Deux ans que les inconditionnels de «Murena» l’attendaient. Le septième tome de la série qui en comptera 12 au total trône enfin
sur les étagères des libraires et tient toutes ses promesses! Néron pleure la perte de sa fille âgée d’à peine quatre mois, Murena fomente sa vengeance, les intrigues se mêlent et Rome s’embrase. Tous les personnages se mettent en place pour bientôt clôturer le deuxième cycle du péplum. Metro a rencontré le duo à qui l’on doit cette excellente évocation de la Rome antique.
Peut-on parler d’album de transition pour ce septième opus?
Philippe Delaby (dessinateur): «Murena peut paraître moins présent visuellement, par contre il est un pilier essentiel de l’histoire, aussi bien au niveau du récit que de la psychologie. Il y a un certain ton dans «Murena» jusqu’au sixième tome, maintenant le ton change. Une série de drames ont changé l’homme. Murena devient vindicatif, vengeur. Graphiquement, il évolue également. Le personnage qui était un praticien noble et un peu lisse devient plus dur, plus creusé, il commet des actes répréhensibles. Cet album transitoire mène vers un drame profond.»
Jean Dufaux (scénariste): «Je parlerais moins de transition. La rythmique a changé. Il y a un ralentissement de la dramaturgie, maintenant tout tourne autour de Rome, de quelques familles et de personnages qui n’appartiennent qu’à ce volume-ci et au volume suivant. La rythmique est différente dans les tomes 7 et 8 par rapport aux premiers tomes et à ceux qui vont suivre, c’est ça qui donne cette impression de transition.»
Un certain flou entoure encore aujourd’hui l’incendie de Rome. Les incertitudes qui demeurent vous ont-elles permis d’introduire des éléments de fiction?
Philippe Delaby: «D’après certains récits, l’incendie est probablement dû à une rixe ou à un événement assez quelconque. On a souvent dit que Néron avait mis le feu à la ville. C’est entièrement faux. On en est quasiment certain aujourd’hui. Mais, il est vrai que Néron désirait une nouvelle Rome. Et puis, l’événement fatidique a eu lieu et lui a insufflé l’idée de tout refaire. L’occasion lui en était enfin offerte.»
Le tome 8 portera-t-il également sur l’incendie?
Philippe Delaby: «Vingt planches sont consacrées à l’incendie. Elles détaillent l’action des vigiles, la foule qui se faufile parmi les ruelles, la panique, les gens qui se jettent dans le Tibre, qui se noient, qui brûlent. C’est un travail assez costaud.»
Jean Dufaux: «Il s’agit là d’un défi technique et surtout artistique pour Philippe!»
Il y a dans «Murena» une envie de faire du cinéma grand spectacle?
Philippe Delaby: ««Murena» est pour moi un fantasme d’adolescent. Dans cette série, il y a clairement un désir visuel. Je dessine ce que j’ai envie de voir. Je suis fort influencé par le cinéma. J’ai vu des tas de films, en l’occurrence des péplums, et j’ai envie de représenter pas mal de choses. Je voulais des séquences à grand spectacle. A la différence du cinéma, on peut tout se permettre en bande dessinée, sans soucis d’argent. On peut mettre autant de figurants qu’on le souhaite, on peut dessiner des décors à foison. Au niveau des moyens, c’est plus simple. Il faut juste beaucoup d’énergie.»
Une différence notable par rapport aux traditionnels péplums: la psychologie de Néron est nettement plus développée…
Jean Dufaux: «On a voulu redémarrer à zéro et faire table rase des clichés.»
Philippe Delaby: «Néron est un personnage torturé, issu d’une famille pour le moins dérangée. Sa mère, manipulatrice, voulait à tout prix le mettre sur le trône, n’hésitant pas à empoisonner ou assassiner au besoin. Néron ne voulait pas être empereur. Il voulait vivre normalement. C’est quelqu’un de fragile qui a vraiment pété les plombs à un moment donné. Il n’a pas eu de chance non plus au niveau de ses rencontres féminines, mis à part avec Actée qui lui a apporté douceur et compréhension.»
L’année 2009 est un bon cru pour «Murena»: un nouvel album, mais aussi une publication en latin…
Philippe Delaby (tout sourire et fier): «C’est un vieux rêve qui apporte une authenticité supplémentaire à notre travail !»
Jean Dufaux: «Claude Aziza, maître à la Sorbonne, a proposé à l’éditeur une traduction en latin. On a bondi sur l’occasion! Deux années de travail ont été nécessaires pour la traduction du premier tome. Il s’agit du latin parlé de l’époque, pas le latin d’avant, ni celui d’après.»
… et il y a aussi ce hors-série du magazine «L’Histoire» consacré à Néron et l’univers de «Murena».
