Clair de Plume

Blog littéraire

Archive pour novembre 2009

Dans le feu de Murena

Publié par clairdeplume le 30 novembre 2009

Deux ans que les inconditionnels de «Murena» l’attendaient. Le septième tome de la série qui en comptera 12 au total trône enfin sur les étagères des libraires et tient toutes ses promesses! Néron pleure la perte de sa fille âgée d’à peine quatre mois, Murena fomente sa vengeance, les intrigues se mêlent et Rome s’embrase. Tous les personnages se mettent en place pour bientôt clôturer le deuxième cycle du péplum. Metro a rencontré le duo à qui l’on doit cette excellente évocation de la Rome antique.

Peut-on parler d’album de transition pour ce septième opus?

Philippe Delaby (dessinateur): «Murena peut paraître moins présent visuellement, par contre il est un pilier essentiel de l’histoire, aussi bien au niveau du récit que de la psychologie. Il y a un certain ton dans «Murena» jusqu’au sixième tome, maintenant le ton change. Une série de drames ont changé l’homme. Murena devient vindicatif, vengeur. Graphiquement, il évolue également. Le personnage qui était un praticien noble et un peu lisse devient plus dur, plus creusé, il commet des actes répréhensibles. Cet album transitoire mène vers un drame profond.»

Jean Dufaux (scénariste): «Je parlerais moins de transition. La rythmique a changé. Il y a un ralentissement de la dramaturgie, maintenant tout tourne autour de Rome, de quelques familles et de personnages qui n’appartiennent qu’à ce volume-ci et au volume suivant. La rythmique est différente dans les tomes 7 et 8 par rapport aux premiers tomes et à ceux qui vont suivre, c’est ça qui donne cette impression de transition.»

Un certain flou entoure encore aujourd’hui l’incendie de Rome. Les incertitudes qui demeurent vous ont-elles permis d’introduire des éléments de fiction?

Philippe Delaby: «D’après certains récits, l’incendie est probablement dû à une rixe ou à un événement assez quelconque. On a souvent dit que Néron avait mis le feu à la ville. C’est entièrement faux. On en est quasiment certain aujourd’hui. Mais, il est vrai que Néron désirait une nouvelle Rome. Et puis, l’événement fatidique a eu lieu et lui a insufflé l’idée de tout refaire. L’occasion lui en était enfin offerte.»

Le tome 8 portera-t-il également sur l’incendie?

Philippe Delaby: «Vingt planches sont consacrées à l’incendie. Elles détaillent l’action des vigiles, la foule qui se faufile parmi les ruelles, la panique, les gens qui se jettent dans le Tibre, qui se noient, qui brûlent. C’est un travail assez costaud.»

Jean Dufaux: «Il s’agit là d’un défi technique et surtout artistique pour Philippe!»

Il y a dans «Murena» une envie de faire du cinéma grand spectacle?

Philippe Delaby: ««Murena» est pour moi un fantasme d’adolescent. Dans cette série, il y a clairement un désir visuel. Je dessine ce que j’ai envie de voir. Je suis fort influencé par le cinéma. J’ai vu des tas de films, en l’occurrence des péplums, et j’ai envie de représenter pas mal de choses. Je voulais des séquences à grand spectacle. A la différence du cinéma, on peut tout se permettre en bande dessinée, sans soucis d’argent. On peut mettre autant de figurants qu’on le souhaite, on peut dessiner des décors à foison. Au niveau des moyens, c’est plus simple. Il faut juste beaucoup d’énergie.»

Une différence notable par rapport aux traditionnels péplums: la psychologie de Néron est nettement plus développée…

Jean Dufaux: «On a voulu redémarrer à zéro et faire table rase des clichés.»

Philippe Delaby: «Néron est un personnage torturé, issu d’une famille pour le moins dérangée. Sa mère, manipulatrice, voulait à tout prix le mettre sur le trône, n’hésitant pas à empoisonner ou assassiner au besoin. Néron ne voulait pas être empereur. Il voulait vivre normalement. C’est quelqu’un de fragile qui a vraiment pété les plombs à un moment donné. Il n’a pas eu de chance non plus au niveau de ses rencontres féminines, mis à part avec Actée qui lui a apporté douceur et compréhension.»

L’année 2009 est un bon cru pour «Murena»: un nouvel album, mais aussi une publication en latin…

Philippe Delaby (tout sourire et fier): «C’est un vieux rêve qui apporte une authenticité supplémentaire à notre travail !»

Jean Dufaux: «Claude Aziza, maître à la Sorbonne, a proposé à l’éditeur une traduction en latin. On a bondi sur l’occasion! Deux années de travail ont été nécessaires pour la traduction du premier tome. Il s’agit du latin parlé de l’époque, pas le latin d’avant, ni celui d’après.»

… et il y a aussi ce hors-série du magazine «L’Histoire» consacré à Néron et l’univers de «Murena».

