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Dépoussiéreur de l’histoire de l’Égypte ancienne, l’écrivain français Christian Jacq utilise cette fois son savoir d’égyptologue pour raconter la fabuleuse aventure d’Imhotep, le créateur de la pyramide à degrés de Saqqara.
Après Toutankhamon, Ramsès II et bien d’autres, vous vous intéressez aujourd’hui à Imhotep. Pourquoi lui?
«Parce que c’est l’un des plus grands personnages de l’Égypte ancienne. Hormis les rois, c’est certainement le modèle du sage de l’époque. C’est lui qui, en quelque sorte, invente l’architecture de pierres. Il crée le premier grand monument extraordinaire qu’est la pyramide de Saqqara. Mais en plus d’être architecte, il est aussi artisan, médecin, guérisseur, astronome, astrologue et le patron de tous les scribes. Pendant 3.500 ans, son nom va être magnifié. Donc pour moi, il est à la fois l’image du sage, du grand créateur et le serviteur fidèle de pharaon. C’est un modèle. Il était temps que je lui consacre un livre!»
C’était vraiment l’homme parfait!
«D’une certaine manière, ce qu’il a réalisé, c’est un peu le rêve qu’on a toujours eu d’avoir un homme ‘parfait’, qui maîtrise tous les arts, toute la science de son temps et qui soit en même temps un grand administrateur, un grand serviteur de l’État et un grand créateur. Il est pratiquement à la source de la civilisation égyptienne parce qu’après Imhotep, tous les souverains d’Égypte vont se faire construire des monuments, pyramides ou temples. Imhotep est à l’architecture ce que Mozart est à la musique.»
Il commence petit artisan pour terminer «Frère du roi», pratiquement l’égal du pharaon. Il y a une morale à en tirer?
«Oui. C’est un message assez intéressant, parce qu’on dit aujourd’hui que l’ascenseur social est en panne. Et effectivement, à cette époque-là et pendant l’essentiel de la durée de la civilisation égyptienne, on constate que votre réussite est basée plutôt sur vos qualités, votre talent propre que sur tout autre chose. Aujourd’hui, cela ne l’est pas toujours. Mais ce qui est intéressant aussi, c’est de voir comment ce grand projet, cette pyramide que l’on va construire, permet de créer une cohésion sociale, économique et de créer des inventions. Je me demande parfois si, dans les diverses crises que nous traversons, il ne manque pas un grand projet fédérateur qui permettrait de mettre toutes ces dimensions ensemble.»
Imhotep a aussi en quelque sorte des pouvoirs magiques. Cette part de surnaturel, c’est une façon de combler les mystères liés à la construction des pyramides?
«C’est tout à fait fondamental en ce sens que, pour l’Égypte, le tangible n’est qu’une toute petite partie de la vraie réalité. Il y a les dieux, l’invisible, toute cette dimension ‘surnaturelle’ mais qui ne l’est pas tant que cela. Aujourd’hui, les physiciens nous parlent de la nanotechnologie, de tas de choses que l’on ne voit pas mais qui existent fondamentalement. C’est un peu cela l’Égypte: ils avaient parfaitement compris qu’il y a des forces positives et négatives, qu’ils appellent les dieux. C’est une science de la vie qui ne doit pas être négligée. Et Imhotep évidemment était au fait de toutes ces choses-là.»
C’est le secret de l’éternité?
«Oui, dans le personnage du pharaon, vous avez l’homme qui remplit cette fonction et qui sait très bien qu’il a une vie limitée et va disparaître, et puis il y a la fonction pharaonique elle-même. Cette fonction-là, elle doit s’incarner dans quelque chose qui ne périt pas. En Égypte, on mentionne très souvent dans les textes ‘cette belle pierre d’éternité’. C’est la pierre qui est éternelle, pas l’homme. Et à partir du moment où l’esprit de pharaon est incarné dans ce monument, il ne peut plus périr. Donc c’est vital.»

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Ce livre a aussi un côté thriller, avec l’Ombre rouge à démasquer.
«Oui. L’Ombre rouge aussi est tirée des textes égyptiens, parce qu’il y a ces forces négatives. C’est la synthèse de toutes ces forces négatives. C’est en effet le côté thriller, mais réaliste aussi. À toute construction s’oppose une forme de destruction. La vie est combat: l’Égypte le dit tout le temps. Dès que quelqu’un veut construire quelque chose, il y a des forces contraires qui se manifestent. C’est synthétisé par cette Ombre rouge.»
Vous sentez-vous d’abord écrivain ou égyptologue?
«C’est une question difficile! Forcément les deux parce que l’écrivain demande à l’égyptologue tous les renseignements nécessaires pour écrire son roman. Et l’égyptologue, il continue à travailler pour se tenir au courant de tout. C’est très difficile à dissocier. Disons que l’écrivain a commencé avant l’égyptologue.»
Christelle
En quelques lignes
Petit artisan devenu le bras droit du pharaon Djéser, Imhotep va construire la première pyramide en pierres, celle de Saqqara, et devenir un créateur de l’éternité. Mais une force maléfique, l’Ombre rouge, semble bien décidée à empêcher le pharaon et Imhotep de mener à bien leurs projets. Embûches, sabotages, meurtres et une pincée de surnaturel: tous les ingrédients sont là pour procurer aux amateurs de romans historiques un bon moment d’évasion.
«Imhotep, l’inventeur de l’éternité» de Christian Jacq, éditions XO, 528 pages, 19,90 €
Cote: 3/5
Une nouvelle comédie rocambolesque signée Tom Sharpe
Publié par clairdeplume le 18 février 2010
Christelle
“Le gang des mégères inapprivoisées ou comment kidnapper un mari quand on n’a rien pour plaire”, de Tom Sharpe, éditions Belfond, 240 pages, 19 €
Cote : 2/5
*** A paraître le 4 mars : Un omnibus Tom Sharpe, «Cancres Ltd & Cie», regroupant quatre romans (Porterhouse, Panique à Porterhouse, Le cru de la comtesse, Fumiers et compagnie) de l’auteur en un seul volume. ***
Publié dans Littérature étrangère | Tagué: éditions Belfond, Le gang des mégères inapprivoisées ou comment kidnapper un mari quand on n'a rien pour plaire, Littérature étrangère, livre, Tom Sharpe | 1 commentaire »