la main dessus. Histoire d’amour, fantôme et vintage… Certes, l’histoire semble à première vue assez tirée par les cheveux. Mais ses personnages attachants parviennent malgré tout à nous tenir en haleine. Un bon moment de détente pour poulettes!

Christelle

«Très chère Sadie», de Sophie Kinsella, éditions Belfond, collection Mille comédies, 496 pages, 19 €

Cote: 3/5

Pour les confessions de l’auteure, c’est par ici !

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L’engrenage de l’anorexie

Publié par clairdeplume le 19 mai 2010

Si les témoignages d’anorexiques sont légion dans la littérature, ils le sont nettement moins dans la bande dessinée. « La fille invisible », s’il ne se présente pas comme un témoignage -quoique-, traite de ce problème de santé avec intelligence et remet les pendules à l’heure quant à certains clichés ! Une jeune journaliste bossant pour un magazine féminin doit rencontrer un spécialiste des troubles du comportement alimentaire pour boucler un article consacré à l’anorexie. Le lecteur assiste à cette rencontre et profite lui aussi de l’expérience du médecin, des exemples qu’il présente pour étayer ses propos. Il semble évoquer le cas de Flavie, 15 ans, presque 16. Elle sent moche et se trouve pour le moins stupide. Elle décide de profiter des vacances d’été pour entreprendre une transformation en vue de plaire à un garçon dont elle est secrètement amoureuse. Fini les desserts, place à une alimentation saine et légère, place au sport et à un strict contrôle de son corps. Et c’est le début de l’engrenage. Les kilos s’envolent et Flavie s’efface. L’hospitalisation est l’espoir de la dernière chance. Jusque-là, le propos d’Emilie Villeneuve (journaliste mode beauté, tiens tiens…) se tient. Mais le lecteur avisé gobera ensuite difficilement cette rémission présentée comme quasi subite. Flavie est sauvée par un amour d’adolescence… Une ellipse rendue nécessaire par la contrainte d’un nombre de pages limité à 48 ? Dommage… Outre l’éclairage « scientifique », on apprécie le dessin singulier de Julie Rocheleau, fuyant et parfois presque stylisé.

Anne-Sophie

« La fille invisible », de Villeneuve et Rocheleau, éditions Glénat Québec, 48 pages, 9,40 €

Cote : 3/5

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Disparition mystérieuse

Publié par clairdeplume le 18 mai 2010

«Attention! Zone de haute tension psychologique…», prévient la quatrième de couverture de ce thriller. Et mieux vaut prendre l’avertissement au sérieux car l’Allemande Charlotte Link sait en effet comment jouer avec nos nerfs et empiéter sur notre temps de sommeil! Janvier 2002. Elaine, jeune provinciale originaire d’un petit village anglais, disparaît alors qu’elle se rend au mariage de son amie Rosanna à Gibraltar. Cinq ans plus tard, la disparition demeure inexpliquée et Rosanna, par ailleurs journaliste, se voit chargée d’écrire une série d’articles sur plusieurs personnes disparues, dont Elaine. Rosanna y voit l’occasion de savoir enfin ce qui est arrivé à son amie. A-t-elle profité de l’invitation pour mettre les voiles, lassée de jouer les infirmières pour son frère handicapé? Ou bien a-t-elle vraiment été assassinée? Mais remuer le passé n’est jamais sans danger. Et Rosanna ne va pas tarder à l’apprendre à ses dépens. Suspense, revirements de situation et psychopathie… A ne lire que si on a les nerfs solidement accrochés!

Christelle

«La dernière trace», de Charlotte Link, éditions Presses de la Cité, 462 pages, 21,50 €

Cote: 4/5

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Un chat et un chien

Publié par clairdeplume le 18 mai 2010

Dans son nouvel ouvrage pour enfants, Patrice Leo propose une histoire d’amitié entre un chat et un chien. Cette fable animalière ravira les petits. Les dessins sont simples, sans fioritures, mais expressifs, explicites et efficaces. Charly Croquette est un chat joueur. Mais les jours de pluie, il s’ennuie, alors il s’amuse à ennuyer son petit monde, le poisson, la perruche et le hamster. Mais en ce jour de grisaille, un nouvel habitant débarque dans la maison de Charly, il s’agit de Marlon, un petit chiot tout frêle. Les deux bestioles font connaissent, jouent ensemble jusqu’à ce que Charly effraie Marlon qui s’enfuit de la maison et ère dans le voisinage peu hospitalier… Une histoire classique riche en rebondissements qu’il est agréable de lire avant d’aller se coucher !

 Anne-Sophie

 « Charly Croquette », de Patrice Leo, éditions Gallimard Jeunesse Giboulées, 38 pages, 12,50 €

 Cote : 4/5

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