Philippe Delaby: «On en garde une grande fierté. C’est fabuleux pour nous! Illustrer un tel hors série aussi bien expliqué et détaillé avec des images de «Murena», on ne peut pas rêver mieux. C’est la cerise sur le gâteau!»

Anne-Sophie

«Murena, t 7 : Vie des feux», de Dufaux et Delaby, éditions Dargaud, 56 pages, 11,50 €

Cote: 4/5

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Une nouvelle aventure de Blake & Mortimer

Publié par clairdeplume le 29 novembre 2009

Blake & MortimerVacances gâchées pour les célèbres héros de la série Blake et Mortimer créée par Edgar P. Jacobs. Leur pire ennemi, Olrik, s’est évadé de la prison de Jacksonville. Blake part à sa recherche aux Etats-Unis tandis que le professeur Mortimer est invité en Grèce afin d’y percer le secret d’une importante découverte archéologique: les trente deniers de Judas.  S’ensuit une intrigue autour de l’apôtre qui céda à la tentation et dénonça Jésus. Un nouvel ennemi fait aussi son apparition dans cette histoire en deux tomes: Belos Beloukian.  L’expérimenté Jean Van Hamme (Thorgal, XIII, Largo Winch) nous livre ici un récit dans la plus pure lignée des Blake et Mortimer d’Edgard P. Jacobs : intense, mystique, riche en action et très bien construit, tant par la maîtrise des narratifs que des personnages. Le dessin de ce 19e tome  nous rappelle les plus grands succès du prédécesseur de Van Hamme: «Le secret de l’Espadon», «Le mystère de la grande pyramide » ou «L’énigme de l’Atlantide». Moment d’aventure et d’évasion assuré! Seul regret: il va falloir attendre pour le deuxième tome!
 
«La malédiction des Trente deniers», scénario de Jean Van Hamme, dessins de René Sterne et Chantal De Spiegeleer (Dargaud), 58 pages,  14,50 €
 
Cote : 5/5

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Des techniques faciles à réaliser

Publié par clairdeplume le 28 novembre 2009

Tous ces petits objets chinés ici et là auxquels vous aviez promis une belle destinée en vous jurant de les retaper vont -enfin !- pouvoir entamer leur deuxième vie grâce aux bons conseils prodigués par Tilly Cambré. Dans son nouvel ouvrage, la décoratrice flamande présente et explique les procédés de 20 techniques de peinture de style. Patine, craquelé, cérusé, imitation bois et plomb, effet vieilli, etc. Chaque technique semble assez facile à réaliser grâce aux descriptions détaillées, aux illustrations explicatives et aux conseils pratiques de l’auteur. Le tout est fort bien illustré, de manière à vous donner envie de vous y mettre.


Anne-Sophie


« 20 techniques de peinture. Redonnez vie à vos vieux objets », de Tilly Cambré, éditions Racine, 96 pages, 19,95 €


Cote : 3/5







 

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Le chat de Simon en version papier

Publié par clairdeplume le 27 novembre 2009

simon s catVéritable buzz du web, Simon’s cat, le chat imaginé par Simon Tofield, existe désormais au format papier. Adaptation des petits films d’animation éponymes déjà visionnés des millions de fois sur Youtube, le livre est une succession de petites saynètes hilarantes croquées d’un coup de crayon en noir & blanc. Il met en scène une journée dans la peau du chat de Simon, journée qui consiste essentiellement à pourrir la vie de son propriétaire… Jamais à court d’imagination dans ce domaine, ce chat obnubilé par l’appel de son estomac comme on le voit sur la couverture, a raflé de nombreux prix l’an dernier, dont le Prix d’animation du festival international des très courts, le prix de la meilleure comédie à la cérémonie des British animations et le prix du blockbuster Youtube. Si on préfère malgré tout la version animée, la version livre fait néanmoins elle aussi sourire.

Christelle

“Simon’s cat – Une calamité de chat” par Simon Tofield (Fleuve noir), 240 pages, 14,90 €

Cote: 3/5

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Papes et sodomites

Publié par clairdeplume le 26 novembre 2009

« Le Pape terrible », nouvelle série que signe Jodorowsky avec Theo, brosse un tableau des plus crus de l’époque des Borgia ainsi qu’un portrait machiavélique à souhait du futur pape Jules II. Complots, empoisonnements, népotisme, luxure,… Autant d’ingrédients qui permettront au cardinal Della Rovere d’accéder, en son heure, à la fonction suprême. Les superbes dessins de Theo donnent toute sa saveur au récit qui présente un petit air de déjà vu… On ne peux s’empêcher de comparer ce premier opus à la série « Borgia » (Jodorowsky/Manara). L’on s’interrogera toutefois sur la gratuité de certaines scènes de sexe. Les scènes sodomites servent-elles le récit ? A moins que ce ne soit l’inverse ? On se serait tout de même bien passé des orgasmes d’un vieil homme décrépi, à l’aube du trépas…

