Clair de Plume, comme au clair de la plume, mes amis les mots… Derrière ce pseudo ? Deux journalistes, Anne-Sophie Chevalier et Christelle Dyon. Egalement critiques littéraires, elles ont créé sur la vaste toile un petit coin intime dédié à la lecture. Elles y livrent tous les jours (ou presque) leurs dernières découvertes. Des coups de cœur assurément mais aussi parfois des déceptions. Romans, thrillers, livres pour enfants et ados, bouquins de cuisine, BD, mangas et interviews d’auteurs… Il y en a pour tous les goûts !
Citation
«C’est terrible, le bonheur. Quand on y a goûté, impossible de faire comme si on ne savait pas.»
Philippe Besson dans "Retour parmi les hommes" (Julliard)
Le premier tome de «Ghost money» nous avait agréablement surpris, annonçant un thriller contemporain des plus passionnants. A la veille des attentats du 11 septembre 2001, les observateurs des marchés internationaux ont remarqué de curieux mouvements boursiers. Al-Qaïda aurait-il un trésor caché? Le scénario trépidant de ce deuxième opus lui donne une dynamique étonnante. De rebondissement en rebondissement, les pièces du puzzle se mettent doucement en place. Des événements importants se déroulent simultanément en divers endroits de la planète. Chamza, retenue prisonnière dans un hôpital de Shanghaï, a subi une étrange opération des yeux. Son père, le président Azimatov, gardien suprême de la République tashkite, averti du «kidnapping», vole au secours de sa progéniture. De retour dans la demeure paternelle, Chamza fait venir à elle Lindsey, la jeune étudiante anglaise dont elle s’est éprise. L’émir des Lumières rencontre dans une région reculée de l’Afghanistan un vieux chef de guerre qui a bien connu son père. Tous se retrouveront à Dubaï…
Anne-Sophie
«Ghost money, t 2: Les yeux de Chamza», de Smolderen et Bertail, éditions Dargaud, 13,50 €
Ce joli coffret rouge contient… un vibromasseur de poche en forme de rouge à lèvre et une “bague plumes” pour caresser les courbes de votre partenaire ! Et bien sûr aussi un livre coquin intitulé “Les jeux de l’amour et du désir”. Il y est question du jeu amoureux sous toutes ses formes, du plus soft au plus coquin, de la chantilly à la cravache en passant par le canard vibrant et les gels chauffant. Outre la présentation de 16 sextoys et les conseils d’utilisation (pour débutants comme habitués), on y trouve aussi des témoignages… sans oublier quelques exercices pratiques.
“Les jeux de l’amour & du désir”, d’Anne-Charlotte Desruelle, illustrations de Mzelle-Fraise, éditions Michel Lafon, 25,95 €
Cote: 4/5
Le Feng shui dans votre vie amoureuse
Après avoir appliqué les techniques du feng shui mot chinois désignant cet art de vie qui cherche l’amélioration des rapports entre l’homme et son environnement à votre intérieur, vous pouvez aussi y recourir dans votre vie amoureuse. Vous trouverez dans cet ouvrage astuces et techniques afin d’optimiser les meilleures chances de rencontre, favoriser l’harmonie dans le couple et améliorer ses relations en vue d’échanges fructueux et gratifiants. Experte en feng shui, l’auteur y indique où trouver dans son chez soi les espaces où se situent les secteurs de l’amour et quels sont les pièges à éviter en matière d’agencement et de déco. Des conseils qui s’adressent tant aux célibataires qu’aux couples.
Le côté recto, destiné aux femmes, explique comment vanner un homme en 90 leçons. Et le côté verso, réservé à la gent masculine, révèle comment vanner une femme, aussi en 90 leçons. Parmi ces petites plaisanteries pêchées des deux côtés, pour insulter son prochain avec panache, on trouve par exemple que «le seul point commun entre George Clooney et toi, c’est que tu bois du café» ou que «l’homme descend du singe, le singe descend de l’arbre et toi, vu ta tronche, tu as dû rater une branche». Mais aussi «qu’est-ce que je ferais si tu me quittes… à part des économies?» ou «Tu es comme une oeuvre d’art que je ne peux plus encadrer». Des petites méchancetés inofensives, histoire de pimenter la Saint Valentin. Et comme il est réversible, il n’y aura pas de jaloux! Dans le même genre, on trouve aussi deux autres petits guides indispensables, «Pourquoi les hommes veulent du sexe» et son pendant féminin, «Pourquoi les femmes veulent de l’amour», publiés aux éditions First.