Philippe Delaby: «On en garde une grande fierté. C’est fabuleux pour nous! Illustrer un tel hors série aussi bien expliqué et détaillé avec des images de «Murena», on ne peut pas rêver mieux. C’est la cerise sur le gâteau!»
Anne-Sophie
«Murena, t 7 : Vie des feux», de Dufaux et Delaby, éditions Dargaud, 56 pages, 11,50 €
Cote: 4/5






























Vacances gâchées pour les célèbres héros de la série Blake et Mortimer créée par Edgar P. Jacobs. Leur pire ennemi, Olrik, s’est évadé de la prison de Jacksonville. Blake part à sa recherche aux Etats-Unis tandis que le professeur Mortimer est invité en Grèce afin d’y percer le secret d’une importante découverte archéologique: les trente deniers de Judas. S’ensuit une intrigue autour de l’apôtre qui céda à la tentation et dénonça Jésus. Un nouvel ennemi fait aussi son apparition dans cette histoire en deux tomes: Belos Beloukian. L’expérimenté Jean Van Hamme (Thorgal, XIII, Largo Winch) nous livre ici un récit dans la plus pure lignée des Blake et Mortimer d’Edgard P. Jacobs : intense, mystique, riche en action et très bien construit, tant par la maîtrise des narratifs que des personnages. Le dessin de ce 19e tome nous rappelle les plus grands succès du prédécesseur de Van Hamme: «Le secret de l’Espadon», «Le mystère de la grande pyramide » ou «L’énigme de l’Atlantide». Moment d’aventure et d’évasion assuré! Seul regret: il va falloir attendre pour le deuxième tome!
Véritable buzz du web, Simon’s cat, le chat imaginé par Simon Tofield, existe désormais au format papier. Adaptation des petits films d’animation éponymes déjà visionnés des millions de fois sur Youtube, le livre est une succession de petites saynètes hilarantes croquées d’un coup de crayon en noir & blanc. Il met en scène une journée dans la peau du chat de Simon, journée qui consiste essentiellement à pourrir la vie de son propriétaire… Jamais à court d’imagination dans ce domaine, ce chat obnubilé par l’appel de son estomac comme on le voit sur la couverture, a raflé de nombreux prix l’an dernier, dont le Prix d’animation du festival international des très courts, le prix de la meilleure comédie à la cérémonie des British animations et le prix du blockbuster Youtube. Si on préfère malgré tout la version animée, la version livre fait néanmoins elle aussi sourire.

L’auteur de ce livre n’est pas un historien, mais l’arrière-petit-neveu de Napoléon Bonaparte himself. Pour faire plus simple, disons que le plus jeune frère de l’Empereur, Jérôme, était le grand-père du grand-père de l’auteur, Charles Napoléon. A la différence des historiens, Charles Napoléon, 59 ans, écrit donc sur sa propre famille lorsqu’il nous parle de son illustre aïeul. Ce qui, on est d’accord, n’est pas un gage un de qualité! Néanmoins, l’ouvrage se révèle instructif, bien documenté et présente un portrait original. Loin des clichés qui font qu’on s’imagine un Bonaparte à la tête de ses troupes et tyran, ce livre met en lumière le côté rebelle de l’Empereur, homme de progrès mais aussi en proie au doute, un homme jaloux, jouant avec son fils, aimant s’amuser avec ses amis, et trichant aux cartes. Charles Napoléon explique avoir été baigné dans son histoire, éduqué au milieu de tableaux comme celui de David, représentant le Premier consul franchissant du Col du Grand Saint Bernard. Alors s’agit-il ici d’un livre de plus sur Napoléon, alors que chaque jour dans le monde, un livre nouveau sur Napoléon paraîtrait dans le monde depuis sa mort, selon les calculs de l’historien Jean Tulard? Sans doute. Charles Napléon lui-même n’en est pas à son coup d’essai. Mais si vous n’en avez plus eu entre les mains depuis un petit temps ou que vous êtes un amateur de tout ce qui touche à l’Empereur, ce livre devrait néanmoins vous passionner…




Ce n’est pas d’une histoire d’amour qu’il est question ici mais bien de l’histoire de l’amour, de 1900 à aujourd’hui! Ce beau livre retrace un siècle d’amour, année après année, au travers d’évolutions marquantes, de films et livres cultes et bien sûr de couples célèbres (du genre de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Yves Montand et Simone Signoret, Charles et Diana ou encore Michelle et Barack Obama). On y découvre notamment que fonder le mariage sur l’amour est une innovation du XXe siècle, que depuis 1904, le remariage d’une personne divorcée avec son ou sa complice d’adultère est autorisé par la loi française, qu’en 1921, Magnus Hirschfeld, l’un des père de la “science sexuelle”, donne à l’homosexualité une justification biologique et qu’en 1956, l’éducation sexuelle devient obligatoire à l’école pour tous les enfants suédois dès 7 ans. L’auteure rappelle aussi que les moyens de contraception modernes se diffusent depuis les années soixante, que la pornographie atteint un stade industriel dans les années 70 et qu’en 19898, le Danemark est le premier pays à rendre légales les unions entre deux personnes de même sexe…. Sans oublier non plus l’apparition du viagra en 1998. Y sont aussi traitées des questions de société comme la bissexualité, le fait de rester ami(e) avec son ex, la virginité jusqu’au mariage ainsi que l’amour viruel. A offrir à sa ou son chéri(e) pour Noël ou… la Saint-Valentin !