Anne-Sophie 

« Le Pape Terrible, t 1 : Della Rovere », de Jodorowsky et Theo, éditions Delcourt, 56 pages, 13,95 €

 Cote : 3/5

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Lettres insolites de Françoise Dorin

Publié par clairdeplume le 26 novembre 2009

francoise dorin

En voilà des lettres insolites que nous livre ici Françoise Dorin! Dans ses missives qu’elle n’a (bizarrement!) pas envoyées, l’auteure de “La mouflette” s’adresse à son nombril, à ses deux moitiés qu’elle baptise “Paule Nord” et “Paule Sud”, aux répondeurs automatiques, à la fée Pilule et même au bonheur, carrément! Mais Françoise Dorin prend aussi sa plume pour écrire à une habitante de l’été, “l’abominable femme du mois d’août”, celle qui nous agace avec tous ses défilés de mode sur la plage. Son “beau” voisin y passe également. Un voisin particulier comme on le découvre à la fin! Ont droit également à une de ses lettres non envoyées “l’obsédée des calories” et celui qui aurait pu être un amour de jeunesse mais qui n’a été qu’une erreur de jeunesse! Mais parmi toutes ses lettres, notre préférée reste celle dédiée à son carnet d’adresses. Un carnet d’adresse un brin particulier puisqu’à la lettre A y figuraient les Andouilles, Amicaux et Agressifs. La lettre B était réservée aux Bavards, Bornés et Bigames et le C aux Connards, qu’ils soient des Connards inoffensifs, malveillants ou prétentieux… Pas sûr qu’on aurait aimé figurer parmi ses connaissances!  

Christelle 

“Les lettres que je n’ai pas envoyées” par Françoise Dorin (Plon), 226 pages, 16 € 

Cote: 3/5

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Des livres sur Napoléon

Publié par clairdeplume le 25 novembre 2009

Bonaparte par Napoléon

Charles NapoleonL’auteur de ce livre n’est pas un historien, mais l’arrière-petit-neveu de Napoléon Bonaparte himself. Pour faire plus simple, disons que le plus jeune frère de l’Empereur, Jérôme, était le grand-père du grand-père de l’auteur, Charles Napoléon. A la différence des historiens, Charles Napoléon, 59 ans, écrit donc sur sa propre famille lorsqu’il nous parle de son illustre aïeul. Ce qui, on est d’accord, n’est pas un gage un de qualité! Néanmoins, l’ouvrage se révèle instructif, bien documenté et présente un portrait original. Loin des clichés qui font qu’on s’imagine un Bonaparte à la tête de ses troupes et tyran, ce livre met en lumière le côté rebelle de l’Empereur, homme de progrès mais aussi en proie au doute, un homme jaloux, jouant avec son fils, aimant s’amuser avec ses amis, et trichant aux cartes. Charles Napoléon explique avoir été baigné dans son histoire, éduqué au milieu de tableaux comme celui de David, représentant le Premier consul franchissant du Col du Grand Saint Bernard. Alors s’agit-il ici d’un livre de plus sur Napoléon, alors que chaque jour dans le monde, un livre nouveau sur Napoléon paraîtrait dans le monde depuis sa mort, selon les calculs de l’historien Jean Tulard? Sans doute. Charles Napléon lui-même n’en est pas à son coup d’essai. Mais si vous n’en avez plus eu entre les mains depuis un petit temps ou que vous êtes un amateur de tout ce qui touche à l’Empereur, ce livre devrait néanmoins vous passionner…

Christelle

“Napoléon, mon aïeul, cet inconnu”, de Charles Napoléon (XO éditions), 416 pages, 21,90 €

Cote: 4/5

Napoléon et l’amour !joséphine napoléon

Désirée, Pauline, Georgina, Antoinette, Adèle, Eléonore, Marie, Marie-Louise, … La liste des femmes que Napoléon a aimé est longue! Pour un soir, un mois ou beaucoup plus, ses conquêtes jalonnent sa vie amoureuse comme ses victoires son tableau de chasse militaire. Mais si le sujet semble frivole, l’auteur du livre nous détrompe: et si la misoginie de l’Empereur qui transpire bien des articles du code civil était le prix payé pour les mensonges, infidélités et coquetteries d’une seule… Joséphine? A noter, en fin d’ouvrage ce “florilège de pensées napoléoniennes sur les femmes et l’amour”. Certaine sont coquines comme par exemple ce  ”L’amour est une sottise faite à deux”, “A l’amour comme à la guerre, il faut se voir de près” ou encore ce “Pour être heureux, le mariage exige un continuel échange de transpiration”. D’autres, par contre, ont de quoi faire bondir les féministes: “Il vaut mieux que les femmes travaillent de l’aiguille que de la langue, surtout pour se mêler des affaires politiques” ou encore sa réponse à Mme de Stael qui lui demande quelle est la plus remarquable femme du monde: “Celle qui fait le plus d’enfants”…