«Le petit livre de Comment vanner un homme/une femme en 90 leçons», de François Jouffa et Frédéric Pouhier, éditions First, 160 pages, 2,90 €
Cote: 3/5
Les premières fois de la sexualité
Dans l’histoire de la sexualité, la liste des premières fois est longue! Jugez plus tôt: -1000 avant J.-C: première contraception féminine, une sorte de suppositoire vaginal composé de pâte de levain et d’excréments de crocodile séchés. 1712: premiers préservatifs (à ne pas confondre avec les étuis péniens de l’Antiquité, dont la fonction était de protéger la verge des agressions extérieures comme les morsures). 1869: premier vibromasseur. 1915: premier nu au cinéma. 1950: premières poupées gonflables. De la préhistoire à nos jours, ce beau livre dresse la liste des 100 premières fois de la sexualité au travers de 100 dates et de 300 photos. Il raconte le chemin par lequel le corps a acquis le droit au plaisir, malgré ces empêcheurs d’aimer en rond que sont la morale, la loi ou encore la religion… Un livre entre plaisir et interdit, passion et raison, romance et séduction. A découvrir blotti (e) contre sa moitié.
«Sexualité – Les 100 premières fois», d’Olivier Calon, éditions Gründ, 208 pages, 14,95 €
Le plus grand événement consacré à la bande dessinée se tient jusqu’à dimanche à Angoulême. Le festival qui s’est ouvert jeudi est présidé cette année par Blutch, couronné par le Grand Prix en janvier 2009.
Durant quatre jours, Angoulême devient, comme à chacune de ses éditions, une immense librairie entièrement dédiée à la bande dessinée. Nulle part ailleurs on ne trouve réunis, en un même lieu et au même moment, autant de professionnels du milieu, venus à la rencontre de leur public. Les grandes maisons d’édition se regroupent dans l’espace qui leur est dédié, le Monde des Bulles. Les éditions indépendantes et alternatives s’exposent quant à elles dans le Nouveau Monde. Et puis, il y a aussi les bouquinistes et les exposants du secteur de la para-BD, à savoir les professionnels qui présentent figurines, affiches, sérigraphies, jeux, jouets, cartes et bien d’autres. Le festival international d’Angoulême est certes réputé pour sa qualité et son nombre impressionnant d’exposants, mais aussi pour les multiples animations qui l’entourent. Au programme: des spectacles, des projections audiovisuelles, des dédicaces, des rencontres (beaucoup de rencontres), des ateliers et des concours (autant d’occasions de repérer de jeunes espoirs de la BD) et des expositions. Une grande exposition propose d’explorer le dessin tel que le pratique Blutch, comme une pulsion vitale, deux autres plus ludiques et familiales sont consacrées pour l’une à Léonard, le personnage de Turk et De Groot, pour l’autre aux Tuniques bleues. Citons encore, parmi d’autres, les expositions consacrées à la bande dessinée russe ou aux dessinateurs d’humour. Le Palmarès du festival est, lui, très attendu. C’est ce dimanche que seront attribués les dix prix dénommés les Fauves d’Angoulême. Des prix qui sonnent comme un réel gage de qualité et une vraie reconnaissance du travail fourni par les auteurs du 9ème art. A suivre ce dimanche!
Neuf portraits de femmes, neuf drôles de bonnes femmes. Julie Birmant est partie à la rencontre d’actrices de cinéma et de théâtre, de femmes de lettres ou de bulles, ou encore d’humoristes. Ces femmes l’ont toutes accueillie avec la plus grande simplicité, lui ouvrant leur univers et lui confiant leurs anecdotes. Julie Birmant a retranscrit ces échanges pour les confier à la dessinatrice Catherine Meurice dont les croquis stylisés ne sont point dénués d’humour. Le résultat, très féminin (évidemment), est tendre, sensible, drôle et étonnant aussi. Tous ces petits récits nous livrent un portrait très original et peu commun de ces grandes dames. Yolande Moreau, Amélie Nothomb, Sylvie Joly, Maria Pacôme, Anémone, Tsilla Chelton, Florence Cestac, Dominique Lavanant et Michèle Bernier, se sont toutes prêtées au jeu. Il en valait la chandelle!
Anne-Sophie
«Drôles de femmes», de Birmant et Meurisse, éditions Dargaud, 100 pages, 19,50 €
Vingt ans après “Génération X”, l’auteur canadien Douglas Coupland nous offre une nouvelle plongée dans le monde des geeks à travers une comédie déjantée à l’humour caustique.
Imaginez une bande de collègues informaticiens vraiment atteints qui, quand ils n’ organisent pas des tournois de Tetris pour tuer le temps ni n’écrivent une lettre au clown Ronald McDonald pour lui demander de coucher avec eux, travaillent à la conception d’un jeu vidéo de skateboard.
