"Re-mind", une nouvelle série d’anticipation

Souriant et décontracté, Andrea Mutti a fait le déplacement de son Italie natale pour la promotion de «Re-Mind», une nouvelle série imaginée et scénarisée par Didier Alcante. C’est avec enthousiasme que le dessinateur évoque ce thriller d’anticipation et d’espionnage. Dans «Re-Mind», la lutte contre le terrorisme semble tout justifier. Et les limites de la technologie sont sans cesse repoussées plus loin, au mépris de toute éthique. Le FBI dispose d’un appareil d’une efficacité redoutable… Basé sur la technologie dite «Re-Mind», il enregistre le film de la vie d’un individu au moment de sa mort. Recherches par mots-clés, arrêts sur images, ralentis, accès aux pensées et rêves les plus intimes de la personne décédée, la foule d’informations est précieuse… voire dangereuse. La série prévoit des cycles de deux tomes à paraître dans la même année. La seconde partie de ce premier cycle est attendue pour octobre et promet d’être riche en rebondissements, nous confie Andrea Mutti.

 

L’histoire démarre sur les événements du 11 septembre. Ces attentats semblent être une source d’inspiration inépuisable…

Andrea Mutti: «Oui on part du 11 septembre, d’un moment historique très touchant qui est encore très présent chez chacun d’entre nous. Mais l’histoire proprement dite démarre dix ans plus tard, dans un avenir qui est très proche. On est en 2011. Le lecteur doit être immergé dans un futur actuel, à peine plus éloigné que le jour d’aujourd’hui.»

On peut parler donc d’anticipation?

«Oui, le nouveau World Trade Center qui est dessiné est le projet qui va être édifié, mais qui n’est pas encore construit. Le récit s’inspire d’une innovation technologique qui en est à ses balbutiements. On a extrapolé et imaginé un appareil pointu utilisé par le FBI qui permet d’enregistrer tout le film de la vie d’une personne lorsque celle-ci passe à trépas. C’est aussi de l’anticipation dans ce sens-là.»

 Le rythme et la narration de «Re-Mind» sont clairement influencés par les séries américaines, comme «24 heures» notamment.

«Avec Didier Alcante, nous avons tous les deux directement pensé à ce rythme-là. «24 heures» est notre référence pour cette série. C’est aussi une manière pour nous d’être proche du lecteur.»

 L’ambiance générale est, elle aussi, très américaine. Pour toujours associer les USA aux développements technologiques et à l’immoralité?

«Les USA, comme le Japon d’ailleurs, sont des pays qui investissent beaucoup dans la technologie. Ils sont toujours à la pointe technologique. Mais les Etats-Unis sont un pays de contradiction. On peut faire tout et son contraire. C’est très contradictoire comme mentalité. Tellement de choses extraordinaires y coexistent que, la plupart du temps, elles s’entrechoquent. Par exemple, au niveau politique, on est passé de George W. Bush à Barack Obama, ces deux hommes ne pouvaient pas être plus différents l’un de l’autre. L’Amérique peut passer d’un opposé à l’autre.»

 Comment un Italien qui vit à Brescia en vient à faire carrière dans le monde de la BD franco-belge et américaine? Les projets sont moins intéressants en Italie? (rires)

«Il y a toujours des projets très intéressants en Italie, mais grâce aux technologies actuelles on parvient à s’enrichir en allant à la rencontre de nouvelles cultures. Il y a dix ou quinze ans, sans internet, travailler avec un Américain était quasiment impossible… Maintenant tout se fait par mail, l’envoi du scénario, l’échange des planches. Grâce à internet, je peux rencontrer des gens et créer des liens avec des personnes du milieu avec qui je n’aurais jamais pu travailler si la technologie n’avait pas été là! C’est vraiment très enrichissant de pouvoir s’immerger dans des cultures différentes via la BD. Tous font le même travail, que ce soit en Italie, en France, en Belgique ou aux Etats-Unis, mais ils le font de manière différente avec un langage différent.»

 On dit que vous êtes un dessinateur particulièrement rapide…

«C’est ma culture italienne! En Italie, les dessinateurs ont un rythme de travail très élevé. On doit livrer environ une centaine de pages par mois. Les Américains ont le même rythme de travail. La cadence est bien plus élevée que celle de la BD franco-belge. Je mets six à sept mois par album pour le marché franco-belge. Une planche en maximum deux jours. C’est un bon rythme. Un rythme idéal qui permet à mon dessin de garder sa fraîcheur, sa spontanéité.»

 Le second tome de «Re-Mind» qui doit sortir en octobre est déjà bouclé alors!

«Oui! (rires)»

 Anne-Sophie Chevalier

 www.andrearedmutti.it

 L’histoire en deux mots:

John Geb sauve des vies humaines. Le 11 septembre 2001, il était de service au pied du WTC. Dix ans plus tard, il travaille toujours comme urgentiste dans le même hôpital new-yorkais. Une nuit, une ambulance apporte des blessés pris dans un attentat à la roquette. Parmi les victimes: son fils Ethan, ex-policier qui a fini en tôle pour vol de drogue… A première vue… Cette même nuit, le FBI déboule à l’hôpital pour récupérer les données enregistrées dans le cerveau d’Ethan. Les agents fédéraux exigent que du médecin qu’il débranche le patient. John Geb découvre alors qu’Ethan était en réalité un agent infiltré dans un groupe terroriste dénommé «Ciel Noir»…

 «Re-Mind, t 1», de Mutti et Alcante, éditions Dargaud, 48 pages, 10,95 € 

Cote : 3/5

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