Christelle

“Napoléon, Joséphine et les autres”, par Isabelle Bricard (Larousse), 314 pages, 20€

Cote: 4/5

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Douloureux aveux

Publié par clairdeplume le 24 novembre 2009

Il en est de bonnes surprises, comme cette « Grasse carcasse », premier opus d’une série de cinq imaginée et dessinée par Manu Larcenet. Les dessins délicats en noir et blanc et leur trait fin et léger offrent un peu de douceur à l’ambiance intrigante et un rien malsaine de ce huis clos dont on ne s’échappe que grâce aux souvenirs d’un petit monsieur obèse peu ragoûtant. Polza Mancini est cuisiné par deux flics nerveux qui essaient tant bien que mal de lui tirer les vers du nez, tout en douceur, pour éviter de le brusquer et de couper le contact. Alors Polza se raconte. Sa vie médiocre, sa carrière littéraire ratée, sa relation maritale sans passion, la mort de son père, et puis l’événement qui a fait basculer sa vie : un premier blast (entendez une espèce d’explosion mentale) qui l’a mené à tout quitter pour se rendre sur l’île de Pâques. Les poulets s’impatientent. Tout cela n’a ni queue ni tête et ne nous dit pas ce qui est arrivé à la jolie Carole Oudinot!

Anne-Sophie

« Blast, t 1 : Grasse carcasse », de Manu Larcenet, éditions Dargaud, 208 pages, 22 €

 Cote : 4/5

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Petits flashs d’humour

Publié par clairdeplume le 23 novembre 2009

Les petits dictionnaires sont légions. Mais certains se lisent avec plus de plaisir que d’autres. Ce petit ouvrage de 163 pages propose les meilleures citations de feu Pierre Desproges. Empruntées dans les divers sketches et écrits de l’auteur, ces citations sont répertoriées par thématiques. Elles sont drôles, grinçantes, intelligentes et évidemment politiquement non correctes, à l’image de l’humoriste qui ne s’embarrassait franchement pas de langue de bois. Desproges riait de tout et de tous, pour notre plus grand plaisir. Quelques perles parmi d’autres: « L’Ascension : Tout Jésus poussé dans la prière reçoit une poussée de bas en haut qui le renvoie chez son papa. C’est le théorème de l’ascenseur. » ou encore « Dans certains pays musulmans, on coupe les cils des petits filles qui ont un bec-de-lièvre dès la première lune suivant leur naissance. Ainsi, ils repoussent plus longs et le tchador fait le reste. »

Anne-Sophie

« Desproges en petits morceaux. Les meilleures citations », éditions Points, 163 pages, 10 €

Cote : 3/5

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Lakshmi Mittal kidnappé en Belgique

Publié par clairdeplume le 23 novembre 2009

© Dominique Houcmant

Lakshmi Mittal a été kidnappé à Liège. Ce kidnapping, on le doit à un Belge, Nicolas Ancion. Il a en effet imaginé l’enlèvement d’une des plus grosses fortunes au monde par deux énergumènes qui vont l’obliger à réaliser des œuvres d’art contemporaines de plus en plus absurdes!

 

Lakshmi Mittal fait un bon personnage de roman ?

«C’est un personnage de fiction formidable. Il concentre à lui tout seul tous les postes. Impossible pour lui de se cacher derrière l’échelon au-dessus. Le grand patron se défent généralement en disant qu’il doit bien générer du profit pour ses actionnaires, les actionnaires, eux, disent que si ce n’est pas cela, ils vont investir dans l’armement. Mittal, lui, il est tout: le patron, le gestionnaire, l’actionnaire. Il ne peut pas se replier derrière une force au-dessus de lui. Il est très pratique pour un roman!»

Vous savez s’il a lu votre livre?

«Je sais qu’il l’a lu. Cela a été dit dans une réunion entre patrons et syndicats chez Arcelor. L’équipe dirigeante de Liège a expliqué avoir reçu une demande expresse de Londres -où vit Mittal- pour qu’on envoie un exemplaire qui, paraît-il, a été traduit en anglais en six heures… Six heures, c’est à peu près le temps de lecture du roman… Donc j’imagine qu’il y a eu plusieurs traducteurs. Je pense que Mittal voulait surtout connaître la teneur de ce qui lui était reproché et ce qu’on lui faisait faire dans le livre. Il n’y a pas eu de réaction officielle.»

Vous ne savez donc pas ce qu’il en a pensé?

«Non. Sauf que les patrons ont dit aux syndicats à ce moment-là que la sidérurgie liégeoise avait mauvaise presse à Londres à cause d’une affaire que les syndicats avaient lâchée dans la presse et… à cause du roman! Mais une semaine après, c’était oublié.»

Vous aimeriez rencontrer Mittal en vrai?