Parmi eux, le narrateur, Ethan Jarlewski, véritable procrastinateur qui durant ses heures de boulot, s’octroie des siestes sous son bureau ou part pas à la rescousse de sa famille. Une bien belle famille psychotique d’ailleurs (et on sait que l’auteur en connait un rayon dans ce domaine)… Jugez plutôt: la mère d’Ethan cultive du cannabis qu’elle revend à des bikers. Son père, amateur de danse de salon, tourne dans des séries Z. Et son grand frère fricote avec un trafiquant de clandestins chinois.
A noter que Douglas Coupland tient également son propre rôle dans le livre.
Mais ce qui fait la particularité de ce roman -une brique de plus de 500 pages-, c’est surtout ces petits jeux et les nombreuses bizarreries visuelles qui le truffent. On regrettera néanmoins certains passages un peu trop longs qui semblent écrits pour permettre aux lecteurs de sauter des pages sans complexe. Car on est en effet en droit de se demander si cette liste des 8.363 nombres premiers compris entre 10.000 et 100.000 était vraiment bien utile? De même que cette vingtaine de pages remplies de chiffres pris au hasard où un zéro a été remplacé par un O majuscule…
Alors à la question posée à la dernière ligne “Rejouer? O/N”, on a envie de répondre oui… mais seulement avec 300 pages en moins.
Christelle
«jPod», de Douglas Coupland, éditions Au diable vauvert, 521 pages, 22 €
Cote: 3/5
NB: Pour un petit aperçu de jPod, sachez que l’on peut visualiser dans You Tube des extraits de la série télévisée canadienne, issue de l’univers du bouquin.
Après «A.O.C – Assassinats d’Origine Contrôlée», les frères Eric et Richard Le Boloc’h sont de retour avec un nouveau thriller qui nous entraîne dans les arcanes de l’Académie française. Et si les Immortels n’étaient pas si éternels que cela ?
Les Immortels ne seraient donc pas si Immortels que cela…
Eric Le Boloc’h : «Oui, exactement! Les Immortels ne sont pas éternels!»
D’où vous est venue l’idée de ce thriller?
«On était en séance de dédicace avec mon frère. Et c’est parti de l’idée de créer un assassinat dans une maison d’édition. On a pensé que cela pourrait être marrant d’écrire quelque chose d’un peu iconoclaste. Et puis de fil en aiguille, on est passé sur l’Académie française, en se disant qu’on pourrait retrouver toutes les périodes historiques et nous servir des éléments d’architecture, de tout ce qui nourrit nos histoires.»
Vous avez dû faire beaucoup de recherches?
«Oui. On nous a laissé visiter toutes les salles interdites au public. On a pu voir la bibliothèque de l’Institut, rencontrer un certain nombre de personnes… Nous avons rencontré Dominique Fernandez, un académicien. On a rencontré des relieurs de livres anciens, des flics en tout genre… Une fois que tout cela est fait, cela permet d’avoir véritablement le terreau pour constituer.»
Des Académiciens ont lu votre livre?
«On l’a envoyé à l’Académie. Quelqu’un de l’Académie des Beaux-arts l’a lu et il nous a dit qu’il avait appris pas mal de choses, ce qui nous a fait plaisir! Il a même reconnu, au travers des portraits de personnages que l’on fait, certains académiciens!»
Comme qui?
«Il y avait un petit clin d’œil par exemple à Jacqueline de Romilly quand on parle d’Henriette Bazin, une helléniste réputée, même si le personnage n’est pas du tout le même!»
Le fauteuil 22 est-il vraiment maudit ?
«Non! Il n’y a pas de soucis! Il y a eu beaucoup de bruit autour du 41e fauteuil autrefois, qui était le fauteuil des écrivains qui n’ont pas été élus. Le plus célèbre est Emile Zola, qui s’est présenté 23 ou 24 fois et a été battu systématiquement.»
Ecrire à quatre mains, ce n’est pas trop compliqué ?
«Non, c’est assez simple dans la mesure où j’écris avec mon frère Richard. On a un plan très précis, car comme il s’agit d’un polar d’enquête, le lecteur doit pouvoir s’amuser à tenter de découvrir qui sont le, la ou les meurtriers, avec des pistes et des fausses pistes. On fait des fiches très complètes sur les personnages, dans lesquelles on parle même de leur passé, de choses qui n’apparaissent pas dans le livre. Ensuite, on va commencer à écrire. Par exemple Richard écrit le premier chapitre et moi le second, puis je reprends le premier et lui le second. Et ensuite on fait beaucoup de lecture à voix haute. Car c’est ainsi qu’on va trouver le caractère des personnages. Simon Gouriou, qui est académicien, ne parlera pas de la même façon que le flic, Luca Baldi, qui a un langage plus fleuri. A chacun son mode d’expression.»