En voilà une super idée! On se souvient des calendriers de l’avent de notre enfance dont chaque fenêtre, numérotée de 1 à 24, contenait un petit chocolat pour nous aider à patienter jusqu’à Noël. Les éditions First ont repris l’idée pour l’améliorer et créer le premier calendrier de l’avent pour adultes… ou plus exactement pour les toutes les femmes (pas) parfaites! Ce calendrier contient lui aussi 24 fenêtres à ouvrir (une par jour jusqu’à Noël), représentées par de petits ou gros cadeaux. A l’intérieur de la majorité des fenêtres se trouvent une illustration de Pénélope Bagieu ainsi qu’un conseil utile et futile. Deux des fenêtres contiennent un mini livre de la collection PATCH -ces petits livres de filles des Editions First- de 96 pages et truffés de bons conseils pour s’organiser avant les fêtes (déco, sapin, cadeaux, etc.). Derrière la grosse fenêtre du 24 décembre se cache un autre miniPATCH de 96 pages pour ne pas être la dinde de Noël et s’organiser avant et après la fête. Ce miniPATCH, écrit comme les deux autres par la journaliste psycho Fanny Dalbera, abonde notamment de conseils pour être la plus belle, avoir un plan B pour chaque situation qui ne tourne pas rond et préparer ses lendemains de fête. Et après le 24 comnent fera-t-on? Pas de panique! Il suffit de retourner le calendrier pour y découvrir, en bonus, une semaine supplémentaire de cases à ouvrir pour finir décembre en beauté! C’est pas gai d’être une fille? A (s’)offrir de toute urgence!
On pousse une nouvelle fois avec beaucoup de plaisir la porte de l’Arcamonde, la boutique de l’antiquaire Frans Bogaert pour le troisième tome de ses aventures. Au centre de cette nouvelle enquête, un drôle de pendentif, apparemment sans valeur, mais qui réapparaît de façon inexplicable chaque fois que sa propriétaire cherche à s’en débarrasser. Frans Bogaert et son énigmatique assistante Lauren Bacall y voient la relique d’un macabre rituel toscan, qui laisserait présager qu’un crime inavoué a été commis. Mais ce tome trois est aussi l’occasion d’entretenir le mystère qui plane autour de Lauren. Avec même un petit clin d’oeil au commissaire Van In, Brugeois célèbre tout comme Bogaert! Sans oublier, comme à chaque fois, l’énigme dans l’énigme, ce petit bonus pour les lecteurs attentifs qui permettra au plus futé qui parviendra à percer le secret de l’Arcane Maxime avant Frans Bogaert de remporter un petit quelque chose. A trouver cette fois : un nombre, mais dans la langue qui convient…
déserts. Suite à un mystérieux cataclysme, les lois de l’ «éternel présent» sont d’application: toute allusion au passé et au futur est interdite, machines et femmes ont été bannies de la ville. Tout n’est que désolation et froideur. «Souvenirs de l’éternel présent», qui s’inscrit dans le cycle des Cités obscures, met en scène un monde d’après-apocalypse qui se meurt et que seule la volonté d’un enfant peut sortir de sa torpeur. Un conte étrange dont l’univers fantomatique est habilement souligné par les dessins de François Schuiten. Avec son compère scénariste Benoît Peeters, il revient sur plusieurs thèmes chers à leur duo. Critique de l’ordre établi et absurdité du pouvoir, dérives de la société industrielle, folie des hommes à vouloir détruire la terre se profilent en filigrane de ce doux récit.
Benoît Peeters: «Nouvelle et pas nouvelle. Une bonne partie des dessins de cet album ont été créés à l’origine pour le film du Belge Raoul Servais «Taxandria» (sorti dans les salles en 1994 et qui ne remporta que très peu de succès, ndlr). François avait réalisé à l’époque des centaines de dessins préparatoires au film. Nous avons eu envie de réinventer ce matériel et de se la réapproprier.»