«Au début, non, mais l’idée me semble de plus en plus amusante. Maintenant qu’il a lu le livre, cela m’intéresserait quand même bien de discuter d’homme à homme, mais je ne sais pas si c’est faisable. J’ai pris, c’est vrai, de grandes libertés en faisant de lui un personnage de fiction. Je l’ai un peu malmené humainement! Pas du tout que j’ai envie de m’excuser, cela certainement pas! Mais j’aime bien rencontrer les gens d’une manière générale, alors pourquoi pas lui!»

Vous habitez aujourd’hui en France, mais vous écrivez sur Liège.

«Quand j’ai quitté Bruxelles pour habiter Madrid, j’ai écrit sur Bruxelles alors que je n’avais pas écrit sur Bruxelles en y habitant. Je suis revenu à Liège, j’ai continué à écrire sur Bruxelles. Puis j’ai quitté Liège et j’ai écrit sur Liège… J’ai besoin à la fois de bien connaître les endroits dont je parle et de m’en éloigner d’une certaine mesure pour pouvoir l’utiliser comme matériau.»

Vous réinventez le concept de notes en bas de page qui deviennent des notes de pages!

«Oui! Le narrateur est un des personnages de l’histoire. Et je me suis dit que, si c’est lui qui raconte l’histoire, l’autre personnage doit bien avoir eu le manuscrit à un moment donné entre les mains. Il ne va pas se laisser dire, il va vouloir rajouter son grain de sel. J’aimais bien l’idée qu’un des personnages puisse commenter la manière dont c’est raconté.»

Vous avez d’autres projets?

«J’ai un recueil de nouvelles en préparation. Et j’ai deux romans pour enfants qui sont terminés. L’un vient de sortir, «J’arrête quand je veux» (Jourdan). il s’agit d’un roman pour les 10-12 ans, pour parler de la dépendance à des choses qui ne sont pas des drogues mais des jeux vidéos, etc. L’autre est un roman fantastique, qui se passe à Paris et qui sortira en février.»

Christelle

L’histoire

Prétextant une interview, deux comparses parviennent à enlever Lakshmi Mittal. Un kidnapping au cours duquel ils sont bien décidés à lui faire payer ses manies de distribuer des dividendes conséquents aux actionnaires (lui en bonne partie!) tout en liquidant le personnel pour ne conserver la production que dans les pays les moins coûteux. Un livre au parfum de crise, où il est question de la fermeture d’un haut-fourneau liégeois, de la politique des gros industriels, mais aussi de chômage et de dignité… Si l’histoire -complètement surréaliste-, est bien trouvée, on regrettera malgré tout certains passages un peu trop tirés en longueur. À voir absolument: l’excellente vidéo de lancement du livre sur You Tube, clin d’oeil au précédent livre de l’auteur, un recueil de nouvelles intitulé «Nous sommes tous des playmobiles»!

«L’homme qui valait 35 milliards» par Nicolas Ancion (Luc Pire), 283 pages, 18 €

Cote: 3/5

www.nicolasancion.com

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Ah! L’amoooouuuuur

Publié par clairdeplume le 22 novembre 2009

un siècle d'amourCe n’est pas d’une histoire d’amour qu’il est question ici mais bien de l’histoire de l’amour, de 1900 à aujourd’hui! Ce beau livre retrace un siècle d’amour, année après année, au travers d’évolutions marquantes, de films et livres cultes et bien sûr de couples célèbres (du genre de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Yves Montand et Simone Signoret, Charles et Diana ou encore Michelle et Barack Obama). On y découvre notamment que fonder le mariage sur l’amour est une innovation du XXe siècle, que depuis 1904, le remariage d’une personne divorcée avec son ou sa complice d’adultère est autorisé par la loi française, qu’en 1921, Magnus Hirschfeld, l’un des père de la “science sexuelle”, donne à l’homosexualité une justification biologique et qu’en 1956, l’éducation sexuelle devient obligatoire à l’école pour tous les enfants suédois dès 7 ans. L’auteure rappelle aussi que les moyens de contraception modernes se diffusent depuis les années soixante, que la pornographie atteint un stade industriel dans les années 70 et qu’en 19898, le Danemark est le premier pays à rendre légales les unions entre deux personnes de même sexe…. Sans oublier non plus l’apparition du viagra en 1998. Y sont aussi traitées des questions de société comme la bissexualité, le fait de rester ami(e) avec son ex, la virginité jusqu’au mariage ainsi que l’amour viruel. A offrir à sa ou son chéri(e) pour Noël ou… la Saint-Valentin !