Vous avez déjà trouvé une idée pour le prochain?
«Oui. On travaille dessus actuellement. On y retrouvera Hyppolyte et Luca Baldi. Et pour la petite anecdote, Luca fera un régime dans l’histoire.»
Christelle
L’histoire en quelques lignes
Le jour de la rentrée de l’Académie française, l’écrivain François Plantin met fin à ses jours alors qu’il devait prononcer un discours sur la féminisation de la langue française. C’est le premier suicide sous la Coupole depuis 1635. Mais s’agit-il vraiment d’un suicide? Le commandant de police Hyppolyte Marie-Rose et son adjoint Luca Baldi mènent l’enquête. A voir: la bande-annonce du livre sur le site des auteurs, mettant en scène sept acteurs.
«Le sang des Immortels», d’Eric et Richard Le Boloc’h, éditions Michel Lafon, 278 pages, 19,50 €
Publié une première fois en 2002, « Vitesse moderne » est réédité dans la collection Aire Libre (Dupuis) et agrémenté de croquis et de propos de l’auteur. Difficile de résumer cette histoire tant elle bifurque rapidement dans la fantasmagorique voire l’absurde. Un soir, à la sortie de son cours de danse, Lola est abordé par Renée. La requête de cette dernière est étrange. Elle l’implore d’accepter d’être le sujet de son nouveau livre. Pour se faire, Renée devra la suivre dans ses moindres faits et gestes des jours durant. Lola, pas enthousiaste pour un sous, accepte toutefois. Renée et Lola vont alors vivre une soirée des plus étranges… Un ouvrage pour lequel il est recommandé de prendre son temps afin de se laisser gagner par le monde moderne un rien folle dingue qu’évoque ici Blutch.
Anne-Sophie
« Vitesse moderne », de Blutch, éditions Dupuis, collection Aire Libre, 112 pages, 14,50 €
Après «La Rebouteuse», le duo Benoît Springer (au dessin) et Séverine Lambour (au scénario) unit à nouveau ses forces et nous livre un récit émotionnellement fort. Les visages de personnages impressionnent d’emblée par les émotions qu’ils véhiculent: joie, mais aussi peur, détresse et incompréhension. Les dessins fixent une atmosphère oppressante, tandis que le drame se joue à plusieurs niveaux. En pleine fête foraine du 14 juillet, Lola, un bébé de six mois, disparaît. Personne n’a rien vu, rien entendu. Le plan «Alerte enlèvement» est lancé. Tout le village parle de ce kidnapping. Tous se sentent concernés. Car tout le monde connaît tout le monde, en ce compris Mélanie, la maman de Lola. Et bientôt les commérages et les suspicions prennent le dessus… «On me l’a enlevée» s’inscrit dans le registre de la tragédie intime. Les non-dits et la suggestion donnent au récit toute son intensité. Brillant.
Anne-Sophie
«On me l’a enlevée», de Springer et Lambour, éditions Vents d’Ouest, 48 pages, 13 €
Après le phénomène «Twilight», voilà une nouvelle série, écrite par un duo féminin, qui pourrait fort bien rendre les adolescentes accros! Sauf que dans «16 lunes», les rôles sont inversés par rapport à la saga créée par Stephenie Meyer: cette fois, c’est un ado humain qui tombe amoureux d’une jeune-fille… surnaturelle. Amies dans la vie depuis que Kami Garcia (photo, à gauche) est devenue la prof des filles de Margaret Stohl (photo, à droite), les deux jeunes femmes, qui vivent à Los Angeles, nous parlent de leurs créatures.
Comment vous est venue l’idée du livre?
Margaret Stohl: «L’idée nous est venue lors d’un lunch avec beaucoup de Coca light et de notes gribouillées sur des serviettes! Nous savions que nous voulions situer notre histoire dans le sud de l’Amérique, parce que c’est un endroit aux Etats-Unis où on a l’impression que de la magie peut se produire.»
Kami Garcia: «Nous avions aussi deux mots: seize lunes.»
C’est le titre donnée en français au livre… Mais pas dans sa version originale. En anglais, c’est «Beautiful Creatures».
M.S.: «’Sixteen Moons’ (ce qui se traduit en français par ’16 lunes’) était notre titre original. Mais aux États-Unis, il y avait déjà beaucoup de livres avec le mot ‘moon’ dans le titre. Il y a une ligne dans le livre où l’un des personnages surnaturels se référent aux mortels comme de ‘belles créatures’, et le nom nous trottait en tête quand on s’est mises à chercher un nouveau titre.»
Pourquoi avoir choisi de raconter l’histoire du point de vue d’Ethan et non de Lena?
K.G. : «On savait que l’on voulait raconteur l’histoire du point de vue d’un garçon, car on voulait faire quelque chose de différent et nous voulions que la fille soit la puissance surnaturelle.»
M.S.: «J’ai grandi avec deux frères, et Kami avec quatre. Nous voulions vraiment faire quelque chose de différent, mais aussi donner à nos lecteurs un aperçu du fonctionnement de l’esprit d’un garçon. Cela nous a mis au défi de penser pour nous-mêmes plutôt que de faire comme les autres livres déjà parus.»
Comment sont nés Lena and Ethan?
M.S.: «Ethan est le garçon avec lequel nous avons toujours voulu sortir ados mais ne l’avons jamais fait. Lena s’inspire des adolescentes présentes autour de nous: mes filles et les élèves de Kami.»
Et comment avez-vous trouvé les noms de personnages?
M.S.: «Pour tous les noms dans nos livres, on a consulté nos arbres généalogiques, en particulier celui plein de noms du sud de Kami. On a aussi recherché des noms Français Créoles, qui sont très typiques du Sud.»
Vous avez fait beaucoup de recherches sur la guerre civile?
K.G.: «Quelques détails historiques, mais on en connaissait déjà pas mal. J’ai toujours eu un intérêt pour l’histoire, et Margie était étudiante en American Studies en troisième cycle à l’université de Yale.»
Les lieux où se déroule l’histoire existent-ils vraiment?
M.S.: «La ville de Gatlin est fictionnelle. La ville la plus proche de Gatlin dans le livre est Summerville qui, elle, est réelle. Les deux villes sont toutes deux juste au nord de la ville de Charleston, en Caroline du Sud, qui existe vraiment également.»
Où vivez-vous? Dans le sud des USA aussi?
K.G.: «Ma famille est originaire d’une petite ville de Caroline du Nord, qui était un Etat du Sud à l’origine. J’y rends toujours visite à ma mère chaque été. Aujourd’hui, Margie et moi habitons toutes les deux à Los Angeles, pas très loin l’une de l’autre.»
Comment vous êtes-vous rencontrées?
K.G.: «On s’est rencontré il y a huit ans, alors que j’enseignais à la fille aînée de Margie. J’ai été leur prof à toutes les trois. Aujourd’hui, nous sommes plus sœurs qu’amies. On se voit pratiquement tous les jours, parce que même quand on n’écrit pas, je reste le prof de lecture de l’école où va la plus jeune fille de Margie.»
Comment vous y prenez-vous pour écrire à quatre mains?
K.G.: «On commence habituellement par un plan plein de couleurs contenant les grandes lignes sur l’énorme tableau blanc dans le bureau de la maison de Margie. Ensuite, on se répartit les scènes et on commence à écrire. Quand nous avons terminé, nous permutons littéralement quelques scènes et nous écrivons par-dessus de travail de l’autre. Je veux dire par là que j’efface, ajoute et change. Un processus qu’on réitère entre 4 à 7 fois par chapitre.»
M.S.: «Quand on en a terminé, on ne peut même plus dire qui a écrit quoi. Un jour, Kami m’a appelée au sujet d’une ligne en particulier qu’elle trouvait moche et qu’elle voulait changer. Et je lui ai dit ‘Je t’en prie, c’est toi qui l’as écrit!»
Warner va faire un film du livre…
K.G.: «Warner Brothers est gigantesque dans le genre fantastique, grâce à ‘Harry Potter’. Et Richard LaGravenese, notre scénariste et directeur, est brillant. Que quelqu’un qui ait adapté CS Lewis adapte notre livre est plus qu’un honneur. Le producteur, Erwin Stoff, est également énormément doué et prolifique. Nous avons énormément de chance.»
Qui jouera Lena, Ethan et les autres?
M.S.: «On s’en tient aux livres, et on fait confiance à Warners pour s’occuper du reste!»
«16 moons» est aussi une chanson…
K.G.: «Oui, c’est une chanson très magique, écrite pour le livre. Vous pouvez la télécharger de iTunes ou de notre site web pour l’entendre!»
Quelle est votre partie préférée du récit?
M.S.: «Je n’ai pas vraiment de partie préférée, mais Ethan and Lena, j’aime chaque fois que Amma et Ethan ou Amma et Macon interagissent. J’aime vraiment ces personnages.»