Christelle

“Un siècle d’amour – de 1900 à aujourd’hui” par Florence Montreynaud (Nathan), 272 pages, 29,95 €

Cote: 4/5

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Le Cercle

Publié par clairdeplume le 21 novembre 2009

La nouvelle série «Poker» (Lombard) s’inspirerait-elle de l’excellent «Ken Games» (publié chez Dargaud)? En tout cas, si elle nous y fait étrangement penser, elle ne l’égale pas en qualité. Tant «Poker» que «Ken Games» se jouent de l’analogie poker/vie réelle, mais la première tient davantage du thriller pur jus, n’approfondissant que peu la psychologie des personnages. Du moins dans ce premier tome. Le dessin de Van Liemt, quant à lui, est nettement moins soigné que celui de Toledano. Le scénario de Derrien met en scène Mark Middleton, jeune, beau, séducteur et pas ambitieux pour un sous. Il vivote et plume les touristes au poker, avec grand art. Mais, au-delà des apparences, le jeune prodige vise à mettre au tapis les membres du ‘Cercle’ responsables de l’assassinat de ses parents. La vengeance le démange. Pour atteindre les meurtriers, le jeune homme a choisi d’exercer ses dons dans le seuil domaine susceptible d’attirer leur attention: le poker. Il lui faudra donc gravir les échelons et devenir une étoile du circuit pro.

Anne-Sophie

«Poker, tome 1: Short Stack», de Derrien et Van Liemt, éditions Le Lombard, 56 pages, 10,40 €

Cote : 3/5

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Encore de l’hémoglobine

Publié par clairdeplume le 20 novembre 2009

Le succès du phénomène «Twilight» a donné des idées à beaucoup! Ainsi, la collection «Vampyres. Sable Noir.» est le résultat d’un projet intermédia qui marie littérature, bande dessinée et fiction télé. Six grands noms du roman noir et fantastique ont écrit six histoires de vampires à partir d’un unique point de départ, à savoir le lieu-dit Sable Noir. De là découlent six récits fantastiques complètement différents qui dans un premier temps ont été publiés chez J’ai Lu pour être ensuite filmés et diffusés sur les chaînes câblées du groupe Canal (Jimmy et CinéCinéma Frisson). C’est ensuite au tour des éditions Dupuis de s’en mêler. Elles ont confié les synopsis à six équipes d’auteurs de BD. Le résultat? Quelque 144 pages étonnantes par la fine fleur de la BD internationale. Cerise sur le gâteau: Dave Mc Kean («Sandman», «Coraline») a imaginé un superbe dessin en diptyque pour illustrer les deux albums. On adore!

Anne-Sophie

«Vampyres, tomes 1 et 2», de Filippi, Laumond, Ricard, Redolfi, Lieber, Thirault, Marche, Krassinsky, Védrines, Durand, Alcante, Matteo, éditions Dupuis, 16 euros par tome

Cote : 4/5

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A (s’)offrir avant début décembre !

Publié par clairdeplume le 19 novembre 2009

calendrier de l'aventEn voilà une super idée! On se souvient des calendriers de l’avent de notre enfance dont chaque fenêtre, numérotée de 1 à 24, contenait un petit chocolat pour nous aider à patienter jusqu’à Noël. Les éditions First ont repris l’idée pour l’améliorer et créer le premier calendrier de l’avent pour adultes… ou plus exactement pour les toutes les femmes (pas) parfaites! Ce calendrier contient lui aussi 24 fenêtres à ouvrir (une par jour jusqu’à Noël),  représentées par de petits ou gros cadeaux. A l’intérieur de la majorité des fenêtres se trouvent une illustration de Pénélope Bagieu ainsi qu’un conseil utile et futile. Deux des fenêtres contiennent un mini livre de la collection PATCH -ces petits livres de filles des Editions First- de 96 pages et truffés de bons conseils pour s’organiser avant les fêtes (déco, sapin, cadeaux, etc.). Derrière la grosse fenêtre du 24 décembre se cache un autre miniPATCH de 96 pages pour ne pas être la dinde de Noël et s’organiser avant et après la fête. Ce miniPATCH, écrit comme les deux autres par la journaliste psycho Fanny Dalbera, abonde notamment de conseils pour être la plus belle, avoir un plan B pour chaque situation qui ne tourne pas rond et préparer ses lendemains de fête. Et après le 24 comnent fera-t-on? Pas de panique! Il suffit de retourner le calendrier pour y découvrir, en bonus, une semaine supplémentaire de cases à ouvrir pour finir décembre en beauté! C’est pas gai d’être une fille? A (s’)offrir de toute urgence!

Christelle

“Le calendrier de l’avent PATCH”, éditions First, 14,90 €

Cote: 4/5

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Une collaboration franco-japonaise

Publié par clairdeplume le 18 novembre 2009

Capucine, 8 ans, est une petite fille trisomique pleine de vie. Hypersensible, elle réalise bien que ses parents sont souvent tristes mais ne sait pas pourquoi. Alors qu’elle suivait tant bien que mal un enseignement traditionnel, ses parents apprennent qu’il est désormais nécessaire qu’elle intègre l’enseignement spécialisé. Une nouvelle que son papa a du mal à digérer. «Mon année» est une histoire en quatre tomes (une saison par tome) scénarisée par le Français Jean-David Morvan et mise en images par le célèbre mangaka Jirô Taniguchi. Cet album touchant, emprunt de sensibilité et d’amour, est très réussi. Tant au niveau du scénario que du dessin. Il s’agit d’une première pour l’auteur japonais qui intègre ici parfaitement les codes de la BD franco-belge: ellipse, grand nombre de cases par page, alternance des plans proches et lointains, importance de décors et dessins en couleur. Du tout beau travail! On attend le second tome avec impatience!