Vous croyez en la magie?
K.G.: «Je ne sais pas exactement que penser de la magie, mais comme notre personnage Amma, je suis très superstitieuse.»
Et vous êtes fans d’histoires surnaturelles comme «Harry Potter» ou «Twilight»?
M.S.: «Oui, Kami comme moi nous lisons des histoires surnaturelles, et spécialement celles pour ados. Mes filles et moi, nous lisons beaucoup les mêmes livres.»
Vous connaissez la fin de toute l’histoire?
K.G.: «Nous connaissons toute l’histoire, et comment cela se termine. Nous l’avons toujours plus ou moins su.»
Savez-vous déjà combine de livres vous allez avoir besoin pour raconter toute l’histoire?
M.S.: «Nous savons combien de livres il y aura. Nous ne pouvons pas encore révéler le plan de la série, mais nous pouvons dire que nous avons terminé le deuxième livre. Il doit sortir aux USA en décembre 2010.»
Et vous pouvez donner quelques indices croustillants aux lecteurs pour patienter?
M.S.: «Les enjeux sont plus hauts ; c’est un livre très intense. Mais je peux vous dire sans prendre de risque aussi que vous pouvez vous attendre à de l’amour véritable, des cœurs brisés, et beaucoup de pâtisseries!»
Christelle
EN QUELQUES LIGNES
Ethan, 16 ans, vit à Gatlin, un bled du Sud américain. Son père, écrivain, ne sort plus de son bureau depuis la mort de sa femme. Élevé par Amma, une nounou un peu mystique, Ethan est pourtant un ado comme tout le monde, qui joue dans l’équipe de basket de son école, où il a plutôt la cote. Mais l’arrivée de Lena Duchannes, nièce de Macon Ravenwood, le marginal du patelin, va quelque peu perturber son quotidien. Car Ethan reconnaît en Lena le visage de la jeune fille qui hante ses rêves depuis le décès de sa mère… Bien vite, les deux ados vont s’éprendre l’un de l’autre. Ils arrivent à communiquer par la pensée, partagent les mêmes rêves et les mêmes visions. Mais où cet amour les mènera-t-il? Car Lena est destinée à la magie. Et la nuit de sa «seizième lune» -celle de ses seize ans- approche. C’est à ce moment-là que Lena devra choisir son destin… Parviendra-t-elle à lutter contre la lourde malédiction qui semble frapper sa famille? Reste à voir si cette nouvelle saga sera capable de concurrencer «Twilight». C’est ce que semble croire Warner Bross qui a acquis les droits et pense avoir trouvé là un successeur à «Harry Potter». Le livre en version française est quant à lui édité par Hachette Jeunesse, par ailleurs déjà l’éditeur de «Twilight».
«16 lunes» de Kami Garcia et Margaret Stohl, éditions Hachette Jeunesse, collection Blackmoon, 18 €
La Chine, pays aussi vaste que tout un continent, est une terre de contrastes. Coté pile, on découvre la Chine des villes, celle de Pékin et de la Cité interdite, de Hong Kong et des villes historiques de Xian, Pingyao, Chengde, en pleine expansion économique. Côté face, la Chine rurale, celle des campagnes chinoises du Yunnan et du Guizhou qui cultive sa différence. L’auteur, Frédéric Soreau, un reporter photographe spécialisé dans le voyage, nous emmène à travers ce bel ouvrage à la découverte de la société chinoise et des traditions d’un pays en pleine croissance, résolument tourné vers l’avenir. Envie de voyage garantie.
Christelle
«Chine – L’Empire des contrastes», de Frédéric Soreau, éditions Luc Pire, 160 pages, 39 €
Ce beau livre nous offre un voyage dans le temps et nous plonge dans le Bruxelles du début du siècle passé. Au travers de près de 400 cartes postales anciennes, «Bruxelles d’Antan» fait ainsi redécouvrir aux Bruxellois leur ville telle qu’elle était début du xxe siècle. Ce livre nous balade au travers de toutes les communes. On y reconnaît (ou pas!) avec beaucoup d’amusement la Grand-place, le boulevard Anspach, la Bourse et la place de Brouckère, le théâtre de la Monnaie, la gare du Nord et celle du midi, le quartier Sainte-Catherine et l’ancien port, mais aussi le bois de la Cambre et l’avenue Louise, la rue Belliard et le quartier européen. Une partie est également consacrée au quotidien et à l’art de vivre des Bruxellois d’autrefois. Nostalgie pour certains. Amusement pour d’autres!
Christelle
«Bruxelles d’Antan», d’Éric Bournons, HC éditions, 112 pages, 28,50 €
Des toits de la Cathédrale Saint-Michel à ceux de la Basilique de Koekelberg en passant par ceux du Palais des Beaux-arts, de la Tour du Midi ou encore du Palais de Justice: durant trois mois, un jeune photographe bruxellois, Christophe Licoppe, a arpenté les sommets des plus hauts immeubles de la ville. Armé de son appareil photos, il a mittraillé la ville de nuit, à la recherche de clichés exceptionnels. Son travail a donné lieu à une expo (à voir jusqu’au 29 janvier 2010, au BIP – entrée rue Royale 2-4 à 1000 Bruxelles) et à un livre en trois langues (français, néerlandais, anglais) qui nous font découvrir la ville sous un nouvel angle. Une idée originale qui change de la masse d’ouvrages sur notre capitale.
«Bruxelles, la nuit, vue des toits», de Christphe Licoppe, 180° éditions, 132 pages, 29 €
Prune et son grand frère Janus vivent en orphelinat. Un soir, une musique étrange éveille les petits pensionnaires. Braise l’étrange chat les persuade de le suivre dans son royaume pour y rencontrer la reine qui se propose d’être une maman aimante. Tel le joueur de flûte qui mène les rats hors de la ville, Braise le racoleur mène les orphelins vers un village enchanté… Un village forain animé par des saltimbanques où bonbons, gâteaux et confitures sont disponibles à profusion. Mais Prune se méfie… à raison! Très vite, il découvre la vraie nature de ce monde enchanté. Les petits êtres rigolos laissent place à d’horribles monstres et le village enjoué cache un sous-sol des plus ragoûtants. Et la Reine, aussi belle soit-elle, semble quant à elle réserver un atroce destin aux orphelins. Le récit fantastique glisse rapidement dans l’horreur, maintenant l’attention et l’intérêt du lecteur d’un bout à l’autre de l’album au dessin nerveux et expressif. Un premier tome qui laisse présager le meilleur pour cette série signée par Bouton et Fortier lancés à Angoulême.
Anne-Sophie
«Braise, t 1: Maman vous aime», de Bouton et Fortier, éditions Poisson Pilote, 46 pages, 10,95 €
Après s’être attaquée à l’adolescence dans «Miss Saturne» et à la vingtaine dans «Pop heart», Barbara Israël poursuit son exploration des différentes étapes de la jeunesse. On retrouve dans son dernier roman Zeno, Alex et Betty, cette fois dans la trentaine bien tassée. Zeno y est toujours célibataire. Quant au couple formé par Alex et Betty, il traverse une sérieuse crise. Leur grand rêve d’oisiveté ne résiste plus au quotidien, surtout depuis que Manhattan, un chien capricieux, a fait irruption dans leur vie… Un livre plein de flash-back, histoire de bien montrer au lecteur quand l’histoire et l’existence des personnages ont commencé à déraper. Avec toujours un zeste de musique, de Morrissey et des Smiths.
Christelle
«Nos vies rêvées», de Barbara Israël, éditions Flammarion, 329 pages, 18 €
Le nouveau livre flip-flap de Thierry Laval en met plein la vue. Un maximum de couleurs, un maximum de détails et un maximum de petits volets à soulever. Le but? Passer un bon moment bien sûr, mais aussi et surtout développer le sens de l’observation des jeunes enfants. L’objet est fort beau mais le format (215 mm x 345 mm) fort peu pratique pour les bibliothèques. Un détail, il est vrai, dont les enfants se soucient fort peu. Ils s’enquerront davantage de l’histoire du drôle d’autobus qui, à peine le soleil levé, emmène les premiers passagers. Ainsi s’écoule toute la journée: les uns montent, les autres descendent. Le bus, lui, continue sa balade dans des paysages paisibles et changeants. Seuls les voyageurs à l’esprit curieux peuvent découvrir les portes et les trappes secrètes cachées dans l’architecture, les feuillages, les fleurs et les rivières qui donnent accès à un monde merveilleux.