Anne-Sophie

«Mon année, t 1 : Printemps», de Taniguchi et Morvan, éditions Dargaud, 62 pages, 18 €

Cote : 5/5

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Une nouvelle enquête pour Bogaert & Bacall

Publié par clairdeplume le 17 novembre 2009

aarcamonde 3On pousse une nouvelle fois  avec beaucoup de plaisir la porte de l’Arcamonde, la boutique de l’antiquaire Frans Bogaert pour le troisième tome de ses aventures. Au centre de cette nouvelle enquête, un drôle de pendentif, apparemment sans valeur, mais qui réapparaît de façon inexplicable chaque fois que sa propriétaire cherche à s’en débarrasser. Frans Bogaert et son énigmatique assistante Lauren Bacall y voient la relique d’un macabre rituel toscan, qui laisserait présager qu’un crime inavoué a été commis. Mais ce tome trois est aussi l’occasion d’entretenir le mystère qui plane autour de Lauren. Avec même un petit clin d’oeil au commissaire Van In, Brugeois célèbre tout comme Bogaert! Sans oublier, comme à chaque fois, l’énigme dans l’énigme, ce petit bonus pour les lecteurs attentifs qui permettra au plus futé qui parviendra à percer le secret de l’Arcane Maxime avant Frans Bogaert de remporter un petit quelque chose. A trouver cette fois : un nombre, mais dans la langue qui convient…

Christelle

“Le coeur-de-gloire – Troisième enquête de l’antiquaire” par Hervé Picart (Le Castor Astral), 224 pages, 13 €

 Cote: 4/5

Rencontré à l’occasion de la sortie du premier volume de l’Arcamonde, l’auteur, Hervé Picart, nous avait livré quelques infos croustillantes sur ses personnages…

L’enquêteur  est antiquaire, ce qui n’est pas commun…

«J’avais envie d’écrire des romans policiers mais je voulais sortir de la routine avec analyse ADN, empreinte digitale, etc. Donc je me suis demandé pourquoi ne pas remplacer le cadavre par autre chose. J’ai pensé qu’en chinant, on rencontre souvent des objets un peu mystérieux. Parfois même le brocanteur ne sait pas de quoi il s’agit et nous invente une belle histoire. Et je me suis dit qu’une histoire sur un objet, cela pouvait être intéressant. Du coup, puisqu’on en était à essayer de percer le mystère d’un objet, l’enquêteur ne pouvait plus être un policier. Et qui est mieux à même qu’un antiquaire d’essayer de découvrir le secret d’un objet?»

Cet antiquaire est un vrai gentleman. Quelqu’un vous a inspiré le personnage?

«J’ai connu des gens comme cela. Mais pas dans le monde de la littérature du tout. Des gens qui avaient autour de la quarantaine et qui avaient des manières du temps passé. C’était les musiciens du groupe allemand Kraftwerk. Ce sont eux qui ont inventé la musique techno bien avant que personne n’y songe. C’était des gentlemen, avec des manières excises. Je me suis dit que si un jour, j’avais besoin d’un personnage avec un peu de classe, il ressemblerait à ces gens-là. Comme eux, Bogaert s’adresse systématiquement dans la langue de la personne qu’il reçoit. Et comme eux, il a les cheveux lissés en arrière.»

Son assistante, Lauren, n’est pas banale non plus!

«Elle est née en fait du nom Bogaert. J’avais choisi le nom de l’antiquaire en référence à un peintre flamand puisqu’il me fallait trouver un nom bien brugeois. Puis je me suis dit qu’un roman policier sans assistant, cela n’allait pas. Il me fallait quelqu’un, et je me suis dit puisque c’est un Bogaert, prenons Bacall. Et de là est venue l’idée que ce soit un clone parfait de Lauren Bacall, c’est-à-dire quelqu’un qui a l’apparence totale de Lauren Bacall, mais pour dissimuler quelque chose.» 

On va donc en apprendre plus sur elle?

«Beaucoup plus. Puisqu’il y a deux points d’interrogations qui persistent à la fin: qui est Lauren, et où est passée la femme de Bogaert? C’est cela l’intrigue transversale. Et cela va donner quand même une atmosphère assez lourde, assez sombre et même carrément inquiétante!” 

Donc vous connaissez déjà la fin du feuilleton?

«Oui, absolument. Il ne faut pas s’embarquer dans une série si l’on n’en connaît pas la fin. C’est un peu le principe de l’accordéon. Quand on a les deux bouts, on peut tirer autant qu’on veut. Donc je sais comment cela finit. J’ai même déjà les dernières scènes.»