Anne-Sophie
«Le curieux voyage d’un drôle de bus dans le monde fabuleux», de Thierry Laval, éditions Gallimard Jeunesse Giboulées, 18 pages, 15,50 €
« Sisco », une nouvelle série classée « thriller politique » déboule sur un marché déjà fort encombré. Le dessin de Legrain, froid et réaliste, sert fort à propos la thématique. On notera que le scénario de ce premier opus, signé Benec, est somme toute assez banal, même si l’antipathie dégagée par le héros, beau gosse mais cynique et vide de toute émotion, est assez surprenante. La fluidité du récit le rend toutefois fort agréable à lire. Sisco Castiglioni est un agent de la Sécurité nationale un peu spécial…. On pourrait encore le qualifier de tueur au service de l’Etat. Notre homme est chargé de convaincre et de faire taire de quelque manière que ce soit un conseiller du président de la République. Saint-Servan est bien décidé à dévoiler à la presse une affaire des plus chaudes qui pourrait éclabousser l’Elysée. Mais Sisco est surpris en pleine action par un laveur de vitres qui a pris soin de filmer la scène avec son téléphone portable. La chasse à l’homme commence…
Anne-Sophie
« Sisco, t 1 : Ne tirez que sur ordre ! », de Benec et Legrain, éditions Le Lombard, collection Troisième vague, 48 pages, 10,95 €
Un nouveau magazine entièrement dédié à la BD déboule sur le marché. « Kramix », un bimestriel dont le premier numéro paraîtra ce vendredi 22 janvier, se présente comme le « petit bazar graphicomix ». Lancé par Le Lombard, il met l’accent sur l’humour tant au niveau de la forme que du fond. Le 1er numéro « La preuve par les meufs » est un numéro exceptionnel car entièrement réalisé par des filles. Chroniqueuses, scénaristes et illustratrices les plus en vogue ont participé à ces 52 premières pages. Par la suite, la mixité sera de mise. On y retrouvera des auteurs confirmés tels que Coyote, Foerster, Clarka, Nix, Relox et Julien/CDM, etc.
Des livres pour la Saint Valentin !
Publié par clairdeplume le 31 janvier 2010
Un coffret sensuel
“Les jeux de l’amour & du désir”, d’Anne-Charlotte Desruelle, illustrations de Mzelle-Fraise, éditions Michel Lafon, 25,95 €
Cote: 4/5
Le Feng shui dans votre vie amoureuse
«Le Feng Shui de l’amour», d’Astrid Schilling, éditions Pocket, collection Evolution, 242 pages, 7,80 €
Cote: 3/5
L’art d’insulter sa moitié
Le côté recto, destiné aux femmes, explique comment vanner un homme en 90 leçons. Et le côté verso, réservé à la gent masculine, révèle comment vanner une femme, aussi en 90 leçons. Parmi ces petites plaisanteries pêchées des deux côtés, pour insulter son prochain avec panache, on trouve par exemple que «le seul point commun entre George Clooney et toi, c’est que tu bois du café» ou que «l’homme descend du singe, le singe descend de l’arbre et toi, vu ta tronche, tu as dû rater une branche». Mais aussi «qu’est-ce que je ferais si tu me quittes… à part des économies?» ou «Tu es comme une oeuvre d’art que je ne peux plus encadrer». Des petites méchancetés inofensives, histoire de pimenter la Saint Valentin. Et comme il est réversible, il n’y aura pas de jaloux! Dans le même genre, on trouve aussi deux autres petits guides indispensables, «Pourquoi les hommes veulent du sexe» et son pendant féminin, «Pourquoi les femmes veulent de l’amour», publiés aux éditions First.
«Le petit livre de Comment vanner un homme/une femme en 90 leçons», de François Jouffa et Frédéric Pouhier, éditions First, 160 pages, 2,90 €
Cote: 3/5
Les premières fois de la sexualité
Dans l’histoire de la sexualité, la liste des premières fois est longue! Jugez plus tôt: -1000 avant J.-C: première contraception féminine, une sorte de suppositoire vaginal composé de pâte de levain et d’excréments de crocodile séchés. 1712: premiers préservatifs (à ne pas confondre avec les étuis péniens de l’Antiquité, dont la fonction était de protéger la verge des agressions extérieures comme les morsures). 1869: premier vibromasseur. 1915: premier nu au cinéma. 1950: premières poupées gonflables. De la préhistoire à nos jours, ce beau livre dresse la liste des 100 premières fois de la sexualité au travers de 100 dates et de 300 photos. Il raconte le chemin par lequel le corps a acquis le droit au plaisir, malgré ces empêcheurs d’aimer en rond que sont la morale, la loi ou encore la religion… Un livre entre plaisir et interdit, passion et raison, romance et séduction. A découvrir blotti (e) contre sa moitié.
«Sexualité – Les 100 premières fois», d’Olivier Calon, éditions Gründ, 208 pages, 14,95 €
Cote: 4/5
Christelle
Publié dans Loisirs | Tagué: éditions First, éditions Michel Lafon, éditions Pocket, coffret "Les jeux de l'amour et du désir", Comment vanner un homme/une femme en 90 leçons, feng shui, Saint Valentin, valentine | 1 commentaire »