Vous êtes Français. Pourtant votre histoire se passe à Bruges. Pourquoi?

«Français à peine, parce qu’en fait, je suis un quart belge par mon grand-père et trois quarts ch’timi. Je suis donc très enraciné au nord. Et parmi toutes les villes que j’aime beaucoup, il y a Bruges, une ville magnifique. C’est une ville où l’on peut se déplacer partout en marchant, où il y a de l’eau à la place des rues. En plus, c’est une sorte de vaste magasin d’antiquités. C’était donc l’écrin idéal pour y placer l’Arcamonde. D’ailleurs c’est une ville pleine de ressources. On verra dans les autres livres que plein d’endroits vont être exploités.»

À la fin du livre, vous invitez le lecteur à partir à la découverte de l’Arcane Maxime…

«Pour ceux qui n’en auraient pas eu assez avec l’énigme résolue par Bogaert, ils peuvent s’amuser à en résoudre une autre. Cela s’adresse plutôt à ceux qui aiment les casse-tête, les puzzles… C’est une énigme en cinq parties et dans chaque volume, on découvre une partie de cette énigme dont Bogaert donnera la clé dans le 6ème livre. La réponse est quelque part dans le livre. Si le lecteur a une idée et pense avoir trouvé, il va sur le site arcamonde.hautetfort.com. Il tape ce qu’il pense être la réponse et si c’est cela, il gagnera un petit quelque chose. Pour l’instant personne n’a encore trouvé.» 

http://arcamonde.hautetfort.com/

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Voyage au pays de l’éternel présent

Publié par clairdeplume le 16 novembre 2009

Aimé est âgé d’une dizaine d’années. Il vit à Taxandria, une ville en ruines, emplie de colonnes corinthiennes et de grands palaissouv déserts. Suite à un mystérieux cataclysme, les lois de l’ «éternel présent» sont d’application: toute allusion au passé et au futur est interdite, machines et femmes ont été bannies de la ville. Tout n’est que désolation et froideur. «Souvenirs de l’éternel présent», qui s’inscrit dans le cycle des Cités obscures, met en scène un monde d’après-apocalypse qui se meurt et que seule la volonté d’un enfant peut sortir de sa torpeur. Un conte étrange dont l’univers fantomatique est habilement souligné par les dessins de François Schuiten. Avec son compère scénariste Benoît Peeters, il revient sur plusieurs thèmes chers à leur duo. Critique de l’ordre établi et absurdité du pouvoir, dérives de la société industrielle, folie des hommes à vouloir détruire la terre se profilent en filigrane de ce doux récit.

Taxandria, une nouvelle cité obscure?
DSCN0039 Benoît Peeters:
«Nouvelle et pas nouvelle. Une bonne partie des dessins de cet album ont été créés à l’origine pour le film du Belge Raoul Servais «Taxandria» (sorti dans les salles en 1994 et qui ne remporta que très peu de succès, ndlr). François avait réalisé à l’époque des centaines de dessins préparatoires au film. Nous avons eu envie de réinventer ce matériel et de se la réapproprier.»

Pourquoi revenir à ce projet aujourd’hui?
Benoît Peeters:
«Nous avions l’impression que les thèmes abordés dans le récit de Raoul Servais étaient plein de résonance. L’histoire revêt notamment un aspect écologique. Les thèmes abordés nous ont paru suffisamment proches pour que l’on ait envie de se replonger dedans. Nous avons réinventé tout un pan de l’histoire à partir de nos préoccupations actuelles.»
François Schuiten:
«Il me restait un petit goût de déception par rapport au projet original. Personne, même le réalisateur en raison d’aléas techniques, n’avait réussi à en sortir tout le potentiel. C’est à cette tâche que nous sommes attelés.»

Les références surréalistes s’enchaînent, comme le voulait le film?
François Schuiten:
«Le projet de départ mettait en scène un univers encore plus surréaliste et fantastique dans son expression picturale et graphique. Mais cette dimension s’est réduite comme une peau de chagrin dans le film en raison d’impératifs liés à une production cinématographique.»

Cet album est très visuel. Le regard voyage et vole de case en case, ne s’accrochant que brièvement au texte…
François Schuiten:
«On s’amuse beaucoup, on s’oblige tous les deux à renouveler notre plaisir, notre émotion. Ce qui n’est sans doute pas le meilleur chemin pour une efficacité commerciale!»
Benoît Peeters: ««Souvenirs de l’éternel présent» est une histoire très linéaire centrée sur un personnage. Ce récit est un peu plus simple que nos précédentes histoires, il est un peu plus conte, un peu plus fable.»

Anne-Sophie

«Souvenirs de l’éternel présent», de Schuiten et Peeters, éditions Casterman, 80 pages, 18 €

Cote : 3